Enn., V, 2, i
l'expansion de l'infini 55
rintelligence (cf. supra). Toutefois quand celle-ci est sortie de l'Un, elle était seulement une puissance indéterminée. Mais elle s'est tournée vers son principe et elle l'a vu : cette vision est l'Intelligence même {r\ de o^aaiç avuri vovç). L'Intelligence, en outre, a fait effort pour saisir le Principe premier. Or celui-ci est une Puissance infinie. L'Intelligence ne pouvant l'embrasser dans sa plénitude l'a brisé pour en posséder les parties, et elle est ainsi devenue multiple ^ Deux principes ont donc contribué à former l'Intelligence. L'un est le Principe premier dont la puissance la fonde et l'excite; l'autre est l'Intelligence même, qui excitée achève de se déterminer elle-même ^ Cette Intelligence n'est séparée du Principe premier qu'en tant qu'elle en est distincte ^ Cependant elle est Dieu, Sagesse immuable, Vie première, et la conscience qu'elle possède d'elle-même enveloppe dans une intuition unique le sujet et l'objet '. Or une Puissance si grande ne peut ni demeurer stérile % ni entrer en contact immédiat avec la matière ^ Un troisième principe apparaît donc : c'est l'Ame universelle. Mais celle-ci sort de l'Intelligence, comme l'Intelligence était sortie de l'Un, sans mouvement, par une effusion naturelle'. L'Ame est le Verbe extérieur, l'hypostase immédiate, l'image de l'Intelligence ^ L'une cependant est moins
1. Enn. V, I, 7 (II, iGg^O- ^'3, ii (II, 198^). V, 6, 4 (II, 225^1). II, 5, 3 (I, 1701^). m, 8, 8(1, 34i<0.