‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 56 sur 113 · ORIGINE DE L 0RPHI5ME · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L 0RPHI5ME

L'origine de la religion orphique est double. Elle dérive des religions étrangères. Il semble avéré, d'abord, qu'elle est dans un rapport particulièrement étroit avec le culte d'Osiris^ : elle lui emprunte ses

dérive de cette croyance : nécessité du retour à l'ordre ^Jules Girard : op. laud passim].

* M. Maspéro écrit [Journal des Débats, 28 septembre 1904] : « Les renseignements que nous avons sur les moments divers des rites célébrés pendant les Anthestèria ne permettent guère de douter que TOsiris égyptien n"ait été Toriginal du Dionysos attique. C'est, des deux côtés, un dieu dépecé traîtreusement et qui renaît. Le nombre des morceaux est le même et la marche des événements identique : ainsi qu'Isis a recherché partout les débris dOsiris, Démèter n'a de cesse qu'elle ait recueilli ceux de Dionysos, et c'est seulement après qu'elle a recomposé le corps, que le dieu recouvre l'existence. Les mystères du 12 d'Ânthestêrion reproduisaient fidèlement les traits principaux de la légende égyptienne... La reine et ses compagnes... simulaient la quête des quatorze pièces du dieu, puis la reine seule les rajustait, et, après en avoir composé une image nouvelle,... elle pénétrait dans le sanctuaire afin de l'y ranimer. Quelles formules elle y récitait, à quels actes elle s'y livrait, nous l'ignorons, mais les effets s'en manifestaient immédiats. Dionysos surgissait bientôt de l'ombre, vivant, paré, plein de vigueur, et il allait au Boucolion contracter un juste mariage avec la femme de l'archonte-roi. Il regagnait son temple le lendemain pour y mourir et pour s'y décomposer en ses quatorze morceaux... » : il emportait avec lui les offrandes de chaque famille pour ses morts. J'ajoute que le culte de Dionysos, comme le culte d'Osiris. comporte des représentations sacrées, d'où naissent la tragédie et la comédie. M. Foucart [Recherches sur l'origine et la nature des myst. d'Eleusis, 1894; Les grands myst. d'El. Paris, 1900] partage l'opinion de M. Maspéro. — M. S. Reinach la rejette formellement : d'après lui, ces analogies ne prouvent rien : « il en existe d'autres, et de non moins frappantes, entre Démèter et la déesse péruvienne dite Mère du mais, comme Démèter était la mère du blé[Cultes. Mythes et Relif/ions, II, 89]. Cf. son important mémoire sur la Mort d'Orphée. Voir aussi A. >'utt : T/ie voyage of Bran, II \IS97, London), 167.

J'ajoute que, d'après Maspéro. L7//<7e9^/e3/y//i.. II, 14, les Champs

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croyances louchant l'immortalité deràmo. D'autre part, Dionysos (Bacchus), auquel elle fait une grande place', semble venir de Thrace : « son culte se célébrait sur les hauteurs, dans la nuit obscure, à la clarté vacillante des torches, aux sons assourdissants dune musique bruyante... La troupe desfulMes, excitée par celte musique sauvage, danse en poussant des cris 'aigus. Des femmes surtout prennent part à ces rondes frénétiques et tombent épuisées... : dans leur fureur sacrée, tous se précipitent... sur les animaux choisis pour le sacrifice, les saisissent et déchirent avec leurs dents la chair saignante (pi'ils avalent toute crue-. »

Élysécs des Grecs sont un décalque des Champs d'falou égyptiens. Les idées des Grecs sur la métempsychose et sur l'autre vie semblent beaucoup devoir à IKgypte. Cf. encore : Zeller, trad. Boutroux, I, G7: Maass. Orph., 164, et aussi II. Weil : Culte des âmes et croyance à l'immortalité chez les Grecs. Journal des Savants, 1890.

' Bacchus est le dieu qui i)réside à la restauration de l'Iiarmonie dans l'homme ; le souci passionné de la destinée humaine inspire son culte. D'où le caractère de la tragédie, (|ui en sort [Jules Girard : op. laud].

- Rohde. Psyché, IF, 9 [Chantepie. 533 1. D'après S. Reinacli, loco cifato, Dionysos est primitivement un dieu taureau, Orj)hée un dieu renard : celui-ci est le totem des hommes, celui-U'i le totem des femmes : hommes et femmes dévorent leur totem pour faire passer en eu.\ sa divinité, — tels, les fameux Arabes de saint Nil. — Voir aussi une jolie page de Foucart : Culte de Dionysos en Attique [extrait des Mém. Acad. Inscript., t. XXXVll, 19U4. 22] : pour lui. le Dionysos thrace est un dieu de la végétation.

Le culte de Dionysos fut apporté en Anatolie i)ar les IMirygiens, venus de Thrace : Dionysos fut assimilé au dieu anatolien Attis, pAle parédre de la déesse de la terre, Cybéle, qui siégeait sur rida et le- Bérécynthe [Men. dieu de la lune, du ciel et des enfers, était, avec Cybéle. la grande divinité des tribus anatoli-

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