Ap. Stob. Ed., l, 1066 (Melneck, I
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entre la doctrine de Numénius et celle de Plotin concernant l'extase. L'une, en effet, rappelle indiscutablement rautre. Plotin, d'abord, comme Numénius, reprend à Platon {Rep., 525 A et seqq.) toute son éducation philosophique, purification, culture des mathématiques et des sciences en général, etc. (Cf. Numénius, fragm. cité, sab, fine, et Plotin, Enn., I, 6, i-g). On doit ensuite rapprocher textuellement Numénius : (( ev9a irhxz xiç, ayOpooTToc; fxrjTS it Çôov srspov, [xn^e GÔdiJLoc [léyoc fX7]^£ (7fxtx.p6v )) et Plotin, Enn,, VI, 7, 34 (II, 467'"') : (( ovze rî(i)[xazoç ïxi ala^dvzzai,,, otjx. ocî^ôpco- 7T0V, OÙ Côov. )) Enfin au point de vue de l'inspiration et du mouvement, la ressemblance entre Numénius et Plotin est plus grande encore qu'entre celui-ci et Phi- Ion. (( Solitude ineffable, écrit Numénius, inénarrable, tout à fait divine, où le Bien commerce avec l'âme, converse avec elle, lui communique ses charmes, tandis qu'elle-même, au sein de la paix, de la tranquillité et du bonheur, appuie sur l'essence sa partie supérieure et dirigeante. » Nous lisons chez Plotin : « Piien ne se mouvait plus en lui... Ravi et enthousiasmé, tranquille et solitaire, il était impassible {i') — Alors (lame) ne changerait (son état) contre quoi que ce soit, lui offrît-on le ciel entier, parce que rien n'est supérieur et meilleur {o') — Même si toutes les autres choses périssaient autour d'elle (l'âme), elle y consentirait volontiers, afin de rester seule avec lui (le Principe premier), tant est grande la félicité, à laquelle elle est parvenue (p) ». — (( L'âme s'unit, écrit encore Numénius, elle s'identifie avec son principe d'une manière indiscernable (sW^tv... y.at T^UToTriTa, etc.) » Plotin: ((Le Bien... s'y adapte et se répand sur elles (se. Tlntelligence et l'Ame) ; il les unit (evwaav) toutes deux... ; il
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leur donne le sentiment et la Adsion heureuse de luimême (fxaxaptay §i§ovç aïa^^naiv vm ôsav) (jT^) ».
Concluons. Plotin s'inspire certainement de Numénius, lorsqu'il écrit sur l'Extase. Mais les passages de Philon, que nous avons comparés avec des passages analogues des Ennéades, prouvent que Plotin s'est souvenu aussi de ce dernier. C'est le point que nous voulions établir. Nous n'avons plus qu'à rechercher si et en quoi Plotin modifie la doctrine de son prédécesseur.
3^ Plotin a-t-il modifié la doctrine de Philon relative à V extase ?
