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Que Voltaire appelle, au début, Maire ou Le Maire

3. Les Archives Nationales sont riches en documents constatant cet état d'épuisement des finances du comté de Montbéliard : ce ne sont que correspondances entre Montbéliard et Riquewihr, ou entre Montbéliard et Stuttgart, où les ministres du duc se font de temps en temps rendre compte de la situation et demandent communication de pièces que souvent leur maître a signées à leur insu.

envoyer, à chaque échéance des rr avril et i*r octobre de l'année, les i 'i.oG2 livres 10 sous de rente due à Voltaire. Tout le monde avait été prévenu : Voltaire passait pour un créancier « inquiet et méfiant », ou « un peu difficile », ou « peu complaisant », ou « auquel il n'y a pas à Be fier ». Le gouverneur Gemmingen écrivait à Jeanmaire : « Je prévois que M. de Voltaire criera de suite et fera du bruit, dès qu'on ne lui paiera pas à point nommé la rente qu'on lui doit *. o Le créancier d'ailleurs ne criait jamais : toutes lea lettres de lui qui existent, soit aux archives Nationales, soit au\ Archives de Colmar, sont empreintes de la plus parfaite politesse : son seul tort, aux yeux des gens du duc, était évidemment d'exister. Les lettres seulement d<\ tennent un peu plus pressantes, quand il y a du relard, et il y en avait parfois : par exemple, en octobre 1766, Voltaire fut obligé de secouer un peu Jeanmaire2: « Je ne peux vivre sans nia rente, lui écrit-il le

1. Lottrc du 10 mars 1766. Arch. \at., K. ^007. Document inédit.

2. Il lui écrit, le g octobre, une première lettre, que M. Rossel publie, page »£ do son livre, d'après les archives Nationales. Par une étrange distraction, L'éditeur la donne à nouveau, sans date, page 1 15, d'après les archives de Colmar, en prévenant le lecteur qu'il n'a pu assigner a cette

lettre sa date exacte et qu'il l'a rejetée en conséquence à la

fin (lr son travail : M. RoSSel a oublie qu'elle était déjà Imprimée page sfl !

27 octobre 1756, et il est stipulé par mon contrat avec S. A. S. que je serai payé exactement tous les trois mois. C'est presque le seul bien qui me reste dans ma vieillesse. Je me suis accordé à n'être payé que de six mois en six mois pour vous donner plus de facilité. Les troupes qui sont en Alsace favorisent sans doute la vente de vos denrées. Enfin, Monsieur, j'ai lieu d'attendre que vous entrerez dans ma situation. C'est me priver des aliments que de différer le paiement de mon bien. Si vous avez besoin d'ordres pour me rendre la justice que je demande, dites-moi, je vous prie, à qui je dois m'adresser. Que je sache au moins, Monsieur, quand vous comptez me payer : je prendrai de concert avec vous les arrangements convenables ; mais songez, je vous prie, à la nécessité où je suis, et à la justice que j'attends de vous1... »

Nous voyons d'autre part, grâce aux reçus des Archives de Besançon, que le semestre ier avril- Ier octobre 1767 fut payé en novembre, le semestre ier avril- ier octobre 1769, le i3 octobre à Tournay, le semestre suivant, le 25 avril 1760 aux Délices, le semestre ier avril-ier octobre 1761 seulement le 5 décembre, etc.

Mais enfin, d'une façon générale, Voltaire fut

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