‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 73 sur 113 · L ŒUVRE DE MOÏSE · texte numérisé non relu

L ŒUVRE DE MOÏSE

importance : il donne à Israël son existence nationale et sa relio-ion iahvéiste^

ouvrages : la Mischna [6 livres. 63 traités, 523 chapitres], qui re{3roduit des commentaires rabbiniques parfois antérieurs à Jésus : on en rapporte la codification à Juda de Tibériade [ii« siècle]: la Guemara de Babylone composée à Tibériade vers 400, et la courte Guemara de Jérusalem rédigée vers oOO à Soura. Ces trois livres, écrits en hébreu fortement teinté d'araméen. mêlent à des préceptes religieux et moraux [la halacha] des narrations et des anecdotes [la haggadaj. — On appelle Massore les travaux des rabbins [des v^-vm* siècles de notre ère] qui visent à fixer définitivement le texte de l'Ancien Testament et à en éclairer le sens [le verbe araméen mesar signifie transmettre] : ces rabbins sont les Massorètes de Palestine et de Babylonie. C'est à eux que l'on doit par exemple le système des points-voyelles [comme les langues sémitiques, Ihébreu n'écrit que les consonnes], et le comput des lettres, des mots ou des versets de l'Ancien Testament [ils y comptaient 23 20G versets. 813 280 lettres, etc...].

Consulter l'édition hébraïque de Delitzsch. de ilaupt. 1893, et de Kittel, 1906 : l'édition grecque (en cours) de Brooke et Mac Lean: l'édition des Septante de B. Ssvete [Cambridge, 1895-1898, 3 vol.,2«éd.]. la Vulgate,la traduction française de Crampon, 1904.

* Sur l'histoire d'Israël en général, cf. H. Graetz. Geschichle cler Juden, 11 vol., 1861 [trad. fr. abrégée en 5 volumes par NYogue et Bloch, 1882-1887] : Stade. Gesclnchle des Volkes Israël, 2 vol., 1887-88: Klostermann. Gesclnchle des V. /., 1896: Piepenbring. Histoire du peuple d'israi-l. 1898 : Loisy. Ernest Renan historien d'Israël [Revue Anglo-Romaine, 1896] : Schoppfer. trad. fr. Pelt- Histoire de l'ancien Testament, 4-= éd. . 1004 : Guthe. Geschichte des V. /., 2« éd., 1904: Wellhausen. Prolegomena zur Geschichte Israëls. o" éd., 1899 : Israelitische und jikiische Geschichte, 4«éd., 1901 : Winckler. Geschichte Israëls in Einzeldarstellunçien. Leipzig. I, 1895: II. 1900: Bnhl, trad. fr. par B. de Cintré. La Société Israélite d'après l'A. T. Paris, 1903.

Bertholet. Die Stelluno der Israelilischen und der Juden zu den. Fremden, Freiburg, 1896.

Sur l'histoire littéraire des Juifs en général, cf. Driver. An introduction to the litteratur3 oftfie Old Testament. Edinburgh. 1897: nouv. éd., 1902: X'igouroux, Manuel Biblique. 1906, 12«édition : Cornill. Einleitunrj in die Kan. Buc/œr des Alten Testaments,

jS4 I-A RELir.lON JriVK

Voici cnvimn (juatro conls ans qiilsrarl est on K|u:yj)le. Mais, depuis .loscj)h, les temps ont hicii eliangé ! Après deux siècles de lutte, les l'Lryptiens ont chassé les conquérants sémites, Ahmosis a enlevé Avaris, \our dernière place forte, et refoulé en Syrie leurs dernières bandes. Depuis lors, Israël nest plus un allié; c'est un suspect, ])res([ue un enncMiii. (( ]a\

