‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 89 sur 113 · DESARROI DE F. AME (UIVE · texte numérisé non relu

DESARROI DE F. AME (UIVE

les chariots qui Ijondissonl :

les cavaliei's s'élancent,

lépée brille, la lance étincelle!

Une multitude de blessés, une niasse do morts,

des cadavres à l'infini !

On trél)uche sur des cadavres î...

Ouicon({ue te verra, fuira loin de toi

et dira : « Ninive est d(Hruite ! > \3, 1-7/

Mais Xinive n"est pas seule à menacer Juda : rKgypte et la Chaldée ressuscitent! Il faut que lahvé les contienne! Et c'est l'objet de la prière que lame ardente dllabacuc^ lance vers le ciel !

Jusques à quand, lahvé, t"implorerai-je sans que tu m'entendes?

crierai-je vers toi à la violence, sans que tu me délivres?

Nes-tu pas dès le commencement lahvé. mon Dieu, mon Saint?... 12:3. 2.

ton œuvre dans le cours des âges, fais-la revivre ! [1. 1-

Hélas ! son àme frémit fie douleur : l'avenir qu il prévoit lui annonce l'implacable jugement du Seigneur, la ruine de Juda submergé parBabylone.

* On s'accorde à placer Habacuc un peu après Xaluim, alors que Babylone supplante Ninive 'GOtr et, par la victoire de Karkemisli [604] établit sa domination sur l'Asie orientale. — Peutêtre la péricope. 1. o-li, n'est-elle pas contemporaine du reste du poème (Gautier, I, 628]. — [Il est assuré que le chapitre 3 est un psaume, d'époque postérieure, qu'on rapprochera des psaumes 68 et 90]. — « Par son style, Habacuc se place très haut parmi les écrivains hébreux. La pureté et léclat de son langage conduiraient plutôt à le classer parmi les auteurs du vni* siècle si les circonstances historiques le permettaient ») [Gautier. T. 630.]

2G4 LA iii:lh;iiin jiivk

(Lo i;lial(l(''(Mr savnncc ;iu lari,^c sur la U'ITc

pour scmparcr de demeures (|ui ne sont pas à lui.

Il est terrible et formidable...

ses ehevaux sont plus légers (pic les léopards.

plus agiles que les loups du soir;

SCS cavaliers chevauchent fièrement :

ils voleront comme l'aigle fond sur sa proie...

ils amassent les captifs comme du sable. [1. C-O.j

Quelques-uns a])andonncnt francbeincnt les illusions nationales dont Habacuc cherche à se bercer encore : ils acceptent, et ils j^roclament, la nécessité du jugement, et cest dans le lointain avenir qu'ils reculent la résurrection de llsraël nouveau. Sojjhoniei chante la colère de lahvé : rien nefface à ses yeu.\ les crimes de Manassé et l'apostasie de Juda.

.ItMir-lriiiiai tout de dessus la face de la tei're,dit lahvé !...

VA j'étendrai ma main sur Juda.

et sur tous les habitants de .lérusalem ;

et j'exterminerai de ce lieu le reste de P.aal,

le nom de ses ministres en même temps (pie les prêtres,

et ceux qui se proterncnt sur les toits

devant larmée des cieux,

et ceux (pii se prosternent en faisant serment à lahvé...

et ceux qui se détournent de lahvé 1...

' Sophanio est contemporain de Josias, d'IIabacuc et de .lérémie. il sorl, semhle-t-il, comme Isaïe, d'une grande famille : ])Out-être était -il apparenté à la famille royale. Son po^me (dont il faut distraire, sans doute, 2, 4-1.d) a peutn^re été directement ins{)iré par Mégiddo. La langue de Sophonic; n*a pas la pureté, son style na |)as léclat du .<tyle, de la langue d'Hal)acuc.

ji:nt:MiE -205

Silence devant le Sciirneiir lalivé !

Car le jour de lahvé est proche ! 1, 2-7.]

U'une voix plus puissante, plus impitoyable et plus émue tout ensemble, Jérémie ^ annonce à son tour la nécessité des catastrophes suprêmes : son àmc en deuil salue dans Babylone, bourreau d'Israël, le juste instrument de lahvé. Appelé malgré lui à ce ministère odieu.x, Jérémie se révolte parfois contre la force qui le dompte et le pousse ; mais c'est en vain qu'il supplie. La justice du châtiment s'impose à sa conscience: pour nombrer les crimes de Juda,

' Sur Jérémie, cf. une belle page de Valeton [Manuel de Chantepie, 2261.

