‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 23 sur 54 · III · texte numérisé non relu

III

3o L^INFINITÉ DIYIXE

riiarmonie surAdnt entre l'esprit et la matière, celle-ci tirant (llxoxjGriç) vers le moins bon, allant vers la déraison, parce qu'elle est elle-même sans raison, mais l'esprit dominant (apyovro;) la matière \ » On croirait jusqu'ici entendre Platon ou Philon. Ce]^en.ddini pourquoi la nécessité? Plotin répond alors: (( Le Bien n'est pas seul. Nécessairement sa sortie de lui-même (rrj h/.èdaei TYj Trap' aÙToù), ou, si l'on aime mieux, sa descente et son éloignement continus (xfj àd ÙTroêaast '/.où ol'kog' Taasi) ont amené un dernier degré (zb îayjxxov), au delà duquel il n'y avait plus à engendrer quoi que ce soit. Ce dernier degré est le mal (toOto zhai xo y.av.ôv). Nécessairement il existe quelque chose après le Premier, en sorte qu'il y a aussi un Dernier. C'est la matière qui ne possède plus rien du Premier [toOto ^s iq xJh] ixriSèn ht îjoyjGoc aÙToî» (se. toO TTpwrou)]. Telle est la nécessité du mal (y^ocl ocuty] r\ àvàyzT) roO xaxoO) ^ — En vérité, le mal n'est qu'un moindre bien (oAcoi; es zb y.cf./Sov 'Ckkzi^vj ToO àyaÔoO) \ » En un mot, la matière et le mal ne sont que le dernier degré de l'Etre et du Bien. Il existe un premier Infini qu'on pourrait appeler intensif: c'est le premier Principe. Celui-ci surabonde, procède, s'affaiblit, et en produit un second qu'on peut appeler extensif. On retrouve ce second infini d'abord, comme nous l'avons vu plus haut, au sein du monde intelligible, dans la multitude infinie des Idées et des Raisons séminales. Il y constitue même une « matière intelligible ». Mais la matière proprement dite, son inexistence et sa malice absolues en est le type véritable. « Dans les choses in-

1. Enn., III, 2, 2 (I, 228^2), Cf. encore I, 8, 7(1, 107^): ev tw Tuavil TT]V uXtjv sivai §£1 IÇ lvavTio)v y«p sÇ àvavxrjç toBs t6 ;rav.

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