‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 44 sur 54 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'EXTASE

L'âme en extase cesse d'être elle-même et devient Dieu, ineflable, inconnaissable, infinie comme lui. C'est, pour elle, le comble de l'être et de la félicité.

a) Leg.aUeg.,U,g(<:.J,ç^Q^^'):

7] yàp HzaTaaiç xal xpOTur) zoi) vou U7CV0? sŒTiv autou £?:.ataTat 8;, oxay [xr] xpay(jLai£'jr]TatTà£;T:i(3àX- XovTaauTwvor]-:à' ots 8s oux svcpysc Tauxa, xotjjiàrai. Eu âà to oavat, oit l^iaiaTai, louro §' saii TpSTTSiat, où Tiap' lauxov, àXXà noLpà. Tov £7ii[îaXXovTa xal £7U'.o£povTa xa\ £7i;t7r£[jt,7:ovTa T7]v xpojiT^v Oeov. — L'extase et la conversion, c'est le sommeil de l'esprit. Celui-ci est en extase, lorsqu'il n'élabore plus les matériaux fournis à sa pensée : or, clans cet état, il se repose. Il est juste de dire, qu'il est alors en extase, c'est à-dire qu'il est converti, non vers lui-même mais vers celui qui envoie, apporte et adresse cette conversion, vers Dieu.

6) Fr. M.II, 667(8., VI, 257):

IIspl uTtvou. '0 U71T0Ç xaià TOV npo-

cpyjxrjv èV.aïaatf; laxiv, O'jyi xaià fj.a-

a) Enn., VI, 9, 10 (II, 5222^):

Ôt£ 10 Itopaxoç apysi xr\v ^iocy où y. à p y 0 u V T T] y s tu t a t 1^' [jl r] v ttjv £v a7T:o5£i^£ai xal 7riaT£C7[ xal tw Tf]ç ^l'yjiz ôtaXoy.ap-oj. — En sorte que la vision de Dieu se perd, quand ne se perd point la science des démonstrations, des conjectures, et des raisonnements.

6') Enn., VI, 9, 7 (II, SiS^):

av£i8£0v irjv ^uyr]v Yiv£a6ai, zl tj.£'XX£'. [jLr]8£v £[JL7ioôtov £yxa6^'p,£vov 'easaôai Tzpoç TiXrjpajŒLV xal è'XXajxtJ/tv autrj T7^'; cpùa£wç T^ç TûpfOTr];. — Que Tàme devienne sans forme, si elle veut que rien ne s'oppose à l'envahissement et à l'illumination en elle de la nature première.

c) Enn., VI, 7, 35 (II, 469-^):

'H os «j^u/T) olov auy/£aaa xal oL(ûaL^r^(Sot.<i(x ixé^^ovTot. tov Iv auTT) V0O7... — L'âme (ne voit Dieu)

L EXTASE

Vî'av, aXkcx. y,oi.TO(, Tr]v iwv aîa97{aswv u^saiv xai Tr]v avay^ojprjaiv tou Xo- Y^apLoD". ToT£ yocp at [jl£v aiaÔrîasi^ sÇiaxaviai tc5v aiaÔrjiwv, ô 8a ouxsxt v£upoa;taaT(J5v, ouSè Tcaps'/^wv xivr]atv auiatç r]p£[JL£Î, at BsTaç IvBp^dixq <X7Z0- T£T[X£p.£Vai TW 8l£^£U)(^0at Ttov aidGr]a£wv àx(vr]TOixai apval u7T:£xX£XuvTai.

