LES ANCIENS DIEUX ROMAINS
existait beaucoup d autres ; mais le nom de chacun n'indique pas toujours quelle fonction il remplit : ainsi Falacer ou Furrina. Il est pourtant quasi certain que le plus grand nombre étaient des dieux champêtres, dieux des arbres, des bois et des sources, dieux des troupeaux, des moissons et des vendanges : les premiers Romains, les Sabins et les Latins s'adonnaient uniquement à la vie pastorale et agricole ^. Le culte de
' Le caractère ctiampètre de cette religion se reflète clairement dans le vieux calendrier restitué par Mommsen [Rom. Gesch., I, 161]. « Quirinus avait sa fête le IT février. Venaient ensuite les fêtes du labour et de la vendange, puis quelques fêtes de pasteurs : en avril, sacrifice à Tellus (Forcidia) le 15. le 19 à Gérés [Cet'ialia). le 21 à Paies, la déesse des troupeaux [Parilia], le 25 à Robigus, la rouille, qui menaçait les jeunes pousses des moissons [Robirjalia). Au moment de lengrangement des récoltes, on fêtait Gonsus [Constmlia, 21 août) et Ops \Opiconsiva, 25 août) : en décembre, on rendait grâces aux mêmes divinités pour la protection des greniers (13..., 19...). Le 17 du même mois arrivaient les nouvelles semailles {Saturnalia). Pour le vin, en dehors de la fête d'avril..., on en célébrait encore deux autres : le 19 août [Vinalia) et une autre le 11 octobre {Meditrianalia..). A la fin de Tannée, les pasteurs célébraient Faunus.., et les laboureurs Terminus [Tenninalia, 23 février). La fête des bois, en l'honneur des sylvains, tombait en été {Lucaria,\9e[ 21 juillet), en automne celle des fontaines [Fonfinalia. 13 octobre...)... Les métiers et les arts étaient peu représentés dans la religion : ils Tétaient parVulcain... {Volcanalia du. ^3 août)... Bien i)lus importantes étaient les fêtes de la famille : les Veslalia. Mafralia (11 juin), Liberalia{{è\e de la bénédiction de Tenfant, 17 mars...) » [Chantepie, 614-615]. Cf. Wissova. p. 18. —Ce calendrier est certainement antérieur au temps des Tarquins,
Parmi les anciens dieux, on discerne des couples : Consus et Ops, Janus et Vesta, Jovis et Jovino (Junon), Faunus et Fauna, Mars et Nerio, Neptune et Salacia, Yulcain et Maïa. A la longue, Tun des conjoints absorbe l'autre [noter qu'ils ne sont pas mari et femme : ils n ont pas d'enfants]. Parfois, on discerne autour des dieux une cour de famuli divi, qu'on appelle aussi anculi ou an-
certains animaux^ et le culte du feusc rattachent à cette religion agreste : le loup est l'ennemi des troupeaux, il faut détourner sa colère; le feu, qui permet de préparer les aliments, est le dieu bienfaiteur qui lavorise la vie. La divination a pour objet de faire connaître à l'homme les désirs de tous ces êtres, favorables ou dangereux ; le sacrifice, de détourner Jeur colère ou d'affermir leur bienveillance-. On immole les victimes,
cw/a?; tels les Viriles de Qiiirinus. les Moles de Mars, les Cainentede Carmenta, les Corniscie de Jiinoii. — Il est curieux de noter que les grandes forces naturelles, soleil, terre, eau... ne se retrouvent pas dans ce panthéon : le Romain, pratique, conçoit toutes choses, et les dieux comme le reste, par rapport à la vie de chaque jour. Noter encore que tous ces dieux-fonctions ne sont |)as aussi anciens les uns que les autres : on a continué d'en fabriquer à l'époque classique; on détache parfois un des noms d'un même dieu pour en faire un dieu à part | Porlunus se détache ainsi de Janus, Liber et Terminus de Jupiter. Quirinus de Mars] [cf. aussi les noms divins de forme adjectivale, tels que Volcanus|. [Wissowa : op. laad., 15-28]. Ces dieux n"ont pas forme humaine, pas de temple.
* On peut aussi, évidemment, faire intervenir ici la Ihéorie lotémiste.
- Sur les plus anciennes formes de culte, cf. Wissova, 28-33. Les boucliers et les lances des prêtres de Mars ne sont pas des symboles, mais des ornements sacerdotaux dont ils se parent pour accomplir la liturgie. Les dieux sont adorés dans les bois [Furrina], ou sur des autels [Mars], ou dans des enceintes sacrées [Carmenta. Garna] : quelques-uns n"ont aucune espèce de sanctuaire. Seule Vesla |)Osséde un sanctuaire couvert d'un toil, afin que le foyer de l'état soit préservé. — Le rituel est com|)liqué : les fétiaux doivent tuer la victime sans employer le fer. Les offrandes non sanglantes sont fréquentes [gâteaux sacrés ; slrues, serlian. fordœ ffoves ; lait, haricols| : elles visent à nourrir les dieux. On sacrifie en général, outri' le cheval, le porc, le mouton et le bœuf. i)arfois l'homme ; on sacrifie j)arfois ensemble un porc, un mouton, un taureau. Le sacrifice s'accomi)agne de danses