‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 94 sur 113 · INFLUENCE D EZECHIEL · texte numérisé non relu

INFLUENCE D EZECHIEL

La rcslauralion d Israël quEzéchiel avait rùvéc, fut l'œuvre de Zurobabel, dllaggée et de Zacharie, de Xéhémie, de^Ialachie etd'Esdras'.

Doutéronome|cf. supra [).'2id0.n. 4, remise des dettes tous les sept aiisjne semble pas avoir été appliquée, non plus (}ue la loi jubilaire établie par le Lévilu/ue, 25 [être bon pour les ))auvres; libérer les esclaves juifs tous les cinquante ans; les pauvres (jui se vendent, eux et leurs terres, recouvrent celles-ci lors de Tannée jubilaire — exception faite des habitations dans les villes non lé\itiques...] L'intention du législateur semble être double : au point de vue social, il vise à limiter le nombre des étrangers qui s'établiront en Israël, en même temps qu'à combattre l'égoïsme cl la puissance des riches; au point de vue religieux, il vise à raviver dans les cœurs le sentiment de la dépendance vis-à-vis de Dieu et, donc, de l'égalité des hommes au regard de Dieu Voir Lévilique, 25, 23 : « le pays est à moi, et vous êtes chez moi comme des étrangers et des gens en séjour. » Cf. Buhi-Cintré, j). 174 et les articles de Yigouroux, Hastings, Gheyne. — Noter encore que, pour les pauvres, la ruine de Jérusalem fut une aubaine merveilleuse ; ils étaient débarrassés des riches (déportés en Babyloniei et pouvaient s'emparer de leurs terres et de leurs maisons [Jérémie, 40, 10].

* L'histoire d'Israël au temps de la domination perse est extrêmement obscure. Voici quelques indications touchant les documents et les livres.

Le document essentiel est le livre d'Esdras iqu'Origène, disent < erlains, a coupé en deux: Esdras. Néhémie). On s'accorde, en :,onéral, à y voir une compilation faite à la fin du iv» siècle: elle a une très haute valeur parce qu'elle combine : a) des mémoires authentiques de Néhémie, et des mémoires authentiques d'Esdras, qui sont, soit textuellement reproduits, soit résumés ; 6) un document écrit -en araméen [Esdras, A, 7-6, 18]; c» des documents tirés des archives sacerdotales \Seh. 12, 23]. Au jugement de quelques savants, l'auteur d'Esdras et des Chroniques ne serait autre qu'Esdras lui-même. Malheureusement le livre d'Esdras est absolument muet sur l'histoire des années 516-458: il ne touche qu'aux deux époques 538-510, 458-432. — Sur les Chroniques, cf. supra, p. 215. n. — Le livre d'Esdras reçoit quelque lumière des trois livres d'Haggée, de Zacharie, de Malachie. Le livre d'Ilaggée est authentique, date de 520 et a trait à

La victoire de Cyrus et des Perses n a pas [AuU'A brisé le pouvoir politique de Babylone ^ que se soula reconstruction du Temple. On est très loin de s'accorder sur la nature du livre de Zacharie. Van Hoonacker soutient que les ([uatorze chapitres sont l'œuvre d'un même auteur, contemporain d'Uaggée ; d'après Kœnig. Zach., 9-11 est prêéxiliijue et remonte au temps d'Amos, tandis que 12-14 date des années 0:20-600 : d'après Stade, Driver, Baudissin. Zuc/i., 9-14 a été rédigé à une époque très récente, sans doutf peu après les conquêtes d'Alexandre. On reconnaît le plus souvent que Zacliarie 1-8 a Zacharie pour auteur et date du temps d'Uaggée. Le petit livre de Malachie est certainement authentique et contemporain de Néhémie.

Une autre difficulté a été soulevée naguère, qui départage les spécialistes en deux groupes. De Néhémie et d'Esdras quel est le plus ancien ? La tradition plaçait Esdras avant Néhémie: comment expliquer, alors, que les six premiers chapitres de Xéhémie ne soufflent mot d'Esdras? D'après Hoonacker, la mission de Néhémie tombe en l'an 20 d'Artaxerxès I [445-444 1. celle d'Esdras en l'an 7 d'Artaxerxès II [398J. Cf. outre les ouvrages généraux c'ilés supra, p. 183. n. Van Hoonacker : yéhémie et Esdras. Louvain, 18*J0: Séhémie en l'an '20 dWrtaxerxès I. Gand, 1892; et Revue Biblique, 1901, 1, 175 ; Meignan : Les derniers prophètes : Tostivint : Esdras et Séhémie. Rome, 1901. Contra Nikel : Vie WiederkerstellunQ des jiidischen Gemeinwesens nacli deni babylonischen Exil. Freiburg. 190u : Fischer. Die chronolof/ischen Fragen in den Biuliern EsraSehemia. Freiburg, 1903. — Cf. aussi Cheyue : bas relif/iijse Leben der Juden nac/i dem Exil, (jiessen. 1899; Guthe et Batten: The book of Ezra and Xehemiah. Leipzig, 1901; Siegfried : Ezra }\e lie rai ah i/7ic/£s//ter. Gottingen, 19Ul.[Lagrange accepte le système van Hoonacker en le modifiant {Kev. BibL, 189i, bS-2) : \\ place sous Artaxerxès II et lll 405, 358, 337) les faits que celui-ci assigne aux règnes d'Artaxerxès I et II. Noter que l'an 7 d'Artaxerxès semble appartenir, non aux mémoires d'Esdras. mais à un passage rédactionnel ; peut-être donc le voyage d'Esdras est-il à placer sous Artaxerxès I, après le second voyage de Néhémie, entre 432 et 424.]

