‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 31 sur 113 · TOUTE-PUISSANCE DE LA MAGIE · texte numérisé non relu

TOUTE-PUISSANCE DE LA MAGIE

lettes et des formules, le défunt peut subvenir à tous ses besoins : son Ka est nourri au tombeau, sa momie protégée contre ... l'anéantissement, son àme peut sans crainte entreprendre le voyage dans la barque parce qu'elle est mdkherou ; comme Thot, elle sait dire les puissantes paroles magiques avec l'émission de la voix et l'intonation correctes. Un chapitre spécial du Livre des Morts confère au défunt cette puissance : 1 âme pourra triompher de tous ses ennemis, défier tous les périls, elle ne souffrira ni de la faim ni de la soif, car elle est munie d'armes magiques efficaces ; les portes s'ouvrent et la laissent entrer, car elle connaît les noms. La destinée du défunt est, par suite, tout à fait indépendante de sa conduite sur terre. Dans tout le Livre des Morts, pas un mot ne suppose... que l'àme puisse être perdue ; au contraire, on admet en principe que le défunt répond correctement et qu'il doit participer à la béatitude ^ » Au jugement des Egyptiens, la magie est toute-puissante.

donnant de la chair d'oie. Nous assistons à toutes les opérations : on sempare de l'hyène, on lui attache les pattes, on l'étend sur le dos et on lui fait avaler quelque chose qui ne peut être que de l'oie, car tout à côté se trouvent plusieurs de ces oiseaux troussés et tout prêts à servir de nourriture au carnassier » [Naville : Revue archéologique, 1905, II, 37.5 ; Bissing et AVeigalI : Die Mastaba des Gem-ni-Kai. Berlin, Duncker]. — Les formules liturgiques du culte des morts ont aussi une efficacité magique : elles assurent à l'homme la vie au delà- de la tombe [Wiedemann : Magie und Zaubevei im Alten .Egypten. Leipzig, 1905 ; de là naît le Livre des morts. Voir supra p. 45].

' Lange : Les Egyptiens [Ghantepie de la Saussaye : Manuel d'histoire des religions, trad. fr., 106-107 (1904»].

Mais, si le caractère magique de leurs religions en paraît cire la marque la plus persistante et la mieux apparente, on n'en doit pas conclure qu'il en soit le trait le plus original : toutes les religions païennes, on le verra \ sont également dominées par les mêmes conceptions : à ce point de vue encore, il convenait d'y insister au début de cette histoire. L'épanouissement extraordinaire des religions animales, la familiarité des hommes envers les dieux et la très générale bienveillance des dieux- envers les hommes semblent au contraire exprimer dans ce qu'elle a de plus individuel lame religieuse des anciens Egyptiens".

' Cf. infra. — Mais ])eul-ètrc ce caractère magique est-il plus manifeste dans la religion égyptienne que dans les autres [Cuuiont, 114, 226]. Voir Âmélineau : Evol. idées morales, p. 8-10.

- Noter pourtant que les Egyptiens connaissent les sacrifices humains [voir Stèle d'Amada : Amélineau, p. 12].

'■" La théocratie solaire semble aussi particulière au développement religieux de l'Egypte.

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