La race royale des Litsalgis
8. Et Oudâyana, le Brahmane du Magahda, l’envoyé d’Adjâtasatrou, roi de cette contrée.
« Et tous, dans leur pays, bâtirent desTchâityas (chapelles), rendirent toutes sortes d’hommages à ces reliques et instituèrent une grande fête en leur honneur.
« L'urne dans laquelle les reliques avaient d’abord été mises et déposées, (avant le partage) fut donnée ensuite au Brahmane qui avait été le médiateur. Il emporta cette urne, et dans sa ville bâtit un Tehâitya et rendit toutes sortes d’hommages aux reliques de Bhagavat en l’honneur desquelles il institua une grande fête.
« Enfin un jeune brahmane, appelé Nyagrôdha demanda aux Mallas de Khouça de lui céder les cendres ou les charbons qui avaient servi à
brûler le corps de Bhagavat. 11 obtint ce qu'il demandait, et bâtit dans le village des Nyagrôdhas (arbres) un Tchâitya, appelé le Tchâitya des charbons, auxquels il rendit toutes sortes d’hommages et en l’honneur desquelles il institua une grande fête (1). »
Ce récit du Lcilita Vistara est confirmé quant à sa substance, tout au moins quand au nombre des parts et quant à la nature des reliques, par les Annales Pâlies (2).
En réalité, il ne s’agit là que des cendres de Bhagavat. Pour les ossements que l'on prétendait avoir sauvés presque intacts du bûcher, les deux omoplates et l’os frontal, il y a désaccord.
Il s’agit encore ici de reliques liturgiques, la cérémonie du bûcher était une véritable cérémonie liturgique et les cendres, le charbon et le vase qui avait contenu les cendres sont autant de sacra qui doivent en grande partie leur caractère à la cérémonie et à l'accomplissement des rites dont ils ont été l'objet ou l’instrument.
Les charbons des feux de la Saint-Jean qui dans maintes contrées sont mis en relation avec les morts sont de véritables talismans contre
(1) Le Lalila Vislara , Trad. Ph.-Ed. Foucaux, Paris, Leroux, 1884, in-4, I, 388-389.
(2) Le Lalila Vistara, même édit., I, 397-398.
LES RELIQUES DU BUDDHA
le tonnerre. Les populations qui croient à cette vertu magico-liturgique n’en accordent aucune au charbon en général. Le vase qui avait contenu les cendres du Buddha avant le partage est un vase éminemment rituel. Quant aux cendres du saint bouddhique elles sont sacrées pour avoir été les cendres d’un saint ; mais plus encore parce que le cadavre du saint a été incinéré selon les rites et qu’elles sont le produit de cette incinération rituelle. Les cendres d’un homme qui serait mort dans un incendie n ont plus du tout le même privilège et il leur faudra subir une nouvelle cérémonie pour être des cendres saintes.
§ IV. — Des dents oeillères du Buddiia et en