‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 17 sur 54 · Leg. alleg., I, 18 (G. et W., I, 65^8. M · texte numérisé non relu

Leg. alleg., I, 18 (G. et W., I, 65^8. M

4 Enn., YÎI, 8, 18 (Volkm, II, 5o3^o). y, 3, 17 (II, 20ii9). — YI, 8, i5 (II, 4992^).

d'infini (aTistpoc), lorsqu'il est question de Dieu ou de ses Puissances. On dirait en quelque sorte qu'il n'en a pas encore une notion suffisamment distincte. Plotin, au contraire, applique couramment à Dieu l'épithète d'Infini. Cf. Ca' , et (( s'il est infini (àrrstpov), il n'a pas de grandeur, etc. » (VI, 7, 82; II, 46/^^^ Volkm.) ; infini (( d'une infinité sans grandeur, apsysGst rô aTTs^po) » (VI, 5, 12 ; II, 398^); (( infini (aTrstpoc), non comme une grandeur » (V, 5, 10; II, 218^'); (( sa puissance est infinie — zo ^'arretpoy ri ^ùvafxtc; ïyzi » (V, 5, 10, II, 218^^); cf. encore V, 5, 11 (II, 202"^^). — D'autre part, Philon énonce en passant l'Infinité divine. Il ne la prouve, ni ne l'étudié. (( Il est moins un philosophe qu'un théologien » (E. Herriot. Philon le Juif, p. 3/i8). Toute idée lui convient, qui cadre avec sa croyance : mais s'il la prend, c'est pour la quitter aussitôt. Plotin, il est vrai, ne connaît plus la manière rigoureuse d'un Aristote. Mais il est autrement philosophe que Philon. Il insiste, il établit, il précise. Nous lisons d'abord à chaque instant que le Principe premier est infini. Cette Infinité ensuite n'est pas celle d'une masse, d'une grandeur ou d'un nombre. « L'Un n'est ni mesuré, ni soumis au nombre ; — il n'a ni figure, ni partie, ni forme » (V, 5, II ; II, 218^^). C'est sa puissance seule qui est infinie. « Infini — par rincompréhensibihté de la puissance — xTretpoy... rô aireptAry'nrTco r/5ç ^-ovoLixîioç, » (VI, 9, 6 ; II, 5x5^'). Plotin, enfin, concilie tant bien que mal les autres parties de sa doctrine avec la notion de l'Infinité divine. Sur ce point, au contraire, les contradictions sont fréquentes chez Philon. Mais ceci mérite un plus long développement.

Le Dieu de Philon, d'abord, est à la fois personnel et infini. Son Infinité ne peut faire l'objet d'un doute

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après les textes que nous avons rapportés et commentés. Or ce Dieu veut et crée par bonté : « Il a appelé le néant à l'être...; il a mis partout du rapport et de rharmonie. Dieu, en effet, et ses Puissances bienfaisantes ont perpétuellement soin de transformer en une substance meilleure la substance inférieure et défectueuse \ )) Dieu, pour créer le monde, procède comme un bon architecte dans la fondation d'une ville : il en jette à l'avance les plans ; il organise un monde intelligible sur le patron duquel sera fait le monde sensible ^ Bien plus : « Les méchants sont le fruit de la colère, et les bons, de la bonté divine. » Philon il est vrai ajoute immédiatement que la colère divine doit être entendue métaphoriquement et signifie la « nécessité et l'imperfection » inhérentes au monde \ Sans doute aussi Dieu crée sans fatigue « comme le feu brûle et comme la neige refroidit » (Cf. infrà, p. gS). Mais une multitude de textes contraires ôtent toute importance à cet émanatisme vague. Evidemment la personnalité si vigoureuse du lahvé biblique l'emporte dans le souvenir de Philon sur la notion de l'Infinité et repousse celle-ci. — Plotin est autrement conséquent avec lui-même. L'Un n'est rien qu'infini. Sa puissance en effet est double. (( L'une est son essence même ; l'autre vient seulement de l'essence. Par l'une, il est chaque chose en acte ; de l'autre procède néces-. sairement ce qui est autre que lui. Ainsi dans le feu distingue-t-on la chaleur essentielle et celle qui en sort et se répand au dehors '. » Précisément la puissance,

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