‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 13 sur 54 · Met., XI · texte numérisé non relu

Met., XI

i6 l'infinité divine

d'une Idée supérieure. Le Bien donc, qui est par hypothèse ridée suprême, sera au-dessus de l'Etre et de l'Essence, c'est-à-dire infini. Mais ou cette conclusion échappe au philosophe, ou elle dépassait, comme la suite du dialogue tend à le montrer, le but qu'il poursuivait : (( Certes, dit Glaucon, voilà une excellence étonnante. — Aussi, continue Socrate, est-ce toi qui es coupable en me forçant à dire ma pensée sur ce sujet^ » Le but du philosophe était seulement, en effet, d'expliquer la nature à l'aide d'éléments déterminés et intelligibles. Platon, s'il eût achevé sa pensée, l'eût complétée en affirmant Isi perfection totale du Bien.

Les choses changèrent quand l'esprit grec prit contact avec le Judaïsme. Le peuple hébreu avait abouti, pour des raisons morales et politiques, à un Monothéisme rigoureux : « L'histoire d'Israël reste l'histoire delahvé... pendant de longs siècles de ^humanité^ » Or ce monothéisme marquait la Toute-Puissance divine avec une force qui n'a jamais été dépassée. « Il élève Dieu, écrit M. S. Karppe, à une telle hauteur audessus de l'homme, que tendre vers lui sous une forme quelconque est un sacrilège \ — Il faut avoir vécu la foi juive pendant sa première jeunesse pour comprendre l'ardeur tenace... avec laquelle le judaïsme s'attacha à lahvé, la haine farouche et meurtrière qu'il voua à ce qui pouvait être l'ombre d'une ombre de polythéisme'. )) La théorie des Puissances sur laquelle nous reviendrons compléta ce travail. D'un côté, en effet, la pensée juive se vit obligée d'instituer une série

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