Ep. 70, p. 766 et suiv
5 . laid., c. i, p. 767 : « Oportet vero mundari et sanctificari aquam prius a sncerdote, ut posait bnptismo suo peccata hominis qui baptizatur abluere. » S. Cyprien revient sur cette idée, Ep. 74, c. 5, p. 8 o 3 : « Peccata enim purgare et horainem sanctificare aqua sola non potest, nisi habeat et Spiritum Sanctum. »
G. L'idée que l’eau btmtismale est sanctifiée par l’Esprit se rencontre dans d autres auteurs; mais Tertullien et S. Cyprien la poussent i\ bout. Tertullien, De baptismo, 4, P. L., t. I, col. 1204 : « Supervenit enim statim Spiritus de caelis et aquis superest sanctificans eas de semetipso, et, ita sanctificatae, vim sanctificsrndi combibunt. »
LES RfcORDINATIONS. *2
LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE
ils procéder a ces bénédictions? C’est que n’ayant pas le Saint- Esprit, ils ne peuvent a le donner ; et cela en vertu de l’axiome : « Nemo datquod non habet 1 . » Cette théorie est très différente de la doctrine de l’Eglise, d’après laquelle le ministre administre non la grâce, que Dieu seul peut donner, mais le sacrement.
Pour saint Cyprien, la nullité des sacrements des hérétiques et des schismatiques résulte aussi de la notion de la véritable Église. Ce point de vue est longuement développé dans la lettre à Magnus. Il n’y a qu’une Église, et c’est à elle seule que Dieu a confié les sacrements. C’est à elle qu’il faut appliquer les mots du Cantique des cantiques : « hortus conclusus soror mea sponsa, fons signatus, puteus aquae vivae ». Or ces symboles sont souverainement expressifs; car si le jardin est clos, si la fontaine est fermée, les gens du dehors ne sauraient prétendre en profiter 2 . Dès lors, il importe peu que Novatien et d’autres conservent la foi de l’Église. Puisqu’ils sont en dehors de l’unité, ils sont abandonnés h leurs seuls moyens 3 . En fait de sacrements, il n’y a pas de différence entre les hérétiques et les schismatiques.