‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 33 sur 113 · CARACTERE COMPOSITE DES DIEUX · texte numérisé non relu

CARACTERE COMPOSITE DES DIEUX

été assez nombreuses; à l'intérieur de chaque empire ou de chaque peuple, le dieu de la ville métropole assura son hégémonie sur ses anciens égaux. La conséquence de cette lutte obscure pour la suprématie fut que la physionomie primitive de chaque dieu s'altéra à la longue et devint extrêmement complexe. « En prenant tour à tour le dessus sur leurs rivaux, (Anou, Bel et Ea) durent revêtir les qualités qui leur permettaient de les régenter chacun dans son domaine. Leur être s'élargit, et de dieux du ciel ou de la terre ou des eaux qu'ils étaient, ils devinrent les dieux du ciel et de la terre et des eaux tout à la fois ; Anou résina chez Bel et chez Ea comme chez lui, Bel joignit à la sienne propre l'autorité d'Anouet d'Ea, Ea traita Anou et Bel du même sans gêne quils lavaient traité et cumula leur suprématie avec la sienne. Leur personne se composa désormais de plusieurs couches stratifiées : elle conserva comme noyau l'être qu ils étaient au début, mais elle y superposa les caractères particuliers à tous les dieux au-dessus desquels on Texaltait successivement^ .)) Nergal est le dieu du soleil brûlant, mais c'est aussi le souverain du monde des morts : il est à la fois bienfaisant et terrible -. Lshtar est à la fois la déesse de la guerre et de la volupté.

* Maspéro, I, 64i-645.

- Dans ses fonctions infernales, il est secondé parEreskigal, ou AUatou, déesse qui a un second époux >'in-azou, et qui commande à une scribe divine, Belit-seri [Dhorme, p. XXIXj. Peut-être Nergal a-t-il comme seconde épouse Mammitou.

72 LES RELir.IONS SÉMITIQUES

Deux grands cylindres en argile trouvés à Tello (Sirpoula, ou Lagas) ^ permettent d'apercevoir avec quelque précision lidée que les Ghaldéens - se forgeaient de leurs dieux locaux. Ils décrivent l'installation de Xin-girsu (Xinih) dans son nouveau temple, l'Eninnù : Xin-girsu est accompagné de son épouse, la déesse Bau, de ses sept enfants et de quinze divinités secondaires. « Le patési Gudéà, désireux d'installer Nin-girsu, s'adresse aux génies protecteurs, les Anounnakis et implore l'assistance de leurs prières. P^scorlé de deux bons génies, un Utukku et un Lamassu, il pénètre dans l'ancien Eninnù et y supplie Nin-girsu de consentir à être transporté avec son épouse Bau dans le temple nouveau. Sa prière est bien accueillie. Les mois se passent, l'année nouvelle arrive et le troisième jour du mois du temple (?), le dieu Ningirsu quitte la ville d'Eridou. (A quel moment la statue du dieu avait-elle été transportée dans cette ville ? Ce voyage était-il un fait isolé, motivé seulement par la reconstruction du temple ou bien se renouvelait-il périodiquement ? Autant de questions auxquelles le texte ne répond pas.) Pour faciliter à Nin-girsu son voyage de retour, Gudéa envoie au dieu, par l'intermédiaire d'un messager appelé Sir-da-ma(?), des provisions déroute. Danslentre-temps, les dieux et déesses Asaru, Nin-mada, Enki, Nindub et Nina aj)prètent le

• Kn Chaldép, par M. de Sarzcc.

* Vers l'an 3000 avant notre ère.

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