‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 91 sur 113 · MORT DE LA NATIOX · texte numérisé non relu

MORT DE LA NATIOX

raît par là comme Iraflre à la palrio. Deux luis il est menacé de mort, au temps où Jeliojakim se rebelle contre la Clialdée ' : sur l'ordre de lalivé. il a fait écrire et réciter publiquement, parBarucli son ami-, le livre de ses prophéties. Lorsque Sédécias reprend, en hésitant, la politique de Jehojakim, la situation de Jérémie devient encore plus difficile, sans qu'il renonce à son alïreux devoir : c'est la volonté de lahvé d'humilier son peuple par le moyen de Babylone -. Mais Sédécias n'ose pas se laisser convaincre par le prophète^ : Jérusalem s'insurge; elle meurt 'r Le royaume de Juda, devenu province babylonienne, obtient pour gouverneur un ami de Jérémie, Guedalia. — Et c'est en vain que Jérémie a prié pour détourner le châtiment î

lahvé nie répondit :

Uuand Moïse et Samuel se tiendraient devant moi. mou àme ne se tournerait pas vers ce peuple ; chasse-les de devant ma face^ et qu'ils partent ! Kt s'ils te disent : « Où irons-nous ? » Tu leur diras : " ainsi parle lahvé : celui qui est pour la mort, à la mort !

' GOO-oOT.

- Cf. les parties nairalives de Jérémie, dues sans doute à Baruch [Jérémie, 26-29. 36-43]. — Le livre, détruit par ordre du roi, fut récrit par Baruch. Baruch fut emprisonné comme Jérémie.

^ Personnellement Sédécias est sympathique à Jérémie : il le consulte fréquemment [21, i-10, 37; 38, 14-28], mais il n'a pas la force d'être maître; il redoute Son entourage [37. :î4-2r)|.

crliii (lui Lsl pour l'cpce, à l'cpéc !

celui qui est pour la famine, à la famine!

et celui qui est pour la captivité, à la captivité ! » [15, 1-2.

Sache donc et vois combien il est mauvais et amer

(1 avoir abandonné lahvé ton Dieu

et de navoir de moi aucune crainte,

dit le Seiirneur lahvé des armées. [2, 19'.]

Ouel est donc, aujourd liui, le devoir d'Israël, — ou du moins, puisque, malgré les oracles des faux prophètes, la nation sainte est morte, — quel est le devoir de ceux (le ses enfants qui survivent, en Palestine autour des ruines du Temple, en Egypte parmi les idolâtres, en Chaldée dans les fers ? — Suivez la volonté de lahvé, pratiquez la justice, la pureté, la charité: que chacun fasse, quant à soi, ce qu'aurait dû faire la nation élue ! A partir de ce jour, la religion de lahvé cesse détre unie à la nation juive: elle se réfugie toute, elle doit se réfugier dans les consciences individuelles. Voilà la croyance que prêche Jérémie-, voilà son apport personnel à la doctrine prophétique.

' Ces reproches et ces malédictions sont épars dans tout le livre— Cf. siirloiitl, 14: 2. 14:4, o-31 : 5, 17: 6; 8,1-13; 15, 16 : 20 : 25. — Sur lidolàtrie dlsraël, cf. 1. 14: 2, 8, 20, -21 : 3. 23 : 7. 9, 18, 31 ; 9, 14 : 18. 13 : 19. 4. o. Le passage que jai cité est peut-être contemporain du temps de Joakim.

- Le sentiment individualiste apparaît déjà dans le Deutéroliome : voir la déclaration si nette. 24. 16 : « les pères ne seront l)as mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères ; chacun sera mis à mort pour son péché » ; voir aussi (p. 260-261), les nouveaux devoirs de bonté et de charité que commande lahvé. Une religion qui met l'accent sur l'amour tourne nécessiairement à lindividualisme : l'amour est essenliellemenl un

Page 1