‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 52 sur 113 · ZEUS ET APOLLON · texte numérisé non relu

ZEUS ET APOLLON

tique, gardent encore quelque prestige, ainsi que les puissances chthoniennes, Korè et Démêlera — Et voici les grands dieux vainqueurs. Le dieu du ciel, Zeus, achève l'évolution qu'il a commencée peut-être au temps où les Aryens étaient encore réunis et range les dieux sous son royal pouvoir : combien n'en a-t-il pas absorbés! « Son œil ne se ferme jamais...; il trône sur les hauteurs claires de lOlympe... ; la maison et la métairie, la ville elle-même se trouvent dans sa main... ; quiconque franchit les frontières de sa patrie implore sa protection...; cest lui le sauveur suprême...; il unit les époux... ; il envoie le boniieur et la richesse... ; il châtie tous les crimes-. » Il ressemblera de plus en plus au Dieu Unique. Héra, son épouse, refoule ses rivales et devient le symbole du bonheur conjugal : peut-être cache-t-elle une ancienne déesse de la pluie et des campagnes. L'origine d'Apollon était aussi humble ; sa destinée fut plus magnifique encore. Ancien protecteur des patres de Laconie et dArcadie, il grandit au point de rivaliser avec Zeus : il supplante à Delphes le dieu local, le serpent Python ; il absorbe à Délos un dieu solaire ; dès lors il apparaît comme le grand devin et le grand guérisseur. Athénè n'a pas une physionomie moins grecque qu'Apollon ou Zeus : « elle s'unit de préférence aux divinités

' Gnipp. Op. laud.. 304 et UO : 1401-1407: 1181-1103: 1163- 118i.

- Chantepie. Op. laud.. o:î3 : — Gruppe. IIUU ; 1223 : 1193 : 1265,

poliades et préside à la vie intérieure des cités. Artemis, Hermès, Poséidon, sont environnés aussi d'un grand" prestige. Dionysos et Ares, qui viennent de Tlirace, Apliroditequi arrive du monde sémitique, leur font bientôt concurrence. — Le culte des héros et des demi-dieux apparaît enfin au ix^ et au viii'^^ siècle : il y faut voir, soit d'anciens dieux déchus S soit des personnages fameux divinisés -.

Tous ces dieux sont pourvus de mythes et de cultes"^. Les mythes visent à expliquer le culte : Torigine première du culte est antérieure au mythe. Le culte est, essentiellement, une chose d'état : la cité paye les cérémonies, la cité punit les atteintes au Upov, la cité est une communauté de culte '* : elle prescrit certains rites. Ces rites sont célébrés dans les sanctuaires-', où l'on conserve, avec l'autel, les offrandes, les statues, les reliques, les objets nécessaires à la liturgie. Ils sont célébrés par des prêtres : aucun deux ne doit veiller sur les Ames ni enseigner la religion ; accomplir les tepdl est leur seul devoir comme c'est leur droit exclusif. Les sacrifices'' s'accompagnent de libations et

' Agamomnon, Diomé^do, pcut-(Mro IIérakl^s.

- Armodius cl Aristogiton.

■' C'est de ce côté que Gruppc a justement porté son effort. Cf. aussi S. Rcinacli : Cid/e.<i, Mythes et Religions, II (190G), passim.

' Fiistcl de Coidanges. La Cité antique, 17° éd., 1900.

' Bois sacrés (à'Xjo;). enceintes sacrées (-riusvoç). on temi)les (vaô?) : l'accôs en est interdit.

" Indépendamment des sacrifices, les prêtres soignent l'image

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