‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 80 sur 113 · L OBEISSANCE A DIEU · texte numérisé non relu

L OBEISSANCE A DIEU

d'autres, à sa suite, abandonnent la tradition de Moïse. Parmi ceux même qui veulent y rester ildèles, quelle dégradation de la foi primitive! « Il est certain... que des pratiques immorales s'exercèrent autour du Temple

Napishtim. Adapa, Hercule...) — Quelle est rorigine de la double idée qui caractérise la Genèse? La nature de la primitive divinité d'Adam pénétré de l'esprit de Dieu [2, 7] et nourrissant de l'arbre de vie son immortalité semble le distinguer à la fois de l'homme-dieu-incarné et de l'homme-dieu magique tirant a son pouvoir extraordinaire d'une certaine sympathie physique avec la nature » que connaissent les sauvages [Frazer. Le Rameau d'Or, trad. fr., I. 85]. L'idée de la solidarité des hommes en Adam est sans doute en rapport, soit avec les faits d'hérédité morbide toujours facilement constatables, soit avec la solidarité familiale des divers membres d'une tribu qui inspire le droit criminel primitif et qui est attestée chez les Juifs [la geulla est un rachat imposé à des parents dans certains cas prévus. Buhl. de Ciniré. La Société israélite, p. 96]. soit avec la solidarité nationale des diverses générations que manifeste l'histoire. Il faut, pour le bien comprendre, rapprocher d'Adam, représentant de l'humanité, Abraham, représentant d'Israël : comme la chute de celui-là a entraîné pour tous ses enfants la mort, la fidélité de celui-ci a procuré à ses descendants la possession de Canaan Voir le Deuféronorne, notamment, 29, 13-14 *].

Deux points restent très obscurs. Quel est exactement le rapport qu'établit l'auteur sacré entre la pudeur 'nettement visée, 3, 7], la connaissance du bien et du mal [2, 9, 17: 3, 5-2:2], l'intelligence [3, 6]-? Qu'est-ce que vient faire ici le serpent: que signifie cette inimitié qui l'oppose à la femme ? Distinguer à cet égard le problème littéraire de la question doctrinale. Avons-nous ici une dérivation du serpent Apopi [voir supra, p. 42], ou un écho de vieille croyances qui expliquent par une morsure du serpent l'indisposition mensuelle delà femme, ou une incarnation de Satan, — lequel n'apparaît que beaucoup plus tard dans la Bible ?

La doctrine de la Genèse était appelée à un magnifique avenir, on le verra. Il est très curieux de noter qu'elle passa d'abord inaperçue : on n'y voyait qu'une explication de la mort individuelle. Les plus anciens textes qui la citent semblent être

' V.jir aii-~i y'j>ii/jt;,s 3, +3-V> l'idée juive de subs'ilulion .

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i\c JOi'usalc-di •(•(»inmr auloui' du sainliniiri' de lîrllicl, à linslar des t('m])les phéniciens cl assyriens. » 11 est inèm(^])ermis de se demander si l'œuvre d'organisalion nationale accomplie j»ai' les llois, |)arce (pielle achève la fusion des I.sraéhtes et des (lananéens, ne favorise ])as plus (pfelle ne la contrarie la détérioration (ki lahvéisnie mosaïque.

Si lahvé ne veut pas ])érir. il faut donc (pi'il suscite, à côté des rois nationaux, drs émidcs (\o Moïse ; il faut

1. Uosée, 6, 7 (comme Adam illiomiiuM, ils oui U-ansi^ivssé mon alliance. Cf. Jo/f, 31, 33J; 2. isaie 43, 21 : ton prenuer |)ère a péché ; 3. Ezccliiel, 28. J3 |lu étais en lùlen, dans un jardin de Dieu; cf. 31, 9| : 4. Prover/jcs. 3. 18 [elle est un arbre de vie |)our ceux (pii la pussèdenl : cf. 11, 30 et Michce, 7, 17J. « Le livre de Job ([ui discute le problème du mal avec tant de véhémence ne mentionne pas la chute » [Turmel. l.e dofjme du pcc/ir originel, R. 11. L. H. V (lUOIl), o04J. Et le poème du Serviteur de lahvé lii^Miore tout de ménie, ainsi ^[u^2VEcclésius^i<J^^e. 17, 1-. Voir Tennant. T/ie oiif/in and i>rojHir/alion o/'nin., 2-= éd.. l'JOG ; el T/ie Sources of t/ie Lkiclrinea of l/œ Fall and original Sin. Clambridge, 1903. Tout le monde est daccord (pie l'auteur sacré ne vise directement ni la transmission du péclié originel, ni l'e-xplication de la convoitise inhérente, daprés sain! Paul, à la nalinc humaine.

Comparer la doctrine orphique de <■ lancienne l'aule » el le mythe de Prométhée (voir nujira, \). \'2{J-\2^: .1. Girard: Scnliinen/ religieux..., p. 43:2: Decharme : Criliijue des traditions, p. 107; Patin : Tragiques grecs, 3" éil., 1, -bb, note; Pressensée : L'Ancien monde... 470... |. Il y aurait un beau travail à faire sui- lr> théories de la <hute originelle avant saint Paul.

' « H (.Josias) abattit les maisons des |)rostituées (pii étaient dans la maison de lahvé, et où les fenwnes tissaient des tentes |)our Aslarté |Il. liois. 23, 7) ». « Tu napi)()rteras |)as dans la maison de iahvé. Ion Dieu, le salaire d'une i)rostituée ni le salaire d'un chien (|)rostitué), pour l'accomplissement d'un v(eu ; car l'un et l'autre sont en abomination à lahvé. Ion Di.'U .. \ltculéron. 23, ISj. — Cf. I. Uni.. 14 t\ : 15. \'l-\\\. de

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qu'il (IlmIouI)!!' l;i roiiciion ([uc ivinplissaiciil k'sJiifi-es. Kl l'on devine que ces liériliers du rôle purement religieux des Juges ne se montreront pas toujours très tendres pour la civilisation nouvelle^ : n'est-elle pas plus cananéenne qu'israélitc ? De fail, au moment même où apparaît la royauté de Said, on aperçoit des défenseurs de lalivé qu'on appelle, soit nabi, soit ro^eh ow hozeJf -. Le nabi csi membre d'une confrérie qui se recrute par adhésion volontaire : on le reconnaît à son vêtement de poils de chèvres, à son amour de la musique, à ses extravagances et à ses extases : c'est un possédé de lalivé. Les nehiim habitent en commun ; le ro'eh est solitaire : son extérieur ne le distingue pas des autres hommes ; il est sucité par lahvé pour accomplir une liiche déterminée ; il prédit souvent l'avenir. Samuel était un rd'eh' \ et sans doute le nom conve-

' Les principaux représentants de la tendance anti-cananéenne sont les >'azirs et surtout les Rélchabites : ce sont les petits cercles piétistes précurseurs de la grande Eglise d'Ezéchiel

et de Néhémie. Les Nazaréens (d'avant l'exil). — tel Samson

sont suscités par lahvé \Ainos, 3, 11] pour soutenir sa cause; ils lui consacrent leur chevelure, ils s'abstiennent de vin, ils ne doivent pas se souiller en touchant un cadavre. Ils défendent la tradition du Sinaï contre les influences cananéennes. Sur les l'.ék habites, cf. infra. p. 232.

- l>iabi signifie prophète, interprète de Dieu: roeh signifie voyant. Cf. L Sa>niieL9, 9. ■< Celui qu'on appelle aujourd'hui pro- |)hète s'appelait autrefois voyant. » On appelait fils de prophète^; tout le groui)e qui obéit aux ordres d'un chef, ou père. Cf. \. Samuel, 19, 18-2i. Tout cela annonce les ïhéraj)eutes et les moines de Palestine. Ces monastères juifs sont parfois très importants. Voir L Rois, 22, G: « Le roi d'Israël assemble les prophètes (de lahvéi au nombre de quatre cents environ... »

^ De même Nathan ct'Abia qui reprochent leurs débauches à

naii-il aussi à Déhora. A la longue, le nabi elle ro'eh se rapprochent l'un de l'autre, et le prophète apparaît. Comme le ro^eh, comme rancicMi nabi, \o prophète est l'homme de lahvé ; il pi'édit parfois l'avenir, il ne se fait pas, au môme degré, remanpier par la bizarrerie de ses allures ^ et, par là, c'est au ro\'h qu'il nous fait sono-er • mais il rappelh* aussi et surtout l'ancien nabi parce qu'il remi)lil, non pas une mission passagère, mais une manière d'apostolat permanent -. Les Pro- David »'t a ."~>al()mon. Samuel semble avoir été mêlé à la fois aux orif^ines de la royauté cl aux ori?:ines du prophétisme. PeuttMre sa personnalité a-t-cUe joué un rôle plus étendu quon ne le supi)Ose souvent.— Les confréries de »e/>/n/i sont-elles d'orii^ine cananéenne, ou d"originc israélitc ; ou n'apparaissent-elles (pi'à l'époque de la fusion des deux peuples?

* Isaïe a marché « nu et déchaussé » 20, 2. Cf. Jércmie, 13. ] et surtout Ezéchiel, 3-4.

- Les Prophètes sont appelés à leur ministère par lahvé, vue fois pour toutes : nous avons, des intéressés eux-mêmes, les récils qui nous retracent la vocation d'Isaïe, la vocation de Jérémie,la vocation d'Kzéchiel [cf. infra, p. 540-243]. Les mots: ainsi (tille Seigneur n'ont, le plus souvent, ({u'une valeur iiurementlittéraire ; mais, à l'ori.orine, ils marquent que le i)rophéle i^arle au nom de Dieu. Les visions, les extases, l(>s phénomènes catalej)tiques ne jouent (|u'un i-ole secondaii-e dans l'histoire des Prophètes \Amos, 7-8. 4; 10; Isaie, 6, 21], Kzéchiel mis à part [cf. infra, p. 2Tri-277] : le Prophète reçoit dans sa conscience la parole (le Dieu [Jércmie, 1. 9:15, K)]: il la transmet fidèlement.

Mais parfois le Prophète demande à Dieu des instructions spéciales: il est à croire que c'est alors que lahvé parle à son apôtre dans les visions ou les extases. Les textes capitaux sont llaluicuc, 1-2. 4 et Jérémie, 28. Pourquoi, partout, le triomi)he des impies, dit llabacuc. et la défaite de la justice? « .le veux me tenir à mon poste /et me plaeer sur la tour de garde/, et je serai attentif pour voir ce que me dira lahvé /et ce que je répondrai à la remontrance qui me sera faite . lahvé me réjioiidil m (lis;inl : l'icris la vision c! grav(>-la sur les tables aliii

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