‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 98 sur 113 · LES PSAUMES · texte numérisé non relu

LES PSAUMES

contre rinsolence des riches^; ils recommandenl spécialement le travail, que prêchent déjà, à leur manière, l'abeille et la fourmi. Les Proverbes invitent l'homme à travailler à sa sanctification plutôt quà poursuivre la richesse. Le devoir partout est prévu dans ce livre, non plus en général, mais dans les circonstances concrètes où il se présente le plus souvent; on y trouve tout un code de morale familiale; on y relève déjà les grandes lignes de la casuistique judéo-chrétienne. « Avant l'arrivée de (Salomon), dit leTalmud, la Thorah ressemblait à un seau plein d'eau vive, mais qui, faute de corde, restait au fond de la citerne. Vint Salomon y attacher des cordes, atin que tout le monde fût à même d'attirer à lui cette eau de source et de sen désaltérer. »

On peut dire « qu'un souffle de piété, de contiance en Dieu et de soumission à sa volonté anime tout l'ensemble » des Proverbes; mais ce n'est pas là ce qui frappe d'abord et le plus souvent; la morale des Proverbes a plus de précision que d'élévation ; elle se recommande autant de l'expérience et du bon sens que de la crainte et de l'amour de Dieu. Ce n'est pas dans les Proverbes, c'est dans les Psaumes que l'on sent palpiter l'àme religieuse d'Israël. Les livres chrétiens mis à part, peut-être n'y a-t-il pas dans toute la littérature humaine de livre plus purement et plus

iiilimcmciil religieux que les Psaumes : ce n'est pas que, par endroits, certains sentiments n'apparaissent que réprouvera Jésus; c'est que jamais peut-être l'homme n a plus distinctement senti ni plus douloureusement clamé sa détresse et son néant K

* Les Psaumes et Job rellèlent clairement la Iroisième époque [\o\r supra p. 196, n. 1 et p. 221 n. 1] de l'histoire de l'idée de Dieu en Israël : elle a commencé avec Jérémie. Le Dieu Unique de Moïse, le Dieu Saint des Prophètes apparaît maintenant comme le Dieu des consciences individuelles : l'idée de Dieu envahit le fond des âmes. Pourquoi Israël a-t-il été rejeté : pourquoi les nations n'adorent-elles pas lahvé ; pourquoi la souffrance ; pourquoi le mal. voilà les problèmes qui occupent le i)salmisle.

Le livre des Psaumes s'appelle en hébreu Sepher 2W<t7/nn. c'està-dire le livre des louanges : le mot psaume est la transcrii)tion latine du grec 'I/aÀ;j.ô; qui signifie cha)d exécuté sur un ins- Irument à cordes [en hébreu, mizmor]: la dénomination grecque du livre s'explique parce que beaucoup de tehillim sont des mizmorim. Le livre des Psaumes est une collection de poèmes religieux d'origine diverse, faite en vue des usages liturgiques ; doii, beaucoup de retouches du texte primitif [par exemple, on remplace souvent le nom sacré de lahvé par le nom dElohim]. Ces poèmes sont au nombre de 150 [les Septante, en cinq endroits, coupent les cantiques autrement que les Massorètes : ainsi le ps. 9 des Septante = les ps. 9 et 10 des Massorètes] ; ils sont divisés en cinq livres [1-41: 42-72; 73-89; 90-106; 107-150] que séparent des doxologies [type, 41, 14 : Béni' soit l'Eternel, le Dieu d'Israël, de siècle en siècle! amen! amen!] Les psaumes sont en général accompagnés de suscriptions, assez anciennes, mais de teneur assez variable [le texte hébreu diffère souvent du texte grec] : elles indiquent le personnage à qui le psaume est attribué, dans quelles circonstances il a écrit, la nature du poème, l'exécution musicale, la mélodie.

Il est prouvé, malheureusement, que ces suscriptions n'ont pas grande valeur : si elles attribuent à David 73 psaumes, 1 à Moïse [90]. 2 à Salomon, 12 à Asaph le voyant (un contemporain de David), 2 à Heman et à Ethan (lévites contemporains de David), 11 aux fils de Koré ichantres contemporains de David), les autres au « directeur des chantres k, les savants modernes

ORir.LNE DES P.SAUME- 295

Conscience de sa détresse, conscience de son néant, voilà bien le sentiment qu'exprime à chaque vers le psalmiste, lorsquil demande à Dieu le salut.

tendent à dater la presque totalité des psaumes de l'époque postexilique. Atln de préciser les idées, voici la chronologie des psaumes d'après deux hommes qui ont, en la matière, une compétence spéciale, le protestant orthodoxe Briggs [A critical and exerjelical commenlary on the Books of Psalms, Edinburgh, 1906] et le catholique Minocchi [Stovia dei Saloii..., Roma, 1905] [d'après la R. Biblique\

Epoque des rois

Esil bab\lonicQ

Epoque perse

UHIIjGS

:.13.18'23.24'\C0a, 110; — 3. iO. 21. 27^. 4o.

oS. 61 ; — 2. 19». 28.

30». 40. oî. 54. 55. 56.

OOb. 62. 72. 87.

SI*'. 82. 84. 88. 89b. 90.

Avant Néhémic : 4. G.

Après Néhémie : 5.

Les autres psaumes.

MINOCCHI

.Néant).

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