‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 55 sur 113 · LES MYSTÈRES ORPHIQUES · texte numérisé non relu

LES MYSTÈRES ORPHIQUES

cher au but .'La mort ne lui est, en soi, daucun secours : elle mène simplement à d'autres vies ; les Orphiques admettent la métempsychose et la transmigration des âmes. — Ici apparaît Timportance du culte. Les vieux rites qu'on célébrait dans les fêtes des Diasia, des Anthesteria, etc. revivent, animés d'un esprit nouveau : ils se mettent au service de la foi. Des initiations saintes unissent l'homme à Dionysos et purifient son àme de la souillure qu'y imprime son union avec le corps. Avec Dionysos, « Orphée le souverain est l'intermédiaire qui révèle le chemin du salut ^ » — Et

la fois, dionysiaques et titaniques, c'est-à-dire divins et impurs : le corps est titaniqiic, Tàme dionysiaque : le devoir est de libérer 1 ame [Chantepie, 56 j]. Zeus, qui a sauvé et avalé le cœur de Zagrcus engendre alors, avec Sémélé, Dionysos : c'est une nouvelle incarnation de Zagreus. Cf. Athénagore.ie^a^ pro Christ ; Hymne Orp/i., 37 ; Olympiodore. Comm. in Phedon. p. 08 (Finckh) ; Dion Chrysost.. Or., 30, p. 333 : Plutarque: De esu carnium. I. 7; p. 996, C; Ovide. 3/e^rt;n.,I, io6. — Lobeck. Aylaophanus,b^6, 335, Orphica, éd. Abel ; Bouché-Leclercq. Placita Grœcorum de oriy. yen. hum. Lutelia*. 1871, 16 et art. Lustratio (Daremberg-Saglioy ; S. Reinach. Cultes, Mythes, 11, 75; Rohde. II. 119; Glotz, 58i'.

' Rohde. Psyc/ié, II-, 1:24 [Chantepie, 566]. — Les initiations comportent des formules magiques qui donnent accès au séjour des bienheureux. Eleusis s"en fait une réclame, a II suffit d être initié pour avoir droit à léternel bonheur par l'intercession de Perséphoné, d'Eubouleus et de toutes les puissances dont la protection est acquise aux mystes. On est sur, en arrivant aux régions infernales, d'y trouver soit Orphée, soit Triptolème, qui reconnaît les siens à la couronne de myste et les fait recevoir dans le royaume des bienheureux » [Glotz, 591]. Sur les mystères, voir Foucart : Des associations reliyieuses chez les Grecs. Paris 1873. — D'après Ileinrich Gomperz : Die Lehensauffassuny der griechischen Philosophen und das Idéal der inneren Freiheit [lena, 1904], l'idéal de sainteté tel que le conçoivent les Orphiques est né parmi les pauvres gens, engagés dans la lutte pour la vie,

12S LES RELIGH)N> AUYENNES

la morale prépare el eomplèle INeiivre salutaire des riles. a L'ascclisme est la condition première de la vie pieuse. LOrpIiisme nexi«>e pas les vertus civiques...; il faut se tourner vers Dieu, se détacher de tout ce qui est prisonnier de la mort et de la vie corporelle. Labsiention de la nourriture animale est la principale el la plus remarquable des abstinences (imposées : elle est commandée par la croyance à la transmigration des àmcs). Elle est imposée encore par une pensée dexpialion : u la faute ancienne » ({ue les ancêtres ont commise doit être expiée par les enfants; la solidarité tamiliale à travers les âges explique lapparente injustice du sort, les souffrances des justes, le bonheur des méchants. Les punitions infernales de l'Hadèspurilient ce que les expiations et les pénitences nont pas purilié pendant la vie. (Minos exerce à l'égard des morts une manière de ministère public, en compagnie de PJiadamanthe, champion du talion, et dAiacos, représentant de l'équité : ils réparent les injustices de ce monde et traitent chacun selon ses œuvres. Ainsi lame est libérée de limpureté) ; sa vie réelle... commence... ; elle a tout à fait échappé aux nouvelles naissances : « alors elle est éternelle comme Dieu, car elle provient de Dieu lui-même *. »

cl (jui se refusent à admellre (jue leurs souffrances fassent partie du plan primitif des choses. Les riches, au contraire, ont naturellement jiour idéal l'harmonie de la vie. la domination de soimême, la sagesse [Diès. H. 11. L. R. 1907, 284].

* On voit donc apparaître dans l'Orphisme. avec une parfaite netteté, Tidée de pénitence. dVx|)ialion cl de purification :la(pielle

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