‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 47 sur 54 · Gic. De divin., I, 82 (Mûller, IV · texte numérisé non relu

Gic. De divin., I, 82 (Mûller, IV

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Dieu le soulève, il s'unit à Celui cjuiest(/). » Mais Celui qui est, est « sans qualités (cf. ch. i, Ca) ». Si donc l'on voulait trouver dans la philosophie grecque quelque chose d'analogue à l'extase, c'est du côté de la vertu stoïcienne qu'il faudrait chercher. «L'âme, avonsnous déjà remarqué (cf. supra, p. 12), tendue en ellemême, àey'iç^ni supérieure atout. » Mais les remarques que nous avons faites alors reprennent ici leur force. En réalité, les Stoïciens grecs ne séparaient pas plus la volonté de l'ordre naturel qu'ils n'isolaient Dieu et le monde. Sans doute les y.cfMiy.ovza Amenaient après les za6op- ^(ii^y.za: mais les uns restaient l'indispensable matière des autres. Si Ariston de Chio soutiendra un jour le contraire, il entraînera le stoïcisme dans des voies demeurées inconnues à ceux qui avaient fondé et défendu la doctrine.

2^". Plotin a-t-il repris à Philon la doctrine de F Extase ? — Il le semble bien encore.

Relevons d'abord quelques similitudes de langage. Nous lisons en a) ïy.araatç et en d^) ïyaTocaiç ; en a) orz §k

oùx, Ivepysl zy.m'oi (se, zà. vor,Ti) et en a^) ou/, apyoijv zr^v E7:LGzri[xriv; en c) h%vaLiùC-nç> (cf. g) svOouat^) et en i^) hOov- Gioiaai;; en 0?) zrjV ■ï\(j'0jjyv vm ripz[xiyy et en i') ^finvjYj vj IpYiixiù ; en e) factus est repente, et en g') IÇatçvriÇ ©avénzoc ; en e) non ultra in se existit, et en/) yal o^rAoi\jzoç, où§' duzav a'O'jzekeï; enjf) roi) (faïuoyzoç amfi Gsoû et en g^ Trapov çpavvî... e^a/cpv/iÇ (pavevra ; en K) peGi^st ztiV vv^çou^ray juieO'/iv (cf. ^) i^eG'/]) et en n') ju^eOu^Gsî; roO vszrapo;.

La similitude des idées est beaucoup plus remarquable encore. Toutes les parties importantes de la doctrine sont, en effet, communes aux deux textes. — L'extase suppose d'abord le repos de l'activité scientifique.

•yS l'extase

Celle-ci, en effet, est encore discursive, multiple, voisine des choses : a) orav ^m Trpay|!^aTeu"/]Tat xa irAêdXkoyra

aÙTw voYiToc [Cf. 6) et c)] — a^) oxjy. apyouv ttjV eirtarv^p/jv. — L'âme sort d'elle-même : a) rpsTusiat, où irap' eauTov... — d^) lirt'tîoatc auToû, h'^ oCts... IgtÎv Iv avrô [Cf. /)]. — L'extase est une simplification de l'âme: a) où/. IvEpysI, etc. — b') dviideov,,, yivsrjOat, etc., d^) icTrXcaatç. — C'est un repos : a) /.otfxxDct, 6) ùrrs/AsXuvrat, c?) tout entier — d) craatç [Cf. e^) et T)]. — Ce repos est une forme supérieure d'activité : g) [ji^ri [Cf. A)] et n') f/sôua- Gstç — c) IvOouctoocriÇ et i^) èvGoua^waç — y*) bixoloytav rrjy TTpo; Tov ovra et d^) scpea-tç Tipoç à^v^v — c) Gsao^niJÂvri(; y.ai h.iJ.sixriVoia(; — i^) àprrafrGstç. — Cette activité est le résultat de l'union avec Dieu : /) oixoloyiàv zrjy Trpoç tov oyra et g) stt' aùrov \ivat Soxel xov [xéyocv ^aaïkioc — ■ m^) Osoy yeno^evoy, fji5cX)i0v ^s Ôvra. [Cf. /^) et j^)] bixoiova^fXi yàp ^£Î et xaxetvou (se. Gsotj) ysvo/zsyo; s'y Icrtv). — L'âme touche alors au comble de la féUcité : j) flspaç e^j^atixonocç zb dyj^w(hc,,,, Gsô (jXTjvai [Cf. d), A), i)] — o^) "Ev9a (ï>7 oii^èv T.dyx(jiv av xomo-o oàXdiaizo, où(ï' û xiç aùr/7 Tuavia, etc. [Cf. jD^)]. — L'âme ne peut atteindre Dieu par ses seules forces. C'est Dieu qui vient vers elle et la soulève jusqu'à Lui. La purification prépare et mérite l'extase, mais celle-ci est un don gratuit, une grâce comme dira la théologie chrétienne : c)£pojTt oùpavt'co asaoêyip-sWiC... v.al bno ToO ovTOic, oyroq riyixéyriç^ etc. ; e) divinum spiritum intus recipiens (se. anima) cohabitare facit ; f) y.cà amo y^ip to{)to xq l£o|7.o).oy£raGat vor]T£ov oit Ipyov laxlv oujj xyjç, ^ujyjç^ dl}A xo\J (^aivovxoc, ccyjx'ç Gsoîj xb euj^oipiaxoy, — f^ 'ExtaGsv $è to ayaGov stt' c/Jjxb 7m (7L»yap|ULoaG£v tv7... avGxdaei^ etc.; g^) ''Oray... '/ix.yî (6 Qso;) Trpoç aÙD^v, [xaHoy dk Tiapov cpav>?.

Plotin a donc, semble-t-il, repris à Philon la doctrine de l'Extase. Cette doctrine, toutefois, avait aussi

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reçu d'importants développements chez Plutarque et chez Nmnémius. On peut donc se demander encore, si Plotin ne Fa pas reprise à quelqu'un de ces philosophes.

Plutarque mêlant la religion et la philosophie écrit : (( Nous ne prétendons dépouiller la science prophétique {zYiv iiavrmy) ni de son caractère divin ni de sa raison. Si nous donnons pour matière et sujet à cette science l'esprit humain, nous lui donnons pour instrument et, en quelque sorte, pour archet (^ohy ôpyavov ri TrXrîzTpov) le souffle de V enthousiasme et l'exhalaison (zo o' è^^GoUGtaorrr/wOV TTvsDf/a y.ai vrjv dva^-o^iaaiv)^ , )) Dieu, en effet, ]3eut communiquer directement avec l'âme, non seulement pendant le rêve , mais aussi pendant la veille : (( Quand l'intelligence supérieure (6 rou /-perrrovoi; voue,) s'adresse à une âme excellente, elle se met... en communication directe (sTrtGtyyàvojv) avec le principe pensant. — On se figure ordinairement que Dieu se communique aux hommes pendant le sommeil seulement. S'il existe des mortels sur lesquels il agisse aussi, même quand ils sont éveillés et quand ils jouissent pleinement de leur raison (xa^sfjrchTaç h rô cppcyelv), le vulgaire regarde ces communications comme prodigieuses et invraisemblables ^ » L'âme alors est mue par la Divinité même : « Voyez les corps qui tournent en tombant... La violence qui leur est imprimée, détermine un mouvement circulaire, tandis que leur pesanteur naturelle les porte en bas... Pareillement ce qu'on nomme enthousiasme (evOouata^luio;) semble être un mélange de deux mouvements dont l'âme est

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