‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 34 sur 113 · LA VIE D CN DIEU CHALDEEX · texte numérisé non relu

LA VIE D CN DIEU CHALDEEX

temple pour la réception de Xiii-girsu. Le patési, de son côté, accomplit diverses cérémonies puritîcatoires et fait réciter des prières, le jour et la nuit, dans la ville et la contrée. Au petit jour, le dieu arrive dans la ville et, accompagné de la déesse Bau, fait son entrée solennelle dans le temple; au soleil levé, le patési célèbre des sacrifices et présente des offrandes. Ayant achevé l'installation du couple divin, Gudéa prépare dans le temple des logements pour les dieux secondaires, compagnons et serviteurs de Xin-girsu. Le premier installé est Gal-alim qui est chargé de la police de la ville de Girsu ; puis sont successivement introduits Dun-saga, sorte déchanson divin, les deux lieutenants du dieu, les guerriers Lugal-Kur-dub et Kur-su-na-xi-a-an, le conseiller Lugal-sidi, le ministre du harem Sagan-sapar, le valet de chaml)re Uri-zi. le cocher En-sig-nun, le berger En-lulim, le clianteur et joueur de cymbales Usumgal-Kalama. le joueur de tambourin Lugal-igi-hus-a-an. L'énumération interrompue par la mention de l'introduction des sept enfants de Xin-girsu et Bau, reprend avec le fermier Gis-barud-du, le pécheur Kal, l'intendant Dimgal-abzu et se termine avec Lugal-ennu-uru-azaga l'architecte. Ningirsu a dès lors maison montée ^ » « La suite de l'inscription nous montre Gudéa (lui) offrant un char de guerre et des armes diverses, telles que massue, glaive

* François Thureau-Dangin : La famille et la cour d'un dieu chaldéen [Revue d'histoire et de littérature velitjieuses, VI d901), 482-483,493].

74 LliS RELIGIONS SÉMITIQUES

arc, etc., peuplant ses étangs de poissons, remplissant ses barils de grains, construisant des parcs où il enferme gros et petit bétail, introduisant pour la distraction du maître différents instruments de musique, pourvoyant enfin à tous les besoins d'un dieu, sorte de seigneur féodal ou de roi guerrier. » Nin-girsu, en effet, est à la fois un dieu agricole et un dieu guerrier. Il est mentionné dans les incantations commet seigneur des campagnes » ; on lui confère les titres de Mardouk, on lui consacre le mois de Tammouz ; on ladore comme une des formes du soleil. Mais il sappelle aussi la tempête et la nuée ; « sa venue est comparée aux chpcs irrésistibles de la bataille ; il cbevauche sur les grandes eaux, il est vêtu de terreur et deffroi^ ».

A côté, je dirais volontiers au-dessous de ces cultes locaux, on aperçoit, comme une religion inférieure, le culte des démons et le culte obscène dAstarté-. Les

* Jcremias : {la Religion des) Babyloniens el {des) Assyriens [Chantcpie de la Saussaye, p. 141 J,

* A ces cultes démoniaques et obscènes on doit joindre — ils nous choquent autant, ils s'y allient parfois (Ishtar. Adonis) — les cultes san^^lants de Melek (Molochj. Melek est un nom commun qui signifie roi : mais il est devenu bientôt le nom particulier d'un dieu phénicien, ou son pseudonyme sacré. Ce dieu était en rapport avec Byblos. On lui immolait, par le feu. des victimes humaines, spécialement des enfants ; il régnait sur le monde inférieur [Mayer : article kronos. dans Roscherj.

Page 1