‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 18 sur 113 · LE CULTE DE< MORTS · texte numérisé non relu

LE CULTE DE< MORTS

onliii ^ On se montrait leurs tombeaux en ditïérentes villes. Leurs âmes seules revivaient clans les temples, grâce à leurs statues quelles y retrouvaient, grâce aux offrandes quelles y recevaient.

Les Égyptiens pensaient, en effet, quelàme subsiste après la mort pourvu quelle puisse sappuyer sur son corps habituel, ou tout au moins sur une exacte reproduction de celui-ci. Ils veulent donc sauver le corps de l'anéantissement. Dabord, on l'ensevelit au désert : a la peau, promptement desséchée et durcie, se changeait en une gaine de parchemin noirâtre sous laquelle les chairs se consumaient lentement : il demeurait intact,

sont une couronne (formée de roseaux liés, ou de cornes de vaches, ou de plumes d'autruches) et un sceptre (bâton analogue au bâton des Bédouins modernes; [Lrman, op. laiid., 4].

* Ils « ne jouissaient que d'une éternité précaire » : « chaque jour, sous peine de périr, ils devaient être nourris, habillés, vivifiés ') [Gumont. Religions Orient. 116]. Voir Moret : Le rituel du culte divin journalier en Egypte, Paris, 1902. — Les deux cérémonies essentielles sont l'ouverture du sanctuaire et l'appel du dieu par son nom [sur l'efficacité magique de ce nom, cf. infra, p. 62. n. 2.]. Voici la liste de ces cérémonies d'après Wiedemann [Hastings : Extra Vol., J9i].

En frottant deux morceaux de bois l'un contre l'autre, on obtenait une étincelle, qu'on disait jaillir de l'œil d'Horus, et qui allumait le feu sacré : puis on parait l'encensoir, on jetait l'encens sur la flamme et le prêtre, après avoir brisé le sceau, ouvrait la porte du naos. La face du dieu parait : multiples prostrations du prêtre : il récite des hymnes de louange : il offre le miel et l'huile dont il oint, ensuite, la statue sacrée : encensements ; le prêtre se retire dans une petite chambre, proche lu naos, où il dit une courte prière. Lorsqu'il est revenu, après avoir récité une prière solennelle, il pénètre dans l'intérieur du naos, regarde le dieu, se prosterne, offre l'encens, dit les prières et les hymnes : puis il présente au dieu une statuette de la Vérité. Viennent alors les offrandes d'encens qui s'adressent aux con-

au moins en apparence, et son inlégrilé assurait celle de Fàme ' ». Puis, on recourut aux pratiques de l'embaumement : on relirait les entrailles du mort, on les plaçait dans un vase sous la protection des quatre fils d'Horus, afin que le corps ne connûtjamaislafaim ni la soif; on remplaçait le cœur par un scarabée de pierre; on imprégnait le cadavre de natron et de bitume, on l'enveloppait de bandelettes de lin, on Temboitait dans un sarcophage de carton, de bois ou de pierre ; et çn traversait processionnellement le Nil pour porter la momie au tombeau. Les prêtres la purifiaient, lui offraient une cuisse et un cœur de taureau, puis procc-

frôres du dieu. Et ron procède enfin aux purifications et à la toilette : libations d'eau; encens: ceinture blanche, puis ceintures verte, rouge ardent, rouge foncé, nouées autour du dieu ; on apporte des onguents, des couleurs noires et vertes ])our les yeux ; on jette de la poussière autour du dieu pour purifier l'endroit où il se tient ; puis le prêtre fait quatre fois le tour du dieu. La présentation des offrandes recommence (natron, encens, grains venus du sud et du nord), purification d'eau, fumigation d'encens ordinaire, fumigation d'encens d'Arabie. Ici finit le service liturgique. — Les Egyptiens attachaient une grande importance à la propreté corporelle : les dieux même doivent se laver avant de consulter les livres sacrés. De même, les Egyptiens se j)arfumaient avant d'entreprendre quoi que ce fût. Le prêtre s'ai)pelle le propre : son idéogramme représente un homme sur lequel on jeUe de l'eau.

Les grandes fêtes étaient les premiers jours de l'année, des saisons, du mois : elles consistaient surtout en illuminations et en pi'ocessions : on montrait au peuple, dans sa beauté, l'idole, le dieu [Erman, 51]; il y avait desreposoirs où Ion faisait halle pour les encensements et les prières. Sur les fêtes des saisons à Abydos, cf. Maspéro : Revue Critique, 1U05, II, 361. — Sur les fêtes d'isis et d'Osiris, cf. infra, p. 50, n. 1,

' iMaspéro. Dp. laud., I, 112.

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