‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 27 sur 54 · I. Cl. Piat. Aristote, p · texte numérisé non relu

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l'expansion de l'infini 89

nature et de celle-ci à Vâme\ Entre Platon enfin et les Stoïciens le passage est continu du statique au dynamique, de la logique à la vie. L'Idée si l'on n'y regarde pas de trop près se présente comme un Intelligible plutôt que comme une Intelligence. Mais la Forme est déjà une « énergie ». La Tension enfin est tout le stoïcisme ; la Qualité ou Raison est une Puissance au sens non plus péripatéticien mais philonien du mot.

Ces remarques sont fondées ; Philon en fait utilisera les Idées, les Formes, les Raisons au même titre et de la même façon que les Puissances proprement dites. Cependant la notion de rinfînité divine, que Philon possède et que les Stoïciens ou à plus forte raison Platon et Aristote ne possédaient pas, introduit alors un changement profond dans la notion corrélative des Puissances intermédiaires. Les traités de Philon présentent une pénétration du monde par Dieu au regard de laquelle le dynamisme grec semble presque de l'inertie. Tout en outre est vivant chez Philon, même le minéral ; Y habitude des Stoïciens est encore morte. Les mômes philosophes procèdent au moins indifféremment du monde a Dieu ou de Dieu au monde ; ils vont même ordinairement dans le détail, comme nous l'avons dit, du monde à Dieu. Philon va exclusivement de celui-ci à un monde que Dieu surpasse infiniment.

En résumé, les Idées, les Formes, les Raisons de la spéculation grecque tendaient à devenir des Puissances intermédiaires au sens pliilonien du mot ; Philon de fait les a utilisées comme telles, mais en les perfectionnant en quelque sorte sur le patron de celles que

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