‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 64 sur 113 · BIOLOGIE D ARISTOTE · texte numérisé non relu

BIOLOGIE D ARISTOTE

« Le corps des animaux est fait de substances homœomères, lesquelles sont un mélano-e des substances élémentaires. La matière immédiate de l'àme est le souffle, ':ïv£\3;j.a, principe de la chaleur vitale, corps voisin de léther, avec lequel lame se transmet, dans la semence, du père h l'enfant. Le siège principal de la chaleur est l'organe central, c'est-à-dire chez les animaux pourvus de sang, le cœur... Formé des substances nutritives apportées par les veines..., le sang alimente et entretient le corps. »

elles comme les longueurs des bras au bout desquels ils pt^sent : un poids mouvra d'autant plus aisément qu'il sera plus loin du point d'appui. Et ce principe a une portée générale : « les propriétés de la balance sont ramenées à celles du cercle, les propriétés du levier à celles de la balance ; enfin la plupart des autres particularités offertes par les mouvements des mécaniques se ramènent aux propriétés du levier » : c'est dire que la méthode des vitesses virtuelles peut dériver de l'axiome aristotélicien.

« La composition des mouvements a longuement occupé Aristote. Avec beaucoup de précision, il énonce cette loi : « Si un mobile se meut à la fois de deux mouvements tels que les espaces parcourus en même temps soient dans un rapport invariable, le mobile se meut en ligne droite suivant la diagonale du parallélogramme qui a pour côtés deux lignes dont les longueurs sont dans ce rapport. » D'où il tire cette conclusion : « Lorsqu'un point parcourt la moitié inférieure d'une circonférence verticale, il est à la fois porté en bas selon sa nature et vers l'intérieur du cercle contre sa nature. » Il parvient ainsi à cette proposition : (( Il faut une moindre puissance pour mouvoir un poids avec une vitesse donnée lorsque le mouvement a lieu sur un grand cercle quelorsqu'il décrit une circonférence plus petite i)[Duhcm,pa.^sim].

Aristote est parvenu aussi à prouver la sphéricité de la terre [de Cselo, H, 24] ; il a même soulevé des problèmes qui ressortissent à la théorie de l'élasticité. Mais c'était un mathématicien médiocre : il n'a pas connu d'autre forme de fonction que la proportionnalité [Milhaud : Etudes sur la pensée scientifique chez les Grecs et chez les Modernes. Paris, 1906 . i[2.

L'homme se dislingue des autres animaux, parce que, chez lui, \d Pensée (J)ieu) s'unit à lame animale ; parce que, indépendamment de la sensation et des facultés qui en dérivent \ son intelligence connaît les premiers principes - et en imprègne son action. « La volonté est la combinaison de lintelligence et du désir. En tant que désir, elle pose des fins à réaliser; cii tant qu'intelligence, elle détermine les moyens qui correspondent à ces lins... A l'existence de la volonté est lié le libre arbitre..., ou faculté de se déterminer soi-même... La réalité du libre arbitre est prouvée par limputabilité morale, que supposent la législation, la louange et le blàmc, l'exhortation et la défense... » Ce libre arbitre permet à l'homme d'organiser sa vie, en vue d'atteindre sa fin et de réaliser son idée. L'homme tend naturellement au bien, c'est-à-dire à l'exercice normal de ses facultés propres : facultés intellectuelles qui aspirent à la contemplation et rapprochent le plus l'homme de Dieu ; facultés morales qui tendent à choisir en toutes choses le juste milieu. Le bonheur réside dans ces deux séries d habitudes qui sont les vertus. — La vie de famille et la vie politique perfectionnent la vie delhomme individuel. La femme est une personne

' Imagination »*t mémoire : plaisir et douleur, désir, passions.

- A côté du NoO; à-aO-f,;, éternel et tout en acte, (pii est Dieu, il y a un voj; TraUT.T'.xôî. intermédiaire entre le NoO.; en acte et lame animale : il dépend du corps et périt avec lui : il a pour objet les choses périssables. — Sur la psychologie et la morale d'Aristote, cf. le traité de l'âme, VElhique à Sicomrifjue q[ la Poli" tique.

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ibre, inférieure et subordonnée à son mari, mais qui \ son domaine propre et son rôle; l'enfant n'a aucun iroit vis-à-vis du père, dont il est une partie, mais le père a des devoirs envers lui ; lesclave est la légitime propriété du maître, celui-là n'étant propre qu'aux travaux corporels, celui-ci qu'aux fonctions intellec- Luelles. « L'État a pour mission de veiller à ce que les [citoyens possèdent, dabord les biens intérieurs ou la s'ertu, ensuite les biens extérieurs. Comme le souverain bien réside dans le loisir intellectuel, les professions utiles sont incompatibles avec le titre de citoyens : agriculteurs, commerçants, ouvriers ne peuvent être membres de la cité. L'État a, vis-à-vis des citoyens, le rôle d'éducateur. Il travaille à régler leurs actions. Le pire des États est celui qui laisse chacun vivre comme il lui plait. »

Une religion animiste \ — à laquelle se superpose une religion politique, — et que modifient encore des

* Sur la religion romaine jusqu'au temps des guerres puniques, cf. Chanlepiedela Saussaye : Manuel... oSS ; et les deux ouvrages fondamentaux de Marquardt [dans le Manuel des Antiquités romaines de Becker-Marquardt-Mommsen] et de Wissowa [dans le Manuel des Antiquités classiques d'Ivan Millier]. — Consulter encore le Roscher. le Pauly-Wissowa et le Daremberg-Saglio.

On sait que les Romains sont des Latins, et que les Latins comme les Ombriens et les Samnites appartiennent au groupe italique. — Les populations italiques doivent être distinguées des Grecs, e\. des Eh'usqaes iToscanei. des lapyges ei des Messupiens

influences helléniques : on peut, semble-l-il, définir ainsi la religion romaine, lorsqu'on en considère l'histoire au temps qui précède les pfuerres contre Pyrrhus et contre Carthage.

« A chaque état particulier, et à chaque moment d'un acte, préside un être divin spécial » : telle est la croyance des Romains. C'est dire que- le nombre de leurs dieux est immense. Ils les avaient tous notés sur des listes litaniques appelées indigitamenta; ces listes ont disparu ; on ne peut dire combien de noms s'y lisaient. Par bonheur quelques-uns sont connus. Douze dieu.x veillaient sur les divers moments de la moisson. « Bubona prenait soin des troupeaux de bœufs, Epona des chevaux, Pales des moutons; les pâtres adoraient Flora et Silvanus ; les jardiniers Puta et Pomona, les marchands Mercurius... Educa et Polina aj)prenaient à l enfanl à boire et à manger, Cuba le gardait au lit, Ossipago lui fortifiait les os, Carna la chair, Statanus lui enseignait à se tenir debout, Abeona et iVdeona à marcher, Fabulinus, Farinus et Locutius à parler. Le garçon étant devenu un peu plus âgé, Terduca le conduisait à l'école et Domiduca le ramenait à la maison ;... et ainsi de suite, à l'infini*. » \'A\ dehors de ces deux séries d'esprits, il en

(Calabrc ot .Apiilio). L(>s aulros religions italiques, les rpIi£?ions éUHis(|ii('. iai)yi,'i(MHi(' et messapionric sont inconnues aujourd'hui [Chantc|)ie, 589J.

* Pour plus de détails, cf. Julian. dans Daremberg-Saglio, II, 179, sq.

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