• Sur Cyrus (5.58-529). cf. supra, p. 23. Il a pour successeurs Camby se *i 529-522), Pseudo-Smerdis (522-521), Darius I (521-486i, Xerxes (Assuérus) (485-465), Artaxerxès I (465-424 1, Xerxès II. 424. Darius Ili423-404), Artaxerxès II Mnémon ^404-359), Artaxer-

FIN DE LA CAPTIVITÉ ^S^i

Irvonl aussil(H les j)cap!es qu'i^llo a o[)])rimrs, P]lamites. Aryens, Sémilcs; Israël suit leur exemple et partage leur bonheur. Gomme il s'est appuyé sur ceuxlà et a honoré leurs dieux, Cyrus s'appuie donc sur rclui-ci et fait ses dévotions à lahvé. Un an après la prise de Bahylone, il publie Tédit suivant :

« Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : Tous les royaumes de la terre, lahvé, Dieu du ciel, me les a donnés, et il ma ordonné de lui bâtir unTemple dans Jérusalem, qui est en Judée. Oni parmi vous est de son peuple? Que son Dieu soitavec lui et qu'il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et qu'il bâtisse le Temple de lahvé. Dieu d'Israël, le Dieu qui est à Jérusalem. Et tous ceux qui resteront, dans quelque lieu que ce soit qu'ils habitent, que les habitants de ce lieu les aident en argent, en or, en secours de toute sorte et en animaux, avec les dons volontaires pour le Temple de Dieu, qui est à Jérusalem » (II. Chron. 26. 22: I. £s(/ras, 1, i-4).

En conséquence, plusieurs caravanes sébranleni qui ramènent les Juifs dans leur patrie : les deux plus importantes sont conduites par Schech-bassar et par Zorobabel ^. Mais les captifs trouvent, à leur retour, la place prise : Cyrus n'a pas dépossédé les propriétaires venus en Palestine après la déportation. Beaucoup de Juifs, qui connaissent ces circonstances,

xès III (3o9-338). Darius III Codoman (338-331). — Les listes de Esdras, 2 e[Xéhëmie. 7 paraissent très peu homogènes, le chiffre 40 000 sans valeur. Il y eut sans doute un grand nombre de petites caravanes.

noiil pas voulu abandonner la Babylonie : ils y ont souvent fait le commerce et amassé de grosses fortunes. Zorobabel et ses émules ne peuvent guère rassembler quun petit nombre de croyants. Et voici que leur exclusivisme religieux les oppose aux Juifs restés au pays après la conquête : ceux-ci se sont alliés aux familles qui ont pris en Palestine la place des émigrés de Babylonie. Si l'on parvient à restaurer le Temple, la nation morte ne ressuscite donc pas; le schisme qui la divise en deux moitiés sexaspère plutôt qu'il ne s'atténue ^ ; les émigrés rentrés reprochent à leurs frères d'avoir épousé des étrangères. Les influences araméennes s'exercent avec force dans tous les domaines. Et c'est en vain que les deux prophètes Haggéect Zacharie retrouvent l'inspiration d'Ezéchiel, réchauffent la piété, raniment le zèle pour les sacritîces et la foi en lahvé : la reconstruction de Jérusalem n'avance pas, et la « nouvelle alliance » ne fleurit pas davantage. Il y a vraiment quelque chose de mort en Israël. C'est alors que Xéhémie entre en scène- : son rôle est considérable. Echanson d'Artaxerxès à Suse, il a appris d'Hanani son frère la ruine de la ville sainte ; il part, muni de lettres officielles ; il repousse les attaques, il déjoue les ruses de Moabites et des Arabes. Il lutte avec la même énergie, avec le môme

* La vilalifc des groupes familiaux (familles, tribus), n'étant plus menacée par lintensité de la vie municipale locale, s'est accentuée durant la captivité.

Page 1