VICTOIRE D ISRAËL
Ainsi périssent tous tes ennemis, ô lahvé î Et que ceux qui laimcnt soient comme le soleil, quand il
[se levé en héros î
Le poète a vu revenir l'armée victorieuse : et il lance à chacun la louange et le blâme K Avec quelle force dramatique ne sait-il pas évoquer ce qu'il a vu et ce qu'il imagine ! Là., la pompe des nobles vainqueurs ; ici, l'attente de la mère de Sisara et les raisons dont elle endort son angoisse ;ici encore, lamort du chel'ennemi: autant de tableaux en raccourci dont la précision égale la vigueur. Et voici qui nous intéresse : ce peintre audacieux est un patriote et un croyant.
Ainsi périssent tous tes ennemis, ô lahvé ! Et que ceux qui raiment soient comme le soleil, quand il
[se lève en héros î
Il gémit de Tinsécurité des chemins, de l'oppression de lennemi, de la lâcheté du peuple ; et il attend le salut de Lahvé, le Dieu de 1 orage qui jadis grondait au Sinaï, le Dieu de justice qui jamais n'abandonne ses enfants, le Dieu disraèi qui aujourd'hui lui envoie « une mère » dans ses malheurs. Les traits de la tradition mosaïque se retrouvent tous trois dans le cantique du triomphe; mais comme ils sont inégalement
' « Quand les Soukhour furent repoussés de Màdabà par les 'Azezàt, il y a quelques années, la bataille était à peine terminée que les femmes avaient com|)Osé des odes en l'honneur des braves et pour rendre infâmes les perfides et les traîtres » [Lagrange. 10>> (1904)]. — Noter l'abstention de Rubcn et de Méroz.
2i2 I^A RELir.ION JUIVE
marqués! L idée morale salténue ; l'idée du maître de la nature se maintient très puissante; l'idée nationale et guerrière s'exaspère ^ Durant les deux siècles que dure l'établissement en Canaan, chez ceux même qui la défendent, la tradition d'Israël s'est altérée : plus fortement que jamais, Israël confisque et s'approprie dans la guerre, El, le Dieu Unique qu'a rejeté la Chaldée, adoré Abraliam. sauvé et préclié Moïse -.
* C'est alors que se répand le nom lahvé Zl-baôth (pluriel (1<> zâba, armée), lahvé (Dieu) des armées. Certains voient dans ces armées les troupes d'esprits célestes qui habitent dans leastres: il est vraisemblable qu'on y peut voir aussi les années Israélites à la tête desquelles combattait lahvé [cf. le livre des quevres de lahvc, et l,Rois, 22, l'J|. Et peut-être les deux sens se sont-ils associés: et peut-être le sens années célestes est-il primitif [cf. dans les Septante TavToy.paTtop] : par cette souveraineté, iahvé manifestait sa transcendance et sa toute-puissance.
• Le Livre de Ruth place au lemi)S des Juges l'histoire quil conte : une famille de Bethléem est chassée en Moab par la famine ; à la mort du père, Noémi sa femme rentre au jiays avec ses deux brus, cpii sont veuves : l'une d'elles, Ruth, est éj)ousée par son parent Booz conformément à la loi du lcviral[une veuve doit être épousée, si elle n'a pas d'enfants, par le frère, puis i)ar le parent de son mari]: la Muabite Ruth devient ainsi une aïeul, de David. — On admet en général que le texte date du tem|)s (h l'exil [vi« s.J: mais il i)eut être postérieur et combattre indirecir ment les lois d'Esdras et Kéhémie contre les mariages étranger.-. Le rapport du texte avec 1, Samuel, 22. 3-4, n'est i)as encore éclairci [David contic ses pan-nls ji l.i giirde du roi de Moab].