‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 20 sur 54 · Ibîd · texte numérisé non relu

Ibîd

puissante par elle-même à participer à aucun bien. Mais il ne les a pas prodiguées suivant la grandeur même de ces grâces — - celles-ci sont sans limites et infinies (àTTSptypacfot.. ymI àreXsuTTiTot) — mais suivant la capacité de ce qui les recevait (rdç rcov svspyetoui^ivooy S-ovàixziç), Il est, en effet, naturel à Dieu de faire le bien ; il ne l'est pas de même pour le devenir de recevoir ce bien : les puissances (al ^\jvdjj.zic^ de l'un dépassent toute mesure, mais l'autre est trop faible que pour recevoir pareille grandeur ; elle s'y refuserait donc (à'JisrTrsv av), si Dieu ne mesurait, n'évaluait, n'barmonisait ce qui revient à chaque chose ^ » Cette matière, enfin, représente le mal dans le monde. Elle est le Mal même. Sans doute l'homme est libre : « Seule l'âme de l'homme a reçu de Dieu le pouvoir volontaire {zriv Izougtov yjy-(]6vj) — c'est pourquoi un châtiment inévitable frappe justement cet affranchi devenu ingrate » Néanmoins, non seulement le bien, le mal même vient de Dieu: (( Les méchants sont le fruit de la colère, et les bons, de la bonté divine ^ » Mais voici en quel sens: (( Par rapport à ce que l'homme endure, colère est un terme exact, mais il faut l'entendre métaphoriquement en ce qui concerne l'Etre \ » Le péché est nécessaire en tant qu'il est l'imperfection même du monde : « Tout homme (Travrî ysvy^/oTw), même s'il s'applique, en tant qu'il est entré dans le devenir, pèche naturellement {p-oiiwïc, zh àf/apTavstv) '. — Il pèche, parce qu'il est homme: il est fini, en effet, puisqu'il est devenu ; il ne peut donc

Page 1