LE SACERDOCE BABYLONIEN
vivants, la liturgie des morts, l'importance de la magie, tout révèle linégalité des croyances qui les constituent.
La situation du sacerdoce babylonien, seule, nous est connue avec quelque précision ^ Chez les Arabes nomades, le prêtre est essentiellement un gardien, scidin : il monte la garde autour du sanctuaire traditionnel; à ses côtés grandit le devin, Kàhin : on n'entreprend rien sans l'avoir consulté. Mais les Minéens et les Arabes sédentaires du sud voient surtout dans le prêtre le sacrificateur. Peut-être en est-il de même des Araméens. L'inscription double de Cittium Larnacai montre que les Phéniciens connaissaient de même le prêtre sacriticateur, et aussi les barbiers rituels, les scribes sacrés, les prostituées et les prostitués.
Les prêtres babyloniens peuvent être rangés en trois classes, les chantres, les exorcistes, les aruspices. Les chantres forment une corporation sacrée et héréditaire. Les exorcistes écartent les démons et les âmes des morts; ils apaisent la colère des dieux bons et récon-
tation sur moi est achevée... » [Traduction de Dhorme. Revue Biblique. 1906. :281-284. Cf. Babylonische Uymnen und Gebete, dans deralte Orient, VII, 3, 28]. « L'hymne à Ishtar renferme les divers sentiments de crainte et de confiance qui , peuvent) jaiHir de Tàme pécheresse en butte au malheur a [Dhorme, 357oOo : p. XXXV).
' Cf. Zimmern. Beitrdr/e zuv Kennfniss der babylonischen Religion. Leipzic^, 1901 : et Lagrange, op. laud., 214-243. « Le sacerdoce a été communiqué au.x hommes par une faveur divine » [Dhorme, p. XXXVl].
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cilient les pénitents avec eux. On recourt à leurs charmes quand on est malade ou criminel; on leur confesse ses péchés, sans jamais articuler daveu très spécial : tandis que lexorcistc énumère toutes les fautes possibles \, le pénitent garde le silence, il suflil que le péché soit nommé. Ou bien, si la maladie n'est pas la punition d'une faute, si elle dérive du contact d'un objet impur, l'exorciste cherche quel il peut être; et l'on devine quelle est ici sa peine. Parfois il brûle l'objet qui est le ])rincipe de l'impureté et de la contagion : parfois il prévient ces malheurs en adorant les images des sept dieux domestiques. Et c'est kii encore qui consacre les idoles et purifie le roi. — Pourtant, le prêtre par excellence n'est pas l'exorciste, c'est l'aruspice, baril. Les aruspices forment une corporation héréditaire, au moins dès le temps dcHammourabi : qui veut en devenir ou en demeurer le membre doit être grand, bien fait, exempt de tout défaut aux yeux, aux dents, aux doigts ; et sa doctrine doit être aussi solide que sa santé. Barû signilie voyant : le ba?'û lit
* « On commence jiar les péchés de la langue qui accusent un manque de franchise ou une injustice. Suivent neuf cas où le i)écheur aurait semé la zizanie entre le fds et le père, etc. : puis viennent les fautes envers un dieu, les manques d'égards envers les i)arents. les fausses balances, la fausse monnaie: « a-t-il rejeté un fils légitime, admis un fils illégitime? » : les bornages; vol. adultère, désobéissance, calomnie, pratique de la sorcellerie et de la magie, manquement i'i la i)arole donnée ; « boire de l'eau dans une coupe impure, jurer par Dieu en élevant les mains sans quelles aient été lavées,... uriner dans un fleuve et y cracher » [Lagrange : op. laiid, 223-223].