li" ('•(!., Tiil)iiijîon, 190'j : KiPiiiu:. Kinleiluin/ in dus A. T., Hctnii. 1893: Wildelxpr. IHe Literatur des A. 7'.' GottingcMi, 1S94 : IJitiidissin. Junleilunrj in die Bii cher des A. T. Lcip/ig. l'.)01 : Gaiidcr. Introduction à l'Ancien Testament. LaiisaFinc, 2 vol., 19UG: Gigot, (ieneral Introduction lo the study of Ihe Scriplnres ; Spécial Introduction lo... Ihe Ohl Testament. Now-York, l'.»o:^ l'.iOG. Cf. Ko^iiig. IHstorifc/i-kristische Lelirçiebirude dei /lefiniisc/ien Sprac/ie,'\ (1881); M (189Ô) : III (1897). "

Sur l'histoire doctrinale dos Juifs en général, ef. Kaut/sch. lieliffion of Israël \l)ict. Bible, llastings, V, 61:2]: Biidde. Relif/ion des y. /, dUOO: Marti, (iescliichle der Israelilischen lieliffion, k" éti.: G. Rolhstein : IJnterricht im A. T. Hiilf.s-und Quellenlnicli. Malle, 4907, 2 vol.; Stade. liihlische Théologie des A. T. Tid)ingen, V.tO.i : HobiM'tson. Die Relifjion Israels nach der liibel, trad. allcni.. 190r): Valeton. {La Relif/ion des) Israélites \Manuel de Chanti^pie, 1!»0i| : Smend. Lehrhuch deralteslam. Relifjiojisf/esc/iic/ite,2°C'(\. : Scliiilt/. Allles/amentlic/ie T/ieoloffie, 5« éd., 18'.)(i : Dillmann. llandbiicli der alttc»lamentlichen Theolof/ir, 1805 : Krael/.ehniar. IHe Rundesvorstellunf/ iniA. T. Marbiirg. 18*.M» : Davidson. T/ie t/ieulo;/i/ oftlie Old T.Edimhurgh. 1904.

Collections de commentaires bibliques : Marti. Kurzer lland- Kommentar zum Altem Testament. Tubingen, 1897: Nowack. Iliind-Komnientar zum A. T. Giitlingen, 189:2; Sfrack et Zoeckler. Kurzfief'asster kommentar zn den fieilif/en Scbrl/ten A. und .\. T..., Munchen, 1894: Driver, IMunimer cl Briggs. T/ie international crifical Commentary on the Ilobj Script ures of the Old and New. T. : llaupt. Sacred Hoohs of the Old T.: les Jésuites publient ù Paris un Cursus Scriplurse Sacrœ : le P. I^agrange dirige à Paris iiiu^ (•(tllcclinn i\ Etudes HibUrjucs, Lecctffre ; une auli-e est annoncé.' jiar- la librairie Bloud, à l*aris égalenicnl.

Hevues : Revue Ribli(]ue, 189i: Rerue des Eludes Juives, 1880 : Revue Sémilique. 1893: Zfl fiir die alllesl. Wissenschaft. ISSl.

I>RAEL EN EGYPTE 185

réorganisation des cités détruites pendant les guerres de la délivrance fa) restreint l'étendue du territoire sur lequel (il) peut paître ses troupeaux. Ramsès II (le) (traite) en (serf) du fisc... (institue) des prévôts de corvées afin de dompter le peuple en le surchargeant, et le peuple bâtit des arsenaux à Pharaon, savoir Pithom et Piamsès. Mais plus on ropprim(ei, plus il se multipliie), et il se propag(e) en toute abondance ; c'est pourquoi on avait peur des enfants d'Israël. Les malheureux n'attend(c)nt quune occasion pour se dérober à la cruauté de leurs persécuteurs ^ »

