Cf. Ed. Hekkiot. Philon le Juif, p
l'expansion de l'infini 4g
Père des choses que les Saintes Ecritures appellent de son véritable nom, l'Etre ; de chaque côté, les Puissances les plus anciennes et les plus proches de l'Etre (al ^£ Trap' Ixarspa al Tipscêurarat x.at lyyuTarw rou ovto; Svvdp-stç), la Créatrice et la Royale... — La vision est alors une et triple : d'une part, l'Etre par excellence... ; d'autre part, deux autres (êtres"), etc. \ » Nous reviendrons d'ailleurs sur ce point. Concluons pour la dernière fois que Philon a introduit dans la spéculation grecque l'idée de Puissance infinie et la doctrine des Puissances intermédiaires.
2"" Plotin a-t-il repris à Philon Vidée de la Puissance infinie et des Puissances intermédiaires? Les textes que nous avons rapprochés le prouvent.
Le langage des deux philosophes présente d'abord quelques similitudes. Nous lisons en a) izz^iiyovxoc, où
7r£pt£^0f/.£V0LI (Cf. c) TTSptSySt, àXX' OU Tr£p«£^£Tat) , Ct CU c'^
/wpaToù|:/£vo<;. où zpaiwy, -/.al £y6p.£voç, a}X o^r/. éyj^^ ', en a) Tïavzayov t£ ym où(5a|7.oi3. .. £tvat, et en c) h izoLaiv £tvat, ort au ïv o\i^£vi ; en a) ràç ^xivcf,^zic, aùroO . . . zziva.c, et en a') ^uvàf/£tç ^' aTi' aÙToO Izvai ; en /) Svydcij.eLç et en f^^
La similitude des pensées est très frappante. A la fin de a), par exemple, nous lisons : « Ses puissances se sont étendues à travers la terre, l'eau, l'air et le ciel. )) Plotin écrit en a') : « Ses puissances descendent de lui en toutes choses. » On peut rapprocher encore le début de a) et e^) : « Il enveloppe et n'est pas enveloppé : il est partout et nulle part. — L'univers est dominé, mais ne domine pas; il est possédé, mais ne
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possède pas. » Le milieu de a) : (( L'étendue et le lieu ont été engendrés par lui » rappelle f) : (( La grandeur du tout est en raison de sa présence (de l'Ame), et son étendue a pour limites celles de l'espace dans lequel il est vivifié par elle. » De même 6) et d!) : « Tout est rempli par Dieu ; tout est traversé par lui ; rien n'a été laissé par lui vide et privé de lui. — Il est tout entier présent à chacune des choses dont il n'est ni éloigné ni proche. » Le texte e) enfin : « Ex Ente... scaturiunt ambae virtutes » rappelle h') : (( Ses puissances sont descendues sur toutes choses. »
Plutarque, il est vrai, et Numénius, placent aussi une série d'intermédiaires entre Dieu et la matière. Le premier reconnaît une Ame bonne et une Ame mauvaise : « Ce n'est pas un même sommelier qui, puisant à deux tonneaux des vins différents, les combine et les distribue à tous: il y a deux principes opposés, deux puissances contraires, dont l'une va à droite et en ligne directe, tandis que l'autre tire en sens contraire et en ligne brisée (^èXk' cltzo Svoh ivcf.vxloiv àp^wv vm êvoïy àvTtTTaXwv (JuvafjLsvoùy) \ » Bien plus, l'âme bonne est (( œuvre (spyov) et partie » de Dieu ; elle est non seulement par lui, mais elle vient de lui et sort de lui (ym fjiépoç ouâ' utt' aÙToû oiXkà ym àrr' auzoï) ym ïi ofùroD yiyov£v) ^ En outre, l'Ame mauvaise est une réalité positive et indestructible. La matière, en effet, est « de soi sans qualité et sans action » : comment pourrait-elle être en même temps « malfaisante... et rebelle à Dieu.^^^ )) Avant la création, donc, la matière n'était pas (( le défaut complet de corps, de mouvement et