De an., III, 5, ^^O
^6 l'extase
éternellement dans une intuition immuable \ En un mot, Fintellect actif qui est le principe dernier de la connaissance, possède tous les caractères de Dieu même et semble se confondre avec lui. Mais d'abord l'âme demeurerait en ce cas déterminée comme l'Acte pur, avec lequel l'intellect serait identique et auquel elle s'unirait. Ensuite il est faux que, pour Aristote du moins, l'intellect actif soit identique à Dieu. Alexandre d'Aphrodise le soutiendra. (( Mais Aristote ne va pas si loin... S'il dit à diverses reprises que ce principe est (( divin )), ... ces expressions signifient seulement... que l'intellect actif est l'une des formes les plus approchantes de la pensée souveraine... Bien plus, Aristote déclare ... que l'intellect actif est « une partie de l'âme», ... c'est là un rôle, qu'il paraît difficile d'attribuer à la divinité elle-même ^ » — Les Stoïciens, enfin, admettaient une inspiration immédiate de la Divinité : (( L'âme est alors tirée (tractos) et comme pompée (haustos) du dehors. Au dehors, en eflPet, existe l'âme divine, d'oîi l'âme humaine sort... La partie de l'âme qui participe de la raison et de l'intelligence vit alors d'autant plus qu'elle est plus loin du corps ^. » Mais l'âme divine est d'abord un principe déterminé, ainsi que nous l'avons établi plus haut. Ensuite, quand l'âme humaine s'est unie à elle, toutes deux forment un composé défini comme l'âme divine elle-même. L'infini n'a pas de place officielle dans le stoïcisme grec (cf. suprà). Par l'Extase, au contraire, l'âme devient, chez Philon, infinie ainsi que le Dieu auquel elle s'unit : (( Quand l'esprit monte au-dessus de lui-même et que