Un jour, le Pharaon ordonne de tueries enfants mâles qui viendront à naître parmi ses captifs. Une femme de la tribu de Lévi ose désobéir ; mais prise de peur, elle abandonne son fils sur le Nil dans un berceau d'osier, à l'endroit oi^i a coutume de se baigner la fille du souverain. La princesse sauve l'enfant, l'adopte, l'appelle Mo'ise, le sauve des eaux, et l'instruit dans toute la science de l'Egypte. A quarante ans, Moïse tue un contre-maître indigène qui brutalise un Hébreu ; il se <auve chez les Madianites dont le prêtre Jéthro lui donne en mariage une de ses filles; après quarante années d'exil. Dieu lui apparaît dans un buisson ardent et lui ordonne d'aller délivrer son peuple. Moïse et son frère Ahron viennent donc à la cour du roi ; ils obtiennent l'autorisation de sacrifier au désert d'Arabie après avoir déchaîné dix fléaux sur la vallée « et

* Maspéro : Histoire. H. 4i2.— iEj:ode 1. 1-12.^

186 LA RELir.IOX JUIVE

Trappe les j)romiers nos de la nation. Les émigrants part(e)ntdeRamsès, poursuivis par un corps de troupes ; la mer Rouge s'ouvre pour les laisser passer h pied sec, puis se refermant, elle engloutit les Égyptiens sans qu'un seul d'entre eux surnage. Alors Moïse et les siens entonn(e)nt ce cantique à lahvé et dis(e)nt : « Ma force et mon chant, c'est lahvé, — et il a été mon^sauveur^.. «

* MasptTO, II. 443. Sur Moïse on fi^ônôral, cf. Mas|)éro : llisfoire, II, 440 et les ouvrages ^énôrau-x indiciuôs plus haut, elles articles des encyclopédies Hastin.2:s, Gheyne. Vigouroux. Vaiant. llauck. — Cf. Ciarpenter et Hartford-Batiersby : The Ilexaleuch. London, l'JUO ; Wellhausen : Die Composilion des II.: Ilol/inger : Einleilunff in deu lle.raleuc/i. Friburg. 1893: Westphal : Les sources du Pentaleuqiie. Paris. 1880-1892: Lagrange: Les sources du l'en/aleu(jue [Revue Biblique, 1898, 14 1 : de llugel : La méthode historique en son application à l'élude des documents de illexateuque. Fribourg en Suisse 1898: Loisy : Opinions catholiques sur Voriçiine du Pentaleuque. [Revue du Clergé français, 15 fcvricr 18991 : Kiev: UieVentateuchfraçie. Munster, 1903; Mangenot : L'authenticité mosaïque du Pentateuque. 1907 ; SteucM'nagfl .1//- (jemeineEinleitunçi in den lle.vateuch [Ilandkom. de NowackJ.

Sur r£'./w/»',cf. les commentaires et les travaux de Ryssel, 1897, Baenisch 1900, Ilolzinger 1900.

Sur le Lévitique, cf. Hysscl 1897, Beriholet 1901, Driver et Wliite. Baenisch 1900.

Sur les Nombres, cf. Strack, Baenisch, Ilolzinger, Gray, 1903 : Paterson. 1900.

Sur le Deutéronome, cf. Otltli, Sleuernagel. Beriholet 1899, Driver, lluinmelauer 1901.

L'origine littéraire de la Genèse, de VE.rode, du Lévitique, des Sombres, du Deutéronome, (et de Josué) provoque d'ardentes controverses. On h'S résumera ici en quelques mots.

La (|uasi-unanimité dessavantsnoncatholi(iues jugequelllexateufiueest né après Moïse et dérive de la combinaison de quatre livres : Vhisloire lahviste (S), l'Histoire Elohisle (F), le Deuléronome (D), le Code Sacerdotal [V*). L'origine postmosaïque des textes

* Prieslercodex.

