Publiée par M. Rossel, page
deux petits billets suivants1. « Le vieux malade de Ferney, écrit-il à Rosé le 6 août 177/4, prie M. Rosé de vouloir bien lui mander quand il pourra lui payer le quartier échu le dernier juin, afin qu'il puisse prendre ses mesures en conséquence et régler ses dépenses. Il serait fâché de gêner M. Rosé, mais il le prie de ne le pas oublier. » Le 2 novembre, nouvelle lettre : « Ce n'est pas pour vous presser, Monsieur, que je vous écris, mais pour vous dire au contraire combien je vous suis obligé de m'avoir payé toujours exactement. Vous me soulagerez beaucoup si vous voulez bien m'envoyer à votre loisir le quartier échu à la fin de septembre. »
Nous arrivons en janvier 1775. Le Conseil reçoit de Voltaire la petite « lettre de nouvel an », dont voici le début2 : « Messieurs, permettez que je vous souhaite de longues et heureuses anné qui ne sont pas faites pour un malade de Si ans, tel que je le suis. Je vous remercie de l'attention obligeante avec laquelle vous voulûtes bien me promettre l'année passée de me faire payer ce qui m'est dû, quartier par quartier de l'année suivante, où nous entrons. Je me flatte, en conséquence, que vous avez donné des ordres aux Meurs Rosé et Meiner, etc. » Voltaire se flattait en vain:
i. Publics par If. Sackmauu d'après les Archives de Colmar, et réimprimés par If. Rossel, page io5. 2. Lettre publiée par M. Rossel, page 107.
Rosé et Meiner n'avaient reçu aucune espèce d'ordre, ayant déjà bien assez à faire de réunir, toujours avec du retard, les fonds nécessaires au paiement de la rente courante de 62.000 livres. Il revient à la charge le 27 mars : « Souffrez que je vous supplie aussi de vouloir bien m'instruire des ordres que vous avez pu donner pour que je sois payé, quartier par quartier, dans le courant de cette année, des 80.000 livres que je vous prêtai il y a deux ans passés. Je suis dans une situation violente, et je compte sur la justice de Monseigneur le duc de Wurtemberg et sur la vôtre i. » Mais Charles-Eugène, sans doute à l'instigation de son Conseil, écrit à Voltaire 2, l'assurant que des mesures vont être prises pour le payer; Voltaire lui répond aussitôt, à la date du 5 avril : « C'est une grande consolation pour moi que la bonté dont Votre Altesse Sérénissime m'honore. Je la remercie très sensiblement des ordres qu'elle a bien voulu donner ; ils me sont bien précieux dans les peines que j'éprouve. Votre justice et votre magnanimité adouciront la fin de ma vie. J'ai eu l'honneur d'envoyer à votre bibliothèque un petit livre nouveau 3 que je vous prie