‹ Les réordinationsChapitre 113 sur 264 · Fulberti Epiai,, P. L ., t. CXLI, col · texte numérisé non relu

Fulberti Epiai,, P. L ., t. CXLI, col

2. A. Muratori, Antiquitates Ilalicae, t. VI, p. 217, Milan, 1742.

PENDANT LA RÉFORME DE L’ÉGLISE

sans doute Paschase Radbert, l’auteur du De saeramento corporis etsanguinis Christi; puis Pascasius devint Pascalis, et fut identifié avec le premier pape de ce nom. On devine combien ce démarquage a contribué à recommander la théologie de ce document.

Guy d’Arezzo est un musicien bien connu, de la première moitié du xi 6 siècle. On considère comme certain qu’il est l’auteur de la lettre à l’archevêque de Milan. Guy était moine et avait un sens religieux véritable, aussi s’élève-t-il avec force contre le clergé simoniaque. Par réaction, il dépasse le but et dénie aux coupables la possession du pouvoir d’ordre. Dès le xi° siècle, son texte parut si exagéré qu’on y pratiqua des coupures caractéristiques 1 ; mais ce qu’on en conserva était encore trop explicite. L’auteur s’adresse à l’archevêque de Milan :

Audivimus enim, quod valde rai ram ur, quiasacri apud vos ordines pecuniis distrahtintur, dura quicumque taie aliquid atteraptaverint omnino heretici comprobentur Sancto Spiritu per Gregorium intonante, quia quisquis per pecuniam ordinatur ad noc, ut fiat hereticus, promovetur... Quis non videat quod huiusmodi sacerdotuin aut clericorum missae et orationes super populum Deum ad iracundiam provocent, quem placari talibus credebamus. Scriptum est enim : « Omne quod non est ex fiae peccatuin est ». Et item : « P eri sacrificii locus extra Ecclesiam non est 1 . » [Numquid 3 maledictus sua benedictione panera in Christi carnem poterit vertere? maxime cum quicquid benedixerit, Dominus se maledicturum asserit... Si heretici saceraotes voces exhorta tionum non possunt fari, quomodo valeant vinum in Christi cruorem vertere? Et si Dominus praecepit nequaquam dari homicidis, adul-

i. La lettre de Guy d’Arezzo se trouve dans les Libelli, 1. 1, p. 5 - 7 ; elle est précédée d’une introduction critique de F. Tlianer. C’est un problème de savoir queUe était la forme primitive de ce document. Les huit manuscrits conservés ne contiennent pas des morceaux cités par Bernold de Constance en 1076; et Deusdedit fournit deux incises importantes, qui ne se trouvent ni dans Bernold ni dans les manuscrits. Par conséquent Deusdedit, Bernold et les manuscrits représentent trois formes de la lettre de Guy d’Arezzo. Quelle est la rédaction la plus ancienne ? Dira-t-on que c’est la plus longue ? Dans ce cas, il faut admettre que le texte primitif a paru trop défavorable aux simoniaques et qu’il a été mutilé, dès le xi 6 siècle. Telle est l’hypothèse adoptée par F. Thaner dans son édition des Libelli.

On pourrait dire aussi que les manuscrits actuels contenant la rédaction brève donnent le texte primitif. Les passages particuliers à Bernold et à Deