La lettre manque
3. Il s'agit de Don Pèdre. Voir la Correspondance Générale à cette époque. La grâce avec laquelle Voltaire mêle les affaires d'argent et celles de littérature est admirable.
de recevoir avec bonté, tout indigne qu'il en est. Je voudrais être à portée de marquer mieux le profond respect et le dévouement avec lesquels j'ai l'honneur d'être4, etc. » Puis il accorde au Conseil de Montbéliard de nouveaux délais 2 ; le
i. Lettre publiée par M. Sackmann d'après les Archives de Colmar, et réimprimée par M. Rossel, page 109.
2. Lettres de Voltaire des 1 r et 29 avril 1775 et réponse du Conseil à Voltaire du 3o avril, publiées par M. Rossel, pages m, 112 et 1 13 de son livre. — Trois mois plus tard, Voltaire établit une liste de ses revenus en juillet 1775 ; c'est le document de la Bibliothèque Nationale connu sous le nom de Livret de Vollaire (publié par la Revue Encyclopédique en 18^7 et publié à nouveau par Nicolardot. tome Ier, page 97 ; une partie en avait paru, dès 1825. dans une édition des Œuvres inédites de Voltaire, Paris, Dupont). Dans l'état autographe des revenus de Voltaire, nous voyons d'abord figurer la rente viagère de 62.125 livres sur le duc de Wurtemberg (chifire arrondi à 62.500), puis une somme de 70.000 livres « à recouvrer du duc de Wurtemberg». On peut penser tout d'abord qu'il s'agit là du capital de 70.000 livres qui lui restait dû en 1770 sur l'emprunt de 80.000 livres consenti en 1773. Mais avec ce chiffre de 70.000. l'addition de Voltaire fait aboutir à un total, non pas de 198.500 livres, mais bien de 261.500 livres ; or, le total de 198. 5oo livres est le bon, puisque Voltaire en retranche ensuite les 45.400 livres qui constituent sa dépense annuelle et arrive à i53.ioo livres. Comment résoudre cette petite difficulté ? Nous pensons qu'il faut lire, non pas 70.001), niais seulement 7.000 livres: c'est bien exactement le montant des Intérêts qui étaient dus à Voltaire sur les 70.000 livres de capital restant à rembourser, du i,r juin 177.Î au ier juin 177") (= 3 ans d'intérêts à â % 1. On a vu plus haut. en effet, que ces intérêts ne lui avaient été payés que jusqu'au rrjuin 1773. Aucun commentateur n'a encore signala cette curiosité, faute de s'être donné la peine île refaire l'addition de Voltaire.
remboursement des 70.000 livres de capital et des intérêts à 5% à compter du i8r juin 1773 se fera en six termes égaux, de trois mois en trois mois, à partir du ier juin 1776.
C'est un pareil créancier que ses ennemis ont voulu faire passer à nos yeux pour un « Harpagon inflexible » !
Pour mon très indigne pupille, le duc de Wurtemberg, on gagne plus avec lui en l'importunant qu'en le convainquant de son droit. Et j'espère encore de pouvoir ériger un trophée a Voltaire vainqueur du duc.
(Lettre de Frédéric II à Voltaire du 17 décembre 1777.)
Les deux années de délais que Voltaire avait obligeamment données au Conseil de régence de Monlbéliard pour commencer le remboursement des 70.000 livres sont arrivées à expiration ; Le i3 janvier 1776, Voltaire rappelle au Conseil ses engagements : « Dans l'état où je suis réduit à l'âge de 82 ans, mes espérances et mes ressources sont dans la justice, dans la bonté et dans ta magnanimité de MRr le Duc et dans la votre... J'espère que vous voudrez bien donner des ordres précis pour que je touche cette année, de quartier en quartier, l'argent que j'ai prêté à S. A. S. en
dernier lieu '... » Il revient à la charge, quelques jours après : « Je vous supplie très instamment, écrit-il à nouveau au Conseil le 3o janvier, de faire considérer à S. A. Se que j'ai quatre-vingtdeux ans, et que je suis accablé de maladies ; que, lorsque je lui prêtai en dernier lieu 80.000 livres, j'établissais une colonie qui exige des paiements journaliers; que j'ai compté sur les paiements dont vous m'avez flatté ; que je dois actuellement près de 60.000 livres à cette colonie ; que je suis perdu sans ressource dans ma vieillesse, si Monseigneur le Duc ne vient pas à mon secours... Je vous conjure, Messieurs, de me rendre justice 2... »
On lui répond par de bonnes paroles. Il insiste, écrit au duc lui-même, qui est à ce moment à Paris, songeant peu à son Conseil et à Voltaire. Il propose une combinaison, qui lui permettrait à la fois d'avoir une nouvelle garantie et de toucher les intérêts de ses intérêts, comme il a réussi à le faire lors des billets Jaquelot. On lui doit à ce moment 8o.5oo livres, dont 70.000 de capital et io.5oo d'intérêt du ier juin 1773 au ier juin 1776 : il demande qu'on lui fournisse 4 lettres de change de 2i.i3i livres 5 sous chacune, payables les Ier septembre et ier décembre 1776 et icr mars