THÉOLOGIE DE THÈBES : AMON
L'eiïlorescence de la religion osirienne * semble à peu près coïncider avec l'essor politique d'Abydos. Elle supplante Thinis, la métropole de Mènes ; elle recueille riiéritage de Memphis, devient la résidence de Pépi I et des rois de la vi® dynastie ; enfin, elle arrive à l'apogée de son prestige lorsque s'ouvre la période thébaine, au temps des Ousirlasen et des Amenhemait-. Son hégémonie religieuse semble s'encadrer assez exactement entre l'époque où se répand la théologie héliopolitaine, et celle où se constitue la théocratie solaire ^
La constitution dune théocratie, tel est, en effet, le trait dominant de la troisième période de l'histoire religieuse de lÉgypte après Menés. Amon était le dieu de Thèbes ; la victoire des seigneurs de Thèbes sur les
des membres du mort avec les membres correspondants des divinités [miss Margaret à Murray : The Osireion at Abydos. London, 1904. — D'après Gapart : loco cilato. Cf. surtout Abydos, 1903-1904. London, 1905, par Pétrie, Ayrton, Currelly... ^3 volumes)].
* Le développement des pyramides semble parallèle au développement de rOsirisme. A partir de la fin de la ni» dynastie, la pyramide semble être la forme propre des tombes royales fErman, 117] : la plus fameuse fut construite par Khoufoui à Gizeh. Chacune comprend de nombreuses chambres, pour que le mort puisse vivre commodément, ainsi que ses prêtres et leurs serviteurs ; chacune est entourée des tombeaux des princes, des princesses, des grands de sa cour. De là, les nécropoles (comme celles de Gizeh et de Khafîtnibous). — Les tombeaux ordinaires sont nommés en général mastabas [Sur le tombeau de Mereruka, au temps de Pepi, Cf. Erman, 121].
* xiie dynastie.
^ Pourtant, elle ne semble jamais avoir vraiment connu de déclin.
seigneurs d'Héracléopolis accrut naturellement le prestige dAmon, jusqu'alors, humble dieu local; il fut identifié au glorieux Rà. — Et linvasion sémitique entraîna de plus graves conséquences encore. Ce sont les Thébains qui ont combattu, et, finalement, expulsé les Pasteurs ; cest au nom du dieu thébain que, durant près de deux siècles, a'est poursuivie contre renvahisseur, à travers toute l'Egypte, la guerre libératrice. Comme il avait été à la peine, Amon fut à l'honneur: il bénéficia de la victoire ; l'expulsion des Hyksos apparut comme une marque de sa puissance, comme un bienfait de sa bonté ; puis, les triomphes des Thoutmosis ^ manisfestèrcnt encore aux yeux de tous sa force bienveillante. Les l^^gyptiens, peuple et roi, ne demandaient qu'à lui témoigner leur amour ^
A ce moment paraît en scène le sacerdoce du dieu vainqueur. Le sacerdoce, jusqu'alors, n'a pas tenu grand'place dans les religions nationales. Ce sont les dynastes locaux qui sont à l'origine les grands prêtres du dieu local; leurs femmes en sont les prétresses; ou bien ils délèguent ces fonctions à leurs fidèles ^ A la
^ Sur le culte primitif, voir Erman, p. 4U. Le dieu habite réellement dans le temple, simple huile; il y habite d'abord seul: bientôt sa famille l'y entoure. Le temi)le est situé au milieu de la ville; l'autel est une simple table surhaussée sur laquelle sont posés les mets, oiïerts au dieu et mangés par ses fidèles (puis par les prêtres). On ne sait pas si la liturgie était chantée ou récitée : il serhble toutefois que la musique ait toujours tenu peu de place dans les cultes égyi)tiens (exception faite, toutefois, du culte d'IIathor). — Le caractère sacerdotal des rois ne s'est