LA LITURGIE DIVINATOIRE
l'avenir dans le foie des victimes; le l'oie est divisé en un grand nombre de segments numérotés, dont chacun a sa signification précise; rien n'est laissé à l'arbitraire du prêtre. Il s'assied a devant Samas et Hadad sur le siège du jugement pour rendre une sentence de justice et de droiture; Samas et Hadad, les grands dieux de l'oracle, les seigneurs delà décision viennent à lui, décident et donnent une réponse stable. Loracle est donc un véritable jugement ». Le plus souvent, le banc détermine la volonté du dieu en mélangeant de l'eau et de l'huile dans une coupe. Voici comment il procède, parexemple, pour rendre un oracle en faveur du roi. Il se lève avant le jour, se lave dans le bassin sacré, s'oint dhuile parfumée, met un vêtement pur, se purifie avec du tamaris, se lave la bouche et les mains après avoir dessiné une sorte de contour, ligure de la demeure des dieux ou de la table autour de laquelle ils prendront place. Puis il balaie la plate-forme, répand leau lustrale, met la poche de 'cuir, place du tamaris sur le siniu (?), remplit un vase de farine, y plante de petits bâtons de cèdre, met du charbon dans le pyrée, lave le chevreau. Api'ès cela, il dispose une planche, table destinée au dieu, place les assiettes, met de l'eau dans un vase, fumige le tout. Ap?'ès cela, il prend un vase de chaque main, répand de la farine, dépose « l'invocation du nom », c'est-à-dire questionne le dieu. Puis il remplit d'eau une aiguière et l'offre à Samas et à Hadad, secoue des fragments de cèdre sur le pyrée, fumige l'enceinte et invite les dieitx
à venir se rassasier de farine brûlée et de cèdre en flammes ^
Le prêtre sémitique offre aux dieux, soit dans les bois, surtout aux origines, soit dans des temples-, soit dans
* Les traits de ce tableau sont empruntés à Lagrange. op. laiid. 236-237, presque textuellement. Les mots après cela que je souligne à deux reprises sont la transition telle quelle est marquée dans le texte babylonien. Sur le rôle dun mystérieux morceau de laine noire en tout ceci, cf. Lagrange.
Les prêtres chaldéens, enrichis par les offrandes dont le tarif était minutieusement fixé. exer(,-aient une grande influence.
Je ne parle pas de la circoncision : Babyloniens et Assyriens l'ignoraient : elle était connue en Egypte (mais non obligatoire) au moins dès la v« dynastie (vers 3900) ; elle était très répandue chez les Sémites et chez d'autres races. 11 semble que ce soit simplement un rite d'initiation, marquant que les jeunes gens, à l'âge de la puberté, sont officiellement agrégés au clan.
- Les dieux étaient adorés, en Chaldée, dans les zUjgourats, temples verticaux* dont le type normal comportait sans doute plusieurs étages superposés, chacun d'eux étant en retrait sur i'étage inférieur**, la chapelle où réside le dieu se dressant au dernier étage, — en Phénicie et chez les Araméens sur les hauteurs*** : on y trouve des cromlechs et des menhirs tout à fait analogues à ceux de Bretagne. Ce qui nous amène à dire un mot des pierres sacrées. Elles sont nombreuses en pays sémitique [Paphos. Emèse, Byblos, la Mecque], mais la signification en est fort incertaine. Lagrange y voit une réduction, une représentation de la ziggourat. qui est elle-même une image de la montagne, symbole du monde.
* Au contraire, « le temple égyptien allongeait ses lignes parallèlement au sol » 'Perrot-Chipiez, Histoire de i art dans l'antiquilt'. 11, 4ii-414^.
** L'axe vertical commun à tous les étages, tantôt ne passait pas par le centre delà base (rectangulaire), tanlùt y passait (base carrée).
*** On vient de découvrir à Sarabit-el-Kliadim (péninsule du Sinaï) un de ces lieux de culle établis sur les hauteurs. 11 est cerlaincn)ent antérieur à la iii* dynastie égyptienne et probablement même ù lan 40iiO ; il était consacré à une déesse, dont nous ignorons le nom ; les Egyptiens lont connue et adorée comme v la dame des turquoises » [ce sont les tur(|uoist's et autres pierres qui attiraient les Egyptiens vers le Sinaï]. Le sanctuaire proprement dit était installé