LE rENTATEUQUE 187

L'Egypte, attaquée par les peuples de la mer et boule-

est prouvée parce que Amos etllosée, Isaïe, Michée, Nahum ne citent jamais cette Loi dont ils sont les défenseurs; et parce que les diverses lois contenues dans le Pentateuque se contredisent et témoignent d'un développement législatif très apparent. Voici deux exemples du fait :

JE

£'j?. 22.. -îl.Vuus serez pour moi des lionimes saints. Vous ne nianeerez point de chair déchirée dans les champs ; vous la jetterez aux chiens.

Drul..±i.2i. Vous ne mangerez d'aucune hèle morte ; tu Ii donneras à l'étranger qui est dans tes portes afin qu'il la mange, ou lu la vendras à un étranger ; car tu es un peuple saint pour lEteniel ton Dieu.

Ler..n, 15-10. Toute personne, indigène ou étrangère, qui mangera d'une bêle morte ou déchirée, lavera ses vêtements et se lavera dans l'eau ; et elle sera impure jusqu'au soir ; puis elle sera pure. Si elle ne lave pas ses vêlements et ne lave pas son corps, elle portera la peine de sa faute [Gautier, I, lÛTj.

L'unité de sanctuaire est tantôt inconnue [Exode, 20. 24], tantôt \iTèc\\çç'^Deiit. passim\ tantôt supposée [Lévifique passim].

Il est très intéressant de noter que, à mesure que les documents paraissent, on constate de curieuses affinités entre eux et les écrits prophétiques qui sont précisément datés : cf. Dentéronome et Jérémie. Loi de Sainteté et Ezéchiel.

La pluralité des documents est dénoncée par les doubles récits [alliance entre Dieu et Abraham : JE. Gen., 15: P. Gen., 17: — aventures de Sara : .1. Gen.. 12. 6-20 : E. Gen., 20, 1-17 : — Agar : J. Gen.. 16. 4-14 : E. Gen. 21. lS-21 : — Abimélech : E. Gen., 21. 22-32: .1. Gen., 26. 26-33 : — vocation de Moïse : JE. Exod., 3, 2-14 ; P. Exod., 6. 2-13: etc...' et par des différences de vocabulaire très nettes.

Le document laliviste. J, est le plus souvent daté du ix^ siècle ^vers 8u0i : c'est une histoire de Ihumanité primitive, des patriarches et de Moïse : peut-être même dépassait-elle le temps de ce dernier. Elle reflète la doctrine des Prophètes. L'auteur inconnu expose d'une façon dramatique, merveilleusement vivante, les péripéties de l'histoire sacrée : par des interventions continues, Dieu s'oppose aux i)rogrès du mal. Cet anonyme écrivait peut-être dans le royaume de Juda. Il utilisait des sources écrites [le chant de Lamech : Gen., 4. 23-24; la bénèdic-

188 LA REUfilON JUIVE

versée par les révoltes des seigneurs, ne Lente, en

tion de Jacob: Gen., 49: le |)elit livre de l'allianee. E.rode, 34. \\-m\ [type de .1. Exode, 5: Genhe. 3 et 4].

Le document Elohistte, K, est rapporté en général au vni» siècle, parfois même au ix" [Dillmann] ou au x» siècle [Schrader: Driver (?)1. L'auteur reflète curieusement l'enseignement des Proj)hètes : mais il ne ra|)pelle en rien la manière si vivante du lahviste. Il écrit dans le royaume d'Israël. Il ouvre son récit par l'histoire des i)atriarches. Il utilise des sources écrites [le livre des guerres de lahvé : Xum. 21, 14-lo; le livre du juste : Josuc, 10, 12-13: la défaite d'Abimélech : E.rode, 17, 14: le Décalugue : E.rode, 20, 1-17: le Livre de l'Alliance : E.rode, 20. ±2—23, '^'M. [type de li : Exode 18. 21-23 1.

Le DeiUéronome, 1), est le livre dôi-ouvert en (121 ou (519, sous Josias, et rédigé peut-être en ce moment même [du moins Deul. 12-26], peut-être auparavant, au temps dEzéchias ou de Manassé : il offre des points de contact très particuliers avec le.s écrits de Jérémie. (^l'est un code i)oi)ulaire, rpii vise ci établir l'unité de sanctuaire et prêche avec élocpience laniour de la ])ureté, de la justice et de la charité.

