IX
\)ue ne suis^je le rêve où ton âme me fuit.
Quand l'haleine de Jleur dont ta bouche est baisée Se berce au rhythme lent de ta gorge apaisée ^ Dans la tranquillité profonde de la nuit !
Que ne suis^je le rêve où ma douleur te mit D'un souffle haletant et d'une aile brisée ^ Sans entrevoir jamais ^ comme une aube embrasée ^ L'invisible soleil qui sous ton front reluit !
78 Nouveaux sonnets payens.
L'amour qui te fait vivre est celui qui me tue :
Car ta sérénité cruelle de statue
N'est qu'un leurre où sans fin s' épuise mon souci.
De ton sommeil menteur étreignant le mystère. Près de ton cœur j'y sens vivre un hôte adultère
Et voudrais être mort pour t' apparaître aussi.
A Claudius Popelin.
K^'est ta mort que j'envie ^ ô doux fils de Linus^ Quand les vierges de Thrace aux crinières d' archange ^ Sous leurs pieds bondissants ^ — comme aux fêtes du Gange.- Vendange épouvantable ^ écrasaient tes Jlancs nus ;
Lorsque y foulant ton cœur^ leurs beaux pieds éperdus Buvaient sur' ta poitrine une rosée étrange^ Et qu'aux chansons du cuivre. — effroyable vendange. — Ta noble chair volait sous les thyrses ardus.
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Le regret te vint-il des chastes promenades
Où ta lyre éveillait l'écho silencieux?
— A quoi bon de tes chants heurter des deux maussades?
Mieux vaut Jeter son âme aux désirs furieux.
Tendre sa gorge nue aux ongles des Ménades, Et faire de son corps la pâture des Dieux!