‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 26 sur 113 · LES SACERDOCES · texte numérisé non relu

LES SACERDOCES

longue, pourtant, se constitue un sacerdoce professionnel ^ : les prêtres soignent les statues, veillent aux ustensiles sacrés ; les plus populaires parmi eux, les Khcr-heboii, sont les sorciers qui savent correctement réciter les formules magiques-. Seulement leur importance reste faible, leur rôle quasi nul ; les cultes provinciaux sont confiés aux princes des nomes et desservis par d'humbles communautés.

Mais voici l'expulsion des Hyksos et 1 avènement de la XVIII' dynastie : dès lors tout se transforme. « L'organisation des communautés sacerdotales dans les temples des dieux se généralise, et par là s'augmente le nombre des prêtres: comme les temples s'enrichissent et augmentent leurs biens-fonds, on doit les doter dune administration forte. Jadis les grands de l'état révélaient incidemment les fonctions sacerdotales; maintenant les prêtres professionnels pénètrent

jamais effacé, tout au contraire : le roi seul existe au regard du dieu, son père, soit qu'il lui fasse des offrandes, soit qu'il lui bâtisse un temple ; et c'est lui seul que le dieu récompense par l'octroi de la victoire ou d'une longue vie [Erman, 55-56].

' Du même temps datent sans doute les progrès de l'architecture religieuse : les proportions des temples s'agrandissent, leur ornementation se fait plus brillante ; les avenues qui y donnent accès s'élargissent et se parent de statues (lions ou béliers), d'obélisques, de piliers, de pylônes; l'autel se dresse dans une cour entourée de colonnes [Erman, 43]. — A la tète de chaque temple il y a un grand prêtre, c'est-à-dire un chef de la domesticité sacrée.

- Les we'b sont peut-être des purificateurs. — Tous les prêtres se distinguaient extérieurement des laïques : une propreté minutieuse leur était imposée [Erman, 58, 74]. Voir page 32. n.

en masse dans les fonctions administratives d état et ceux d'Amon-Râ commencent à jouer un rôle politique... (Ils) sont divisés en cinq classes : le prophète, ou « esclave du dieu », de première, deuxième, troisième classes, le «père divin» et le « pur (ouab)... En général, (ils ont) la tête rasée... Ils (doivent) servir le dieu d'après le rituel, ordonner et conduire les fêtes et les processions, et présenter les offrandes... Tout... (est) minutieusement réglé (par la liturgie) ; on y mentionne jusqu'aux plus petits détails des mouvements de lofficiant, les formules et prières qui accompagnentchaque acte. Pour la toilette quotidienne du dieu et la purification de sa demeure,... à Thèbes, le rituel... prescrit environ soixante cérémonies. ^ »

La puissance de ce sacerdoce et de son chef, le pj^emier prophète de Thèbes, inquiète de bonne heure les rois. C'est peut-être pour restreindre le prestige d'Amon que Thoutmosis IV restaure le vieux culte solaire de Harmakhouti et qu'Aménothès III organise, à Tlièbes même, un culte rival du culte officiel, le culte du disque solaire Atonou. Aménothès IV, son fds, va plus loin encore. Il proscrit ouvertement et dans toute lÉgypte, sauf à Thèbes, le culte d'Amon ; il change son nom, où reparaît le radical du dieu maudit ; il change de résidence, afin de le fuir ; il bâtit, dans le nome hermopolitain, une capitale nouvelle ; il lui donne,

' Lange : Les Er/ypliens [Chanlepie... Manuel... trad. fr. llô- 117]. Sur la tonsure des prêtres disis, cf. Dennison : American Journal of archeology, V, 1904, 341.

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