Le Code Sacerdotal, P, |)résente des points de contact très particuliers avec Ezéchiel, auquel il est sans doute postérieur : il date du milieu du vi° siècle. Il comprend la « loi de Sainteté » [J.évit. 17 26], qui en est le centre. C'est un code ecclésiastique sous l'apparence d'une histoire d'Israël : l'auteur veut établir « une église juridiquement organisée... ; il s'adresse à l'Israélite dont l'existence entière, les paroles et h^s actes doivent être réglés en vue du culte et de la i)ureté, même extérieure ». 11 veut montrer que l'organisation de 1 Lglise d'Israël est la fin de la création : l'histoire du monde est pai'tagée en générations (loledot/n, celle du ciel et de la terre, celle d'Adam, celle de Noë. celle d'Abraham, etc. La première est distribuée en sept jour.'^. montre (pie l'homme est le roi de la création, que le sabbat doit être un jour de repos et de i)rière : au milieu du chaos humide [Tehom, Tiamat] et de l'obscurité. Dieu crée la lumière, puis le ciel, puis la terre, puis les astres, puis les animaux, |)uis l'homme « à son image.... pour qu'il domine ». [<ienè.se. 1. 20]. [.Mangenot, 138-13131 [type de V : Genèse 1 ; Lévitique 1-27. |

On a réuni J à E au cours du vu» siècle, Jl-: à 1) au débul du VI" siècle, JED à 1* au cours du v« siècle : et c'est le Pcntaleuque actuel (jui a été promulgué par Esdras.

V\\ groupe inq)orlanl de savants catholiques — d(»nl on peut

LE PENTATEUùUE 189

effet, aucun effort pour reprendre ses anciens esclaves.

voir l'organe dans la Revue Biblique — admet l'hypothèse documentaire, qu'on vient d'exposer, avec trois modifications graves : \. J est postérieur à E: « l'antériorité de l'Eloliiste est une des bases les plus solides de la critique documentaire et historique » [Lagrange : R. B, 1899. viii, 626] : 2. Le Décalogue et le Code de V Alliance sont attribués à Moïse lui-même [Lagrange : La Mélhode liislorique 117] : 3. il y a dans le Pentateuque des éléments antérieurs à Moïse.

Un autre groupe de savants catholiques reconnaît que nos recensions actuelles ne remontent pas à Moïse: mais il entend « donner à Moïse le rôle effectif principal » [Mangenot, 312] dans la rédaction du Pentateuque. Ces savants datent du temps de Moïse ou de Josué un écrit fondamental, plus étendu que le Décalofjue et le Code de V Alliance, qui puiserait à des sources antérieures, et îiurait été rédigé par divers écrivains sous les yeux de Moïse ou de Josué. Nos recensions seraient, quant à la substance, "identiques à cet écrit fondamental : elles en différeraient, quant à la forme, par des compléments, des remaniements, des altérations. C'est peut-être le document Elohiste qui est considéré comme l'écrit fondamental.

L'un de ces savants, par exemple [J.-B. de Glatigny : Les commencements du canon de l'ancien Testament. Rome. 1906], pense que Moïse a écrit : 1. Le Livre de l'Alliance du Sinaï; nous n'en avons que des fragments {Exode, 12, 1-31. 18: Levitique, passim]; 2. Le Livre de la Nouvelle Alliance du Moab : nous n'en avons que des fragments [Deutéronotne. 5-26: Nombres 27-30; 15. 18, 19...]: 3. Un journal historique. Quant aux versions actuelles du Pentateuque, elles datent de l'exil [vi" siècle].