— Dw sommeil. Le sommeil, suivant le prophète, est une extase, causée non par la folie, mais par le relâchement des sens et la retraite du raisonnement. Alors, en effet, les sens se détachent des objets sensibles, et l'esprit, qui n'agite plus les nerfs et ne met plus les sens en mouvement, se repose.

c) Qiiis rer. div. her., i4 (G., III, i6^^): nd6o$ ouv bÏtic, dGépyjTai Ce, ^u'/^rj, Twv GsLwv àyaôcJov xXiQpovopi-^aat, [jLT] [jLOvov (c yTJv », t6 awjjLa, xai « cuYY£V£iav », aiaG/jaiv, xai (( OLxov TtaTpoç », tÔv Xdyov, xaxa- XiTirjç, à)^Xà xai aauxTjv aTidSpaOi xal £xai7]6ia£auT^'ç, a)(j;i;£p OLxaT£y^d[jL£voi xa\ xopu6avTic5vT£ç jBaxy£u6£Taa xal 6£OGopr]Ô£îaa xaxoc Tiva TipocpTjxtxov £7T:i6£iaa[jLdv IvGouaitoar]? yàp xal ouxsT ' ouar] ç Iv laux^ §iavOLaç â/vX' k'pwii oupavtw a£Œo67)jjL£vr]; xàx[Ji£[ji,r]vuiaç xal utuo tou ovtojç ovto; 7jy[X£vr]ç xal avco xooç auxo slXxuafxEvr]ç, 7:poVotjar]çaX7]6£'!a; xal lâv Tuoalv àvaa"£XXouaY]ç, Tva xaxà XEOj^^dpo'J

[iaiVOL TTjÇ Ô80U, xX^'pOÇ O'JTOÇ. —

Si donc quelque désir entre en toi, ô âme, d'hériter des biens divins, quitte non -seulement la « terre »

ou le corps, son a parent » ou le sens, et la « maison paternelle »

ou la raison, mais fuis-toi et sors de toi-même, comme les Gorjbantes

qu'en confondant (avec lui), en faisant évanouir l'intelligence qui réside en elle.

cl') Enn., VI, 9, ii (II, 5240^ TO §£ lacoi; TJv ou Oiapia, àXXà àXXo; xpoTTOç xou i5£Tv, à'xcxaaiç, xal aTuXcoat;, xal sTut^oacç auxou xal £cp£a'.ç TUpoç açTjv, xal axaatç xal %zpiv6r\<iiç, Tipôç £9ap[jLoyr]v, sl'xEp, xlç xo Iv xw aBuxw G£àa£xai. — Cette (contemplation) n'est peut-être pas un spectacle, mais une autre façon de voir, une extase, une simplification, un abandon de soi, un désir de contact, une quiétude, un souhait de se confondre avec ce que l'on contemple dans le sanctuaire.

e') Enn., VI, g, g (II, 621^): £v fjGuyw xrj Tïpoç £/£Tvo £7:a^r|. — (L'âme) touchant celui-ci (le principe premier) par un tact plein de quiétude.

/') Enn., VI, 7, 53 (II, 469^):

'ExxaGàv 83 xo àyaGov Iti ' auxotç xal auvap[jLOaG£V xrj àjxcpoxô'pwv auvxaasi IxiopapLOv xal âvwaav xà 8uo l'^iEorxiv aùxotç (jLaxaptav 8t8oùç a l'a 0 Tj a t V x a 1 G £ a v . . . — Le Bien s'élendant sur elles (l'intelligence et l'âme), s'y adapte et se répand sur elles ; il les unit toutes deux, il les domine, il leur donne le sentiment et la vision heureuse de luimême.

g') Enn.. VI, 7,84 (H, 466^7):

"Oxav — ' 7]xr] (ô G£6;) Tipo; aux7]v, p,àXXQV 0£ TTO'pov cpav^ — i8ouaa 5s £v aùxT] £ ^ a 1 9 V 7] ç cp a v £ v x a . — Quand (Dieu) vient à elle (l'âme),

et les possédés ; sois transportée et divinement agitée comme dans l'inspiration prophétique. Quand la pensée, en effet, est saisie par l'enthousiasme et ne demeure plus en elle-même, mais qu'elle est secouée et affolée par l'amour céleste, conduite par Celui qui est véritablement et attirée en haut, la vérité la pousse, l'éloigné des choses qui sont à ses pieds, et la place sur la route royale, voilà l'héritier [des biens divins].

d) Ihid., 5i (C, m, 59I) :

Tou vou 7rapaXa[j.6àvojv. — L'extase, qui apporte à l'esprit le repos et la paix.

