‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 41 sur 113 · LE PROBLÈME DU MAL · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME DU MAL

danger quil court ^ ? Les Babyloniens, comme les Juifs, voient clans la souffrance et la misère les conséquences d'une faute. Les dieux « veillent aux lois morales qu'ils ont établies ; ils sont les juges favorables à qui accomplit leurs volontés, terrii)les à qui les enfreint ». Ils noient la terre sous un déluge universel pour punir les hommes de leur crimes. Ils « châtient l'omission des prescriptions rituelles... ; ils veillent... sur les rapports moraux avec le prochain; l'injustice et l'hypocrisie les irritent autant que les violences. Briser lunion de la famille est un crime particulièrement grave (à leurs yeuxj... Seule l'expiation peut détourner (leur colère). La vie et la mort sont entre leurs mains. . , Les rois... demandent leur protection... 11 règne dans la vie babylonienne un sentiment profond de dépendance absolue et de résio'nation- ».

' 6, 3. G ut 38 (Je lépoque perse d'après Bri^î^gs et Minocchi).

- Jeremias. op. laud., \b2. — Morgenstern [The doctrine of sin in fhe babylonian reliQion, 1903] ramène à une impureté rituelle l'idée du péché. Un te.xte donnera une idée précise de cette situation religieuse et morale. Je choisis le psaume intitulé le Juste souffrant. «. A peine suis-je arrivé à la vie que (déjà) j'ai franchi le temps fixé, — je me suis retourné : cest le mal. encore le mal ! — Mon oppression s'est augmentée, je n'ai pas trouvé mon droit ! — J'ai crié vers mon dieu et il n"a pas montré sa face, — j'ai invoqué ma déesse, sa tète ne se lève même pas ! — Le devin par la divination n'a pas fixé l'avenir, — et l'enchanteur par un sacrifice n'a pas fait briller mon jugement, — j'ai parlé au nécromant, mais il n'a pas ouvert mon entendement, — le magicien par les manipulations magiques n'a pas délié la colère dont je suis l'objet. — Quels événements divers dans le monde î — J'ai regardé derrière : le malheur est à ma poursuite. — Comme si à mon dieu je n'avais pas offert le sacrifice

Le culte des religions sémitiques reflète leur nature hétérogène : la situation des prêtres, la liturgie des

régulier, — et comme si dans le repas ma déesse n'était pas appelée, — comme si ma face ne s'inclinait pas et que mon adoration n'était pas vue, comme celui dans la bouche duquel ont cessé les prières, la supplication — ... ! — Quant à moi, j'ai songé à la prière, à la supplication, — la prière était ma méditation, le sacrifice était ma loi : — le jour où l'on honorait les dieux était la joie de mon cœur, — le jour où l'on suivait la déesse, c'était mon gain, ma richesse, — la prière du roi c'était ma joie, — et sa musique, c'était pour mon agrément! — J'appris à mon pays à garder le nom du dieu, — j'enseignai à mes gens à honorer la déesse. — Les louanges du roi, je les ai fait parvenir au plus haut point, — et la vénération pour le roi, j'en ai instruit le peuple. — Certes, je sais que près du dieu ces choses sont en faveur ! — Ce que de soi-même on juge bon, pour le dieu c'est une chose honteuse, — ce que quelqu'un retient en son cœur, vis-à-vis de son dieu c'est chose bonne. — Qui donc peut étudier le dessein des dieux dans le ciel ? — Le conseil du dieu, quel être (?) d*argile le comprendra ? — Comment des humains apprendront-ils la voie d'un dieu? — Celui qui le soir était en vie, il est mort le matin suivant, — soudain il s'est trouvé angoissé, rapidement il a été mis en pièces, — à l'instant il chantait, il faisait de la musique, — en un moment le voilà qui crie comme un hurleur! — ... — Il m'a frappé du fouet et il n'y avait pas de fin ; — d'un bâton il m'a percé, la pointe en était forte. — Tout le jour le persécuteur me poursuit, — à l'arrivée de la nuit il ne me laisse pas respirer un instant. — A force d'agitations, mes nerfs sont dénoués, — mes forces physiques sont déprimées. — ... Mes muscles malades ont mis le magicien à la torture, — et par les présages qui m'arrivent le devin a été égaré. — L'incantateur n'a pas éclairci l'état de ma maladie, — et le devin n'a pas mis fin à mon infirmité ! — Mon dieu n'est pas venu à l'aide, il n'a pas pris ma main, — ma déesse n'a pas eu pitié de moi, elle na pas marché à mon côté. — La tombe est ouverte, on a pris possession de mon habitation (?; — sans que je sois mort. La lamen-

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