LES PROVERBES
porains des grands hommes dont ils portent le titre; mais les leçons contenues dans leurs discours sont choisies de telle sorte quelles conviennent très spécialement aux contemporains de l'auteur véritable^ » Les problèmes les plus graves de la théologie, de la philosophie et de la morale sont agités tour à tour : on les envisage le plus souvent dune manière abstraite qui contraste singulièrement avec les formes ordinaires de la vieille littérature juive. Avant lexil, la transcendance de Dieu s'affirmait dans les poèmes cosmologiques, la Providence dans les histoires, la prescience dans les prophéties, l'utilité et la nécessité de la prière dans les narrations où on la montrait exaucée. Après l'exil, ces questions sont envisagées dans leur abstraction philosophique. Les Proverbes attribués à Salomon et \qs Psaumes attribués à David sont les deux monuments les plus significatifs et les plus fameux de toute cette littérature.
Le livre des Proverbes n'a aucune unité - : c'est un
'. Labourt. Les partis politiques en Judée 'Revue du Clergé français, 1" septembre 1902].
- Le livre des Proverbes peui se diviser en cinq parties : 1. Un poème qui chante Télo^e de la Sagesse et en prêche la pratique, 1, 7-9 : — 2. Une collection de « maximes de Salomon », 10-22, 16: — 3. Deux petits recueils de « paroles de sages », 22, 17- 24, 34; — 4. Une seconde collection de « maximes de Salomon recueillies par les hommes d"Ezéchias, roi de Juda », 25-29 : — 5. Un appendice. On peut croire que les deux collections attribuées à Salomon ont été formées environ le même temps, et qu'elles ont été combinées ensuite parle poète même qui écrivit 1-9 [les petits recueils des « paroles de sages ». ayant semblable origine, ont été cousus au premier recueil salomonien, avant
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recueil de pensées groupées sans arl, réserve faite des neuf premiers chapitres ; ceux-ci constituent un poème homogène, dont l'auteur s'identifie parfois avec la Sagesse personniliée. Celte fille du ciel est supposée descendre parmi \vs hommes ; elle raisonne comme on ferait au ciel sur ce qui se passe sur terre : fiction qui donne à Touvragc un tour très dramatique. Nous voyons sous nos yeux les méchants ourdir leurs trames et les justes régler leur vie d'après les lois de la conscience. Le plus curieux, c'est que le poète anonyme paraît
que celui-ci ne fCit réuni au second]. Il est vraisemblal)le (|ue toutes ces collections datent de lépoque perse.
Mais il est possible que les maximes elles-mêmes — ou du moins un certain nombre d'entre elles — remontent avant l'exil. Le premier livre des Rois, 4, 32. assure que Salomon avait prononcr 3 000 maschals (le mot maschal, que nous traduisons par proverbe signifie proprement comparaison, et par dérivation maxime). La poésie gnomique, très populaire en Orient, y est née sans doute de très bonne heure. 11 n"y a pas de raisons pour suspecter le témoignage de I Rois, 4, 32; il est même vraisemblable (\\\q\qs, Proverbes nous ont conservé des maximes authentiques de Salomon [cf. Prov., 25, IJ. Mais on ne saurait marquer lesquelles. L'ensemble du livre ne saurait remonter à ce roi : on n'y souffle mot de l'idolâtrie, on y fait l'éloge de la monogamie [14, I : 18, 22], on y personnifie la sagesse et la folie ; on y trouve plusieurs titres [cf. supra]: il est évident que notre texte est une compilation.
Le style a un caractère spécial, qui est en rapport, sans doute, avec le genre littéraire auquel appartiennent les Proverbes: ils sont énoncés, le plus souvent, en distiques. — Le texte grec et le texte hébreu présentent d'assez notables divergences ; le grec nous a conservé parfois des maximes authentiques que n'ont pas retenues les Massorètes [ainsi 11, IG ; 27. 20, 21]. Cf. Loisy. Le livre des Proverbes, Paris. 1890: A, Millier et E, Kautzsch. The Book of Proverbs, Leipzig, Hinrichs. 1901. Cf. aussi Wildebœr, 1807, Frankenberg, 1898, Toy. 1899.