‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 19 sur 54 · IbicL, VI · texte numérisé non relu

IbicL, VI

26 L INFIMTÉ DIVINE

ci : elle est « ce qui n'est pas\ » Il écrira aussi : « Dieu produit sans cesse, comme le feu brûle et comme la neige refroidit » (cf. cli. 11, p. 56), et il semblera que le monde entier soit un écoulement de sa substance. Mais d'abord le rôle de Dieu est plus ordinairement sous la plume de Philon celui d'un Démiurge. (( Dieu fait œuvre d'artisan (§rjfjitoDpy>9(7at)^ organise (*/.oa|ULo- TTotoOvToc) ^, refaitet ajuste {jinaizoïuv x.at f/sOapiuLo^saGai)^)) Philon écrit en outre : (( Dieu appela ce qui n'était pas à l'être (rà.. f/v? ovza ï%akmzv sic xo ûvai)^ en tirant l'ordre du désordre, les qualités de ce qui était sans qualités, le semblable du dissemblable, de l'autre le même, de l'inimitié et de la discorde l'amitié et l'harmonie, de l'inégalité l'égalité, des ténèbres la lumière. Sa préoccupation constante, en effet, et celle de ses puissances bienfaisantes est de refaire et d'arranger la nature désordonnée de l'essence inférieure (lo 7:lriixixekkQ tyjc, yetpovoç ovatocç) en une essence meilleure \ » La matière conserve dans ce texte le degré de réalité qu'elle possède encore dans le passage bien connu du Timée (Cf. supra, p. i/i). Les dernières lignes : (( Le souci constant de Dieu, etc. » laissent même pressentir son rôle mauvais, qui est si évident ailleurs. Delà matière, en effet, et de larésistance qu'elle oppose à l'action du Démiurge, dérive l'imperfection du monde : (( Sans y être exhorté par personne, — en ne s aidant que de lui seul, Dieu connut qu'il devait enrichir de ses grâces inestimables et magnifiques la nature privée de dons divins et im-

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