Comme Plotin complète la doctrine de l'infinité divine, il complète aussi la doctrine de l'extase. Mais les modifications sont moins importantes ici que là. La doctrine de l'extase, en elTet, avait reçu chez Philon un développement, dont l'analyse faite plus haut aura permis d'apprécier l'importance. — Plotin toutefois est ordinairement plus précis que Philon. Celui-ci décrit, l'autre analyse. Philon dira par exemple : « L'extase... est le sommeil de l'esprit. Celui-ci est en extase lorsqu'il n'élabore plus les matériaux fournis à sa pensée : or dans cet état, il se repose. Il est juste de dire qu'il est alors en extase, c'est-à-dire qu'il est converti, non vers lui-même, mais vers celui qui envoie, apporte et adresse cette conversion, vers Dieu (a). )) Plotin dira dans le même sens, mais avec plus de fermeté : « La vision de Dieu se perd, quand on ne perd point la science des démonstrations {a). — Que l'âme devienne sans forme, si elle veut que rien ne s'oppose... à l'illumination en elle de la nature première (6). — Cette contemplation n'est pas un spec-
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tacle, mais une autre façon de voir,, une extase, une simplification, un abandon de soi, un désir de contact, une quiétude, etc. (d). » — La permanence de V individualité pendant l'extase est un point plus curieux encore à étudier chez Piiilon et chez Plotin. Le premier ne parle pas explicitement de cette individualité, mais il la suppose évidente. Rien qui ressemble moins à un anéantissement que l'agitation à laquelle le philosophe fait allusion. L'âme est (( transportée et divinement agitée, comme dans l'inspiration prophétique » et chez les Corybantes ; elle est (( saisie par Tenthousiasme », (( secouée et afTolée par l'amour céleste (c) ». Ailleurs, il est vrai, Philon écrit : (( L'esprit se repose (6) », ou plus fortement encore : « Lorsque la divinité emplit Fintelligence, celle-ci cesse d'exister en elle-même (non ultra in se existit) (e). — Quand l'esprit monte audessus de lui-même et que Dieu le soulève, il s'unit à Celui qui est. Tant qu'il agit encore, il cherche à s'approcher de Dieu et à s'unir à lui. Cette union ne doit pas être, en effet, regardée comme V ouvrage de l'âme, mais comme le don gratuit de Dieu,,, (f). » En somme, le philosophe fait leur part à l'action divine et à l'activité de l'âme. Si l'on aime mieux, il considère d'abord celle-ci pour envisager l'autre ensuite. Au premier moment, l'agitation ; au second, le repos. Plotin n'ajoutera rien. Mais Philon ne se préoccupe pas de concilier ces deux aspects en découvrant leur raison commune et profonde. Plotin le fait, au contraire, avec beaucoup de pénétration et de subtilité. (( L'intelligence, écrit-il, possède d'une part la puissance de penser (Wv^ff/tv sic zh vosFv), par laquelle elle regarde ce qui est en elle, et d'autre part la puissance par laquelle ce qui est au-dessus d'elle lui apparaît d'un H. GuYOT. 6.
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trait et clans une perception uniques (t) zi evieysiva avto'j kru^oXfj zvji vM Ti7^y^^oj9i). Cette puissance lui permettait déjà auparavant de Aoir l'Un, et, en continuant de le Aoir, elle reçut Fintelligence nienie et devint une (TTpoTspov loopa |7.ovoy VM' opôov ilcTSpoy VM voûv Îgj^s vm Ïv sait). La première puissance est la vision d'un esprit en possession de soi ; la seconde est l'esprit même quand il aime (èxstV/) piv ^h ôea voD £|'j.cj)povoç5 aiir/] ^i voOç Ipwv)^ » Plotin décrit alors l'extase, son mode, son ivresse et sa félicité dans les termes que nous avons relevés en n!), f'^ et l'). Mais nous devons citer encore ces lignes: (( L'esprit contemple- t-il donc tour à tour (irapà juispoç) d'abord les premières choses, et ensuite les autres (se, ce qui est en lui, et ce qui est au-dessus de lui. Cf. text. précéd.).^^ Nullement. Les exigences de l'exposition rendent successive la contemplation, mais l'intelligence possède toujours (la puissance) dépenser, et celle aussi de ne pas penser (ly^i to voeïv det, ïyzi âè vm to fx>7 vozïv) ; seulement elle voit Dieu diflPéremment (àAXà SXkiùc, ïysiv(^v [3À£7i£tvj. Quand, en effet, elle contemple celui-ci, elle entre en possession des genres Çiayeyewrjlj.ccToi) et elle les sent nés et subsistant en elle. C'est proprement la pensée (vm raOra [jÀv 6pwy léyezai vostv). Mais elle voit Dieu par la puissance qui la fera plus tard penser (^ky.eïyoy dk ri ^-ovd^si îiizXkz voziv) , L'âme alors mêle en quelque sorte et fait disparaître l'intelligence qui est en elle ; bien plus, la partie supérieure de Fintelligence, qu'elle possède, voit, mais la vision va aussi vers elle, et les deux (se. la pensée proprement dite et la puissance supérieure, ou leurs actes) ne font qu'un (tj ^e '^'ojri ohv GiJy/éaGCi /M acpaviaaaa ^jÂvovra zov ïv a\jvn voOv, ixdXkov de