‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 95 sur 113 · NÉHÉMIE · texte numérisé non relu

NÉHÉMIE

bonheur, contre les magistrats prévaricateurs et contre les créanciers trop pressés. Il surexcite à ce point l'énergie de ses compatriotes, qu'en cinquante-deux jours les murs de Jérusalem sont Unis.

Alors commence son œuvre religieuse. Il organise avec le concours d'Esdras des séances solennelles où la Loi est lue et commentée : la lecture sacrée se poursuit durant les sept jours de la fête des Tabernacles ; le peuple confesse publiquement ses fautes, et avoue que l'oubli de la Loi a été la cause de ses malheurs; « puis on procède au renouvellement de l'alliance de Dieu... Un instrument du nouveau pacte est dressé et signé parles principaux Juifs : Xéhémie figure en tète de la liste». On célèbre ensuite, très solennellement, la dédicace de la ville sainte : deux chœurs, partis du même point, se retrouvent après avoir fait le tour des murailles, se rencontrent devant le Temple, y font leur entrée en grande pompe. L'Église d'Israël est enfin constituée, telle à peu près que la rêvait Ezéchiel.

Protégée contre les influences idolàtriques par les observances rituelles qu'elle multiplie et quelle impose, elle traverse sans encombre le temps de la très douce domination persane. Xéhémie et Esdras matent rudement les récalcitrants, dissolvent les mariages mixtes, chassent Joïada, le fils du grand-prétre Eliasib, qui a épousé la fille de Sanaballat. Ils obligent dix-huit prêtres, dix lévites et quatre-vingt-six Israélites à renvoyer les femmes étrangères qu'ils ont épousées. Et

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sans (loiiLc aussi coulirmenl-ils la communaiiLc naissante en classant les parties, et en fixant le texte des vieux livres qui racontent l'œuvre progressive de lahvé. Ils orqanisentlc nouveau sacerdoce des docteurs, [soferim] qui vont prêcher et cxpliquerlaLoi dans les s?/?îafjogues: ainsi est conciliée avec les besoins des communautés locales le principe d'unité du sanctuaire. Israël se recueille dans la paix et dans la foi : il se console de sa liberté perdue en méditant l'histoire merveilleuse des Prophètes, de Moïse et d'Abraliam.

Les méditations morales et religieuses dlsraël à l'époque perse ont donné naissance à une littérature qui diffère nettement de la littérature antérieure ^ (( Tandis que les anciens Prophètes adressaient directement leurs discours au peuple..., les nouveaux docteurs évitèrent de se produire en public et ils présentèrent leurs enseignements à leurs contemporains sous lautorité de noms universellement vénérés... C'est pourquoi tous les livres de cette époque sont anonymes et pscudépigraphes. Et ces auteurs inconnus pratiquent le pastiche avec une singulière habileté : leurs écrits sont composés comme s'ils s'adressaient aux contem-

^ Sur l'histoire juive durant la période perse — période très obscure,— cf. indépendamment des ou\ rages généraux, supra, ]). 283. n. Dans ce paragraphe, j'utilise les notes d'un cours de M. Giraud, professeur au grand séminaire de Bordeaux.

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