e) Qiiaest. et sokit. in Gen., Ill, 9 (S., VII, 12) : Divinus quidam excessus tranquillus factas est repente virlute praedito ; nam ecstasis — nihil est aliud, quam abscessus mentis extra se exeuntis. Prophetica vero gens amat id pati ; quum enim divinat et divinis imbuitur intellectus, non ultra in se existit, qiioniam dioinam spiritam intas recipiens cohabitare facit; immo potius ut ipse dixit, cadit saper eam (spiritus), quoniam non lente supcrvenit, sed repente irruit. Gaeterum bene se habct et quod adjecit, quod horror mcujnas tenebrosiis incidit ei :

haec enim omnia ccstascs sunt mentis... — Une extase, divine, pleine de paix, se produit soudain chez l'homme vertueux. L'extase, en effet, n'est rien autre chose que la retraite de l'esprit sortant de lui-même. Les prophètes aiment

L EXTASE y I

ou plutôt qu'il est présent et qu'il parait, — elle le voit en elle, soudainement apparu.

h') Enn. Ihid., (IL 467^): oots awjxaioç ïxi ataÔàvsxai, ozi laTiv £v auxô, ojX£ lauxrjv aXko zi Xs'yci, ouz avÔpwTiov, ouÇwov, oux ov, ouSs Tîàv. — Elle (l'âme) ne sait plus qu'elle a un corps, ni qu'elle est en lui, ni ce qu'elle pense, ni qu'elle est homme, animal, être, ni quoi que ce soit.

0 Enn., YI, 9, 11 (II, 523^0) :

ou yap XI h.ivzXxo 7Z<xp^ auxoj, ou Gu(j.d;, oux £7UL0u(jLia àXXou Trapfjv auxw ava6£6r]xo'Tt, àXX ' ouSs Ao'yo; ou§£ Tiç vorjcj'.; ouô' oXoiç, auTo;, el 8£î xal TOUTO Xiyei^r aXX' wcjTUsp àp7:aaÔ£lç rj £vOouatàaaç7jau-/f] £V £p^'[Jt-w xaTaai:àa£i Y£Y£vr]xat àTpc(JL£T TT] auTOÙ oùatà ouBarjiou «t^oxXivwv ouSà nep] auxov aT:p£Ç)o'(j(,cVo;, âaxojç xavxT] xai olo'j cxàaiç y£vo(jL£vo;. — Rien, en effet, ne se mouvait plus en lui, tandis qu'il s'était élevé au-dessus des choses, ni la colère, ni le désir de quoi que ce soit, ni la raison, ni lui-même, s'il faut dire ; mais ravi et enthousiasmé, tranquille et solitaire, il était impassible ; renfermé dans sa propre essence, il n'inclinait d'aucun côté et il ne se tournait même pas vers lui-même ; il était dans une stabilité parfaite, et la stabilité même.

/) Enn, VI, 9, 10 (II, 5233):

oCkX' o'oy àXXo; Y£voa£VOç /.a- >ùx ajxo; ojo ^ auxou auvxcXeî £X£L, xàxsfvou Y£vo(x3vo; é'v laxiv...

L EXTASE

cet état. Pendant la divination, en ejffet, lorsque la divinité emplit l'intelligence, celle ci cesse d'exister en elle-même. L'esprit divin, qu'elle reçoit en elle, la fait cohabiter avec lui. Bien plus. Gomme (le prophète) le dit, cet esprit tombe sur elle. Il ne survient point, en effet, avec lenteur ; il se précipite tout à coup. C'est d'ailleurs avec autant de raison que (le prophète) ajoute une nuit épaisse et obscure l'enveloppa : tout cela, en effet, est extase de l'esprit.

f) Leg.alleg. ,1,2^(0. ,1,82^'^):

"Oxav yàp 1x6^ ô vouç lauTOu xa\ lauiôv avsvs'yxr] 0£w, — Tr]V'//.au-a ô[jLoXoY!'av TTjv Tîpo; Tov ovTa r.oielTOLi