Us s'appuient tous, principalement, sur les textes du Pentateuque qui attestent l'activité littéraire de Moïse: 1. Exode, 17, 14 [E]: « L'Eternel dit à Moïse : Ecris cela comme mémorial dans le livre w : — 2. Ex. 24. 4 [E] : « Moïse écrivit toutes les paroles de l'Eternel » (Gode de l'Alliance) ; — 3. Ex., 34. 27-28 [J] : « L'Eternel dit à Moïse : Écris ces paroles, car c'est sur la base de ces paroles que j'ai traité alliance avec toi et avec Israël. Ei il fut là avec l'Éternel 40 jours et 40 nuits : il ne mangea pas de pain et il ne but jjas d'eau ; et il écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles (petit Code de l'Alliance) ; — 4. Nombres, 33, 2 ]P]. « Moïse écrivit leurs marches de station en station d'après l'ordre de l'Lternel (stations d'Israël dans sa marche à travers le désert; ; — o. Deutéronome, 31, 9 « Moïse

Us sacheminenl tranquillement vers le désert ^ et camj)ent longtemps au pied de la lière montagne qui, seule dans la plaine immense étendue entre les massifs de 1 Arménie et les plateaux de IKtliiopie, dresse ses

écrivit celte loi » ; il ordonne de la lire au peuple luus les sept ans, 10-13; ayant achevé d'écrire « les paroles de cette loi dans un livre ». il le fait déposer j)ar les lévites à côté de Tarclie dailiance, 24-20; le Deuléronumc se donne « comme une léi^'i^lati(in spéciale faite par Moïse au pays de Moab. 4, 1-8; 44-4'J ; 5: 12. Le roi, au début de son règne, devait recevoir « un exemplaire de cette loi-ci ». 17. 18-19... [Mangenot. 211-21;2| » Cf. encore 31. li>: 27. 1-8: 28. 58-61. « Tous ces textes conviennent... au Deutéronome dans un état qui englobait non seulement les discours parénétitpies, 5-11. et le code de loi 12-26, mais encore l'introduction histoi'icpie 4. 1-40 et la péroraison 27-30. Les témoignages du c. 31 et du c. 32, 40-47 laflirment expressément » [Mangenot. 212 ; Vigouroux : Manuel hiblufiie, 1. 315 ; Hoberg : Mo.ses und der Penialeuch. 40] : —6. DeuL., 31. 19. Dieu donne l'ordre à Moïse de composer un cantique, (jui est soit 32, l-i3 (D), soit 33 (E).

Ils s'aj)j)uicnt encore sur la tradition d'Israël et de l'Église affirmant in fjloho la mosaïcité du l'entateuque. — Ils font valoir enfin que l'auteur du Pentateuque était très au courant des choses d'Egypte et ne connaissait pas rétablissement d'Israël en Canaan ; et que sa langue a une saveur antique.

' Cf. stipra^ p. 22-23. — L'exode semble dater du régne de Minéj)htah [xixedynastie, vers 1250 1 qui vainquit à IMrioules peuples de la mer. Une stèle découverte par Pétrie en 1890 sur l'emplacement de r.\meno|)hium de Thèbes chante le triomphe du Pharaon : <( iS'ul ne hausse la tête parmi les Nomades depuis (jue les Libyens sont écrasés : Khàti est en paix, Canaan est prisonnier en tout ce qu'il a de mauvais... Israilou est rasé et na plus de f/mine. » [Masjjéro, II, 430 : Revue Biblique, 1899, 267; 1900, 578; Spiegelbcrg ; />e/' Aufenthalt Israels in ^Kf/i/pten... 2« éd. Strasbourg. 1904|. Les ruines de Pilhom [E.iode,!. 11 | ont été découvertes par Naville. Je rappelle que la Palestine était province égyptienne au temps de la xviir' dynastie: et (pie, au temps de la xix*. elle ne subissait plus qu'indirectement linfluencc j)olilique des Pharaon.s.

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