‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 69 sur 113 · ABRAHAM · texte numérisé non relu

ABRAHAM

ginaire de Ghaklée. L'ébranlement provoqué dans

hausen lui-même [Composition des llexaLeuch, 346], ce serait folie de lui préférer une autre possibilité » ; or le cadre où la Genèse situe Ihistoire des patriarches apparaît de mieux en mieux comme très vraisemblable. Cornill et KOnig admettent leur historicité ; Dillmann, Sayce y inclinent : et Driver écrit [op. lauci., p. Lviii] que « les patriarches sont der. personnes historiques et que les récits que nous avons deux sont vrais historiquement dans les grandes lignes {in oïdline), mais que leurs caractères ont été idéalisés ; et leurs biographies assez souvent nuancées par les sentiments et les conceptions des âges suivants. » [Revue Biblique, 1904, 460, 630). J'ajoute que Tinfluence de la théologie astralt? babylonienne sur nos récits de l'histoire patriarcale parait à beaucoup extrêmement problématique. Mais il est évidemment très fâcheux que nos textes paraissent être si fort postérieurs à Abraham.

La réalité historique d'Abraham, de Jacob, de Joseph semblant désormais hors de doute — les noms de Abiramu, laqub-ilu, Icisup-ilu, Isma-ilu sont attestés au temps de Ilammourabi. — on entrevoit comment s'est déformé et amplifié leur souvenir. En même temps que l'oubli, diverses causes le transformaient : on visait à expliquer des faits actuels dont l'origine était inconnue [division d'Israël en 12 tribus: la circoncision]; on interprétait létymologie des noms [Isaac ^ rire, Esaû = roux, Agar =: fuite, lsraël = qui lutte contre Dieu ; cf. Béthel >28, 17-19: 35. 7i. etc.]: on interrogeait les traditions locales agglomérées autour des tombeaux [tombeaux d'Abraham et Sara et Jacob à Macpéla, « vis-à-vis de Mambré qui est Hébron » ; tombeau de Rachel à Ephrata] ou conservées dans les familles et les tribus : on les modelait sur un thème antique [beauté, mais stérilité d'une femme] [cf. Sara et Rébecca].

11 faut reconstruire la religion d'Abraham en partant, non point de la reUgion des peuples prétendus primitifs, mais de la religion des Sémites en général et des Babyloniens et des Cananéens en ])articulier. [L'histoire de Sara et d'Agar est tout à fait conforme à ce que nous savons du droit de Ilammourabi. Cf. Revue l',ibliqae,V.m, 301 : et le Code de 11.].

Sur l'époque oii furent rédigées ces traditions, cf. infra. p. 186. n. Les partisans de la théorie documentaire [cf. infra, p. 187-188] attribuent à J les chapitres 18.49, 24, 38.39, 44 en entier; à £, 20, 37,40,41,42. 4.0 i-n entier: à /'. 1.17. 2:î et :itj en l'iitiiT. h- chapi-

toute lAsie antérieure par riiivasion élamite ^ ne s'était pas apaisé encore ; appuyé sur les Arabes, Ilamniourabi travaillait à refouler les Klamites chez eux et à restaurer la puissance et la gloire de Babylone, lorsque, après beaucoup d'autres, une bande de Cananéens se mit en marclie. Abraliam, son chef, était lixé à Ur\ on ne sait dej)uis quel temps : il crut que Dieu l'appelait, et, sans hésiter, il répondit à son appel, traversa lAram et s'établit au pays de Canaan, près de Sichem et de Kiriath-Arba (llébron). Son peuple, à deminomade, rayonna tout autour, poussant ses courses vagabondes tantôt jusqu'en Mésopotamie '* et tantôt jusqu'en Egypte" : pasteurs pillards, ils étaient opportunément campés sur la route qui reliait l'un à l'autre les deux plus riches pays du monde. Ils furent

tre 14 dérive triuie source inconnue : les autres sont une combinaison de./et de £J relouchéepar /'aupoint de vue chronologique. ' En 2285. Cf. supra, p. 19-20. Il faut sans doute reconnaître llammourabi dans rAmraj)hel de Geîi., 14, '.).

* Vers 2050. On sait que les Cananéens sont un des quatre peuples sémitiques, et qu'ils ont quitté j)our la Syrie les |)ays du golfe Persique au milieu et à la fin du troisième millénaire.

•' On identitie généralement Ur avec la moderne Mughéir. Cf. là-dessus larticle Ur dans le dictionnaire de llaslings. — On a trouvé à Mughéir les ruines d'un temple de 8in,la lune. Une tradition qui semble toute récente [S. Ephrem. Opéra Syr., I, 140-1571 assure qu'Abraham brida un temple des idoles, et. pour cette raison, fut chassé. — Le souvenir d".\braham fut éclipsé par celui de Moïse : il est ra|)pelé cej)endant par Isaïe, 41, 8 ; Josué, 24. 2-3; etc..

* Cf. l'histoire de Jacob et de Laban. (",€7u\se, 29-31.

'• Cf. l'histoire d'Abraham et de .Joseph, l'.cni'se, 12, 10-1.*} et 37-50.

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