£W; §£ laUTOV UTUOTlGlQTaL (I)Ç aliiov

Tivo;, [xaxpàv a'^sairjxs to'j izoLpa- .ywpsTv 0£w xai ô[xoXoy£Tv auiô- xai

auTO yàp touto to £Ço[jLoXoy£îaÔai

VOr]T£OV OTl '£pYOV EŒTIV oÙ/l T%

t];u'/^<;, aXkk TOu^aLvovTOç auTrj 6£ou TO £Ù-/apiaTov. — Quand l'esprit monte au-dessus de lui-même et que Dieu se soulève, — il s'unit à Celui qui est : tant qu'il agit encore, il cherche à s'approcher de Dieu et à s'unir à Lui. Cette union, en effet, ne doit pas être regardée comme l'ouvrage de l'âme, mais comme le don gratuit du Dieu qui apparaît à celle-ci.

g) De opif. mundi., 28 (C, I, 2 4^)- 67i£p6aXXovTa xaXXr], pi£6r) VTjcpaXia) y.OLTarsyzdelç, Mir.ep ol xopu- 6avriwvT£^ svÔouatôc, kxipou y£jjLt-

aÔ£i; •.[J.£pOU Xal TCOÔOU (j£XTtOVOÇ, uo '

où TTpGç T7]v &.y,p<xv à^ioa 7uapa7r£[j(,ç6£\(; Twv vor)T(J5v £7i:* aùiov k'va'.

— Mais devenu, en quelque sorte, autre, il (l'extatique) n'est plus lui et ne conserve rien de iui-'même ; il devient (partie) de Dieu, et un (avec lui).

//) Enn., VI, 7, 35 (II, 46820):

Qeoç — ou xax' o^v^ ooL^elç, àXXoc

TTjy <]^U)(^T]V ll±7zX7](Saç TOU 6£W[J.£V0U.

Un Dieu — n'apparaissant pas à la vue, mais remplissant l'âme de celui qui le voit.

0 Enn., YI, 7, 35 (II, 4691^):

A 10 0U8£ XlVElTai 7] t]^Uyr] TOT£, OTl [JLY]§' £X£ÎVO* OÙhl '^^yji TOl'vUV, OTl

[jLr]8£ Çrj £X£Îvo, aXXà uTrèp t6 Ç^v ouô£ voO";, OTl [xr]0£ vo£î. ôjjioiouaôai

yàp 0£Î- VOcT Ô£ OUX £X£rV0, OTl 0'J§£

vo£TTai. — C'est pourquoi l'âme ne se meut plus alors (durant l'extase), parce que celui-ci (le Principe premier) ne se meut pas non-plus ; elle n'est plus âme, parce que celuici ne vit pas, mais est au-dessus de la vie; elle n'est plus esprit, parce qu'elle ne pense pas non-plus.

Il y a, en effet, ressemblance complète (entre elle et le Principe premier). Mais elle ne le pense pas, parce qu'il n'est pas pensé.

m') Enn., YI, 9, 9 (II, 532^7):

G£6v y£VO[jL£vov, (jiàXXov §i ovTa. — (L'âme) est devenue Dieu, bien plus, elle est Dieu.

L EXTASE

8' iScTv, a6poou <pwToç axpaTOi xal a[jLiysîç aoyal -/ci[jLappou TpOTîov lx)(^£0VTat, wç Taîç fiapp^apuyaTç to Tr]<; Ôtavoi'aç 6[jLp.a axoioSiviay. — (L'intelligence) méprisant les beautés sensibles, s'enivre d'une sobre ivresse. Gomme les corybantes, l'enthousiasme la saisit. Autres sont les amours qui la remplissent ; meilleurs, ses désirs. Ceux-ci la portent jusqu'au sommet le plus élevé des choses intelligibles. Elle se dépasse elle-même, semble-t-il, et elle atteint le grand roi. Tandis cependant qu'elle désire voir, la lumière, abondante comme un torrent, étend sur elle ses rayons, doux et purs. De cette illumination rapide, l'œil de la pensée reste en quelque sorte ébloui.

h) Lecj. alleg., I, 16 (C, I, 83^) : TTcTi'Jptoiai yàp £v S'j'/^apiaiia 6eoCi xai [jlc6'j£l ttjv vrj'^ouaav fjL£'07]v. — (L'âme) est purifiée en rendant grâces à Dieu et s'enivre de l'ivresse sacrée.