Jérémie, fils d'ililkija, originaire dAnathoth[àiine heure et quart au nord-est de Jérusalem], a exercé son long ministère de quarante années, depuis 626 environ jusque vers 580. Il a appuyé les réformes de Josias, et, depuis Megiddo, 60S, il a assisté impui.ssantà la ruine progressive de sa patrie, prêchant en vain labdication nationale et la conversion des cœurs. C'est à partir de 604 «piil commence d'écrire, sitôt qu'apparaît, menaçante, Babylone.

Les proi)lémes littéraires que pose le livre de Jérémie peuvent être répartis en deux groupes. A. Quel est le rapport du texte hébreu au texte grec ? Le texte des Septante est plus court que le texte des Massorètes d'un huitième environ : il supprime surtout certains mots, certains qualificatifs, certaines formules, parfois quelques péricopes des plus longues qui soient omises ne dépassent jamais une demi-douzaine de versets;. L'ordre des chapitres diffère ici et là : les oracles contre les peuples étrangers [46-51 du texte hébreu] sont intercalés par les Septante au milieu du chapitre 25 : Tordre dans lequel les rangent les Septante [Elam. Egypte, Babylone, Philistins, Edom. Ammon,Gédap, Damas, ^Nloab] ne semble pas intentionnel, tandis que les Massorètes semblent passer consciemment de l'ouest à lest [Egypte, Philistins. Moab, Ammon, Edom, Damas. Cedar, Elam, Babylone].

2GG L\ nnLir.ifiN .iuivk

.IrréiiHc n'a (juà ijasscr cii revu»' les pcrfcclions (le lalivé, et quà se remoltrc en mémoire la doctrine (le Moïse et dElie, d'Amos, dllosée et disaïe. Créateur et maître absolu du monde S lahvé est partout, il

II s(Mnhlo ([uc le texte p:rec doive être préféré au texte hébreu: et que le texte grec soit l'œuvre dau moins deux traducteurs [1-28, 29-51], ayant chacun son vocabulaire, assez nettement leronnaissable (Workman : The text of Jeremmh... Edin- ])urgh, 1K03 : J. Thackeray dans le Journal of theol. Studies, 1903, 2o."j : Duval : Le texte arec de Jérémie. Revue Bi/jlique, 1903. 304: Gautier : op. laud., I. nOl]. — B. Quelle est l'ori.î^'ine du recueil que nous appelons le livre de Jérémie ? M. Duhm 'Dasf Buch Jeremia, 1901], y distingue trois parties : 1-25, prophéties authenti(pies de Jérémie, écrites sous ses yeux par son ami Baruch: 26-29 et 32-45, écrits i)ersonnels de Baruch : écrits anonymes divers. 30-31, 46-52 da lettre du chapitre 39 serait authentique).

Ces trois parties ont sans doute été réunies a\)vbs l'exil. Beaucoup défendent l'authenticité de 30-31. — Les chapitres 2-6 semblent être antérieurs à C)22.

Le livre de Jérémie comprend des poèmes [le tétrastiquc est sans doute la forme fondamentale de leurs strophes] et des récits historiques. Les poèmes sont de longs anathèmes: la lecture en est parfois monotone. Les récits historiques se rapportent aux catastrophes où disparaît Jérusalem. Comme écrivain, Jérémie semble très inférieur à Isaïe. « 11 n'y a pas chez lui cette puissance, cette grandeur, cette variété, cette richesse de pensée et de forme qui caractérise Isaïe comme orateur et écrivain... La langue que parle Jérémie est aussi moins pure » : le développement est parfois d'une surprenante prolixité. Mais la lecture est souvent très attachante : ce prophète de la malédiction est bouleversé, et semble parfois révolté par l'atroce mission qu'il remplit: son âme frémit dans ses anathèmes. — Sur Jérémie. outre les ouvrages généraux et le livre de Duhm cité plus haut, cf. Erbt : Jeremia und seine Zeif. Gottingen, 4902, et Cornill : Die metviftchen Stiich-e des Buchs Jeremia. Leipzig. 1901 : Das Buch Jeremia. Leipzig 1903.

' 32, 17 : 1. o: 18, 1-10: [19, 10]. — Cf. Kautzsch : loco citafo. 678-G84.

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