‹ Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin; étude critiqueChapitre 49 sur 54 · Ibid., (B. II · texte numérisé non relu

Ibid., (B. II

L EXTASE CI

djavivToc (ôsov) (g^) ; Plutarque : Tupostf^elv. — Philon : IvGou- Giiùariç(c), cohabltare(e))£HofjLoXoy£Îa9at(/) ; Plotin : èvQoyaiàaaç, (i^), îc^eaiç irpbç àcfr/V (d^), c/-/otoj(70at (/^) et Qsiv ysvo- [xsyoy {in'^ ; Plutarque : èTrtOty^^ayoov OtyovTs; «ttAgoç. Si toutefois l'on y regarde de plus près, on ne tarde pas à saisir entre les deux doctrines une différence importante. La doctrine de Philon et de Plotin est une doctrine de l'extase. Le nom y est écrit et répété ; la chose y est analysée. Dieu vient vers l'âme, ou plutôt il la tire à lui. Celle-ci sort d'elle-même. Les deux s'unissent, se mêlent et ne font plus cju'un. Plutarque, au contraire, ne prononce pas le nom d'extase, et la chose n'apparaît pas clairement à travers les textes. Sans dorte Oieu touche l'âme; celle-ci le voit et même s'unit à lui. Mais tant s'en faut que Plutarque insiste sur cette union comme Philon et Plotin. Au fond sa doctrine est moins l'extase dont ceux-ci parlent, que l'enthousiasme sacré tel qu'il s'offrait dans les mystères et dans les oracles. Si l'on considère, enfin, que les similitudes de langage et de pensée relevées plus haut conservent toute leur force, on peut conclure que Plotin ne doit rien à Plutarque et tout à Philon concernant l'extase.

Un texte de Numénius nous intéresse davantage ; (( Le Bien, avait écrit le philosophe néopythagoricien, ne peut être connu ni par sa présence, ni par analogie avec les choses sensibles, mais par une prière ardente {ozYiazi^. Comme l'homme assis dans un observatoire atteint de ses regards perçants et d'un seul coup {^la ^ok'/j) une petite barque de pêcheur, nue, solitaire, ballottée par les flots (fxtav, p.ov'/]v, k'prîf/ov, f/siazijatot; i/o[jivy]v), de même celui qui s'est retiré loin des choses sensibles sanil au Bien seul à seul {o[xiknr:y-i uo àyaOoj H. GuYOT. 6

L EXTASE

[xàv^ù ixôvoyy II n'y a plus alors ni homme, ni animal, ni corps grand ou petit (svOa f/ryis ziç àvôpojTroç [iriTe zi 'Çôùoy £T£p6v, ixri§£ achua ijlyoc fx'/îJe afxr/pov), mais une solitude ineffable, inénarrable, et tout à fait divine (àXXa Tt; aoaro^ xaï d^LTiynzoç drzyythç s^^niJdcc OzaTïéatoç), Alors aussi le Bien commerce avec l'âme, il converse avec elle et lui communique ses charmes (àvOa toO dyaOoï) tiGt) ^Loczpiëai re YM àyXalat). Tranquille, paisible, heureuse, la partie supérieure et dirigeante de Fâme s'appuie sur l'essence (auzo $e IvsipYjvy], Iv sl^uevsLx zo 7ip£p.ov, zb riyt^j^ovv/Mv, L9;£ooy £Tro)(ou(7.£voy Ittî zri ohaioi). Mais si quelqu'un s'abandonnant aux choses sensibles s'imaginait s'envoler vers le Bien {zo dya^bv ((fmzàixevoy'^ et le rencontrer au sein des délices, il se tromperait totalement. En réalité, il est difficile et divin d'aller à lui (où pa(Jtaç, ^siaç,.. [xe%§oy) : celui qui dédaigne sans relâche les choses sensibles, qui s'applique dès sa jeunesse aux mathématiques, qui étudie les nombres, celui-là qui a de semblables soucis saura ce qu'est l'Etre, (oïlrooç ly^ixekczrjaoci lJÂ%iioL zi ïfjzi Zo ôv) ^ — L'union, avait écrit Jamblique, et l'identité indiscernable de l'âme avec ses principes (k'vcoatv... vm zamôznza d^iiy^^izov r/7c ^u^î^ç Tipoç zdc, ïy.MZYjc, d^jdç^, voilà, semble-t-il, ce qu'enseignait Numénius^ » — La conclusion, qui s'impose ici, est contraire à celle que nous avons adoptée au sujet de Plutarque. On doit même aller plus loin. Les écrits de Numénius sont perdus pour la j)lus grande partie, ainsi que nous l'avons déjà remarqué. D'autres textes, par conséquent, pourraient s'ajouter à ceux que nous venons de citer et compléter la ressemblance qui existe

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