0 Fr. M. II, 669(8., YI, 260):

n£pl TOU Çr]T£Tv TOV Ôeov. — M ('a

âvaTua'jcjtç 'I^u/t]? ecîtiv f] xpaxcaTr]

£Î; TOV l£p6v TOU OVTO; TloOoV, 7]y£-

[jLo'vi jpriaddLi 6£(o xal PouX£U[jLaTwv xal Xoyojv xai Tcpà^EOiv. — Sur la recherche de Dieu, L'unique repos de l'âme, le meilleur, dans son désir sacré de l'être, c'est de prendre Dieu pour guide de ses pensées, de ses paroles et de ses actes.

j) Ihid. : nipa; £jÔai[jLOVia; -6 axXcvw; xal àpp£7i:c5; âv (jlovw Oaw

n) Enn., VI, 7, 35 (II, m'-^) :

"ÛTav [yàp] a^pwv yEvrjTat [i,£6ua-

GeIç TOUV£XTapOÇ, To't£ £ptOV

yi'vETaL... — C'est quand (l'âme) devient sans raison et enivrée par le nectar, qu'elle est éprise (du Principe premier).

0') Enn., VI, 7, 34(11, li^l'') :

"EvGa 8rj oùâiv :iravTtov av toutou

âXXâqaiTO, ouS' el xi^ «ut^ izd^Tix TOV oupavov £:T:tTp£7U0i, w; oùx ovio;

aXXou £TL à[JL£LVOVOÇ 6Ùô£ (JLflcXXoU

àyaOou. — Alors (pendant Tcxtase) (l'âme) ne changerait (son état) contre quoi que ce soit, lui ofTrît-on le ciel entier, parce que rien n'est suj)crieur et meilleur.

//) IbUL, (II, ^C)f-'-'): il oï xai Ta àXXa Ta T^sp». aÙT7]v o6£i'poiTO, £u

Ih

L EXTASE

ar^vai. — Le terme du bonheur est de se tenir fermement et sans pencher en Dieu seul.

(xàXa, xal ^ou^stai, tva Tcpoç toutw rj ]^Q^ov ' elç, TOŒOv fjXci suT^aGefa^. — Même si toutes les autres choses périssaient autour d'elle (l'âme), elle y consentirait volontiers, afin de rester seule avec lui (le Principe premier) : tant est grande la félicité à laquelle elle est parvenue.

La doctrine de l'Extase était aussi bien que celle des Puissances une conséquence nécessaire de l'Infinité divine. Un Dieu infini pénètre et déborde la nature. Il est au fond de nous et hors de nous. Le moyen unique de le connaître véritablement est donc de le saisir d'abord en soi par la réflexion, puis de franchir en quelque sorte les limites de l'individualité pour s'unir intimement avec lui. La dernière de ces démarches est l'extase. Nous devons à propos de celle-ci €omme à propos de la notion de l'Infinité nous poser trois questions, i^ Philon est-il le premier philosophe qui ait introduit dans la spéculation la doctrine de Fextasc^â"" Si oui, Plotinlalui a-t-il empruntée.^ 3*" Si oui encore, Plotinla modifie-t-il et en quel sens.^ Toutefois les considérations, à l'aide desquelles nous avons résolu les questions relatives à l'Infinité divine, nous permettront de trancher plus rapidement les mêmes questions relatives à l'Extase.

i*" La philosophie grecque avant Philon n'a pas connu la doctrine de FExtase plus que celle de l'Infinité divine. On rappellera, il est vrai, les quatre degrés de la connaissance platonicienne dy^aatoc, mazic, (îtavota, vÔYirjiC , Or la voriGLç suppose la réminiscence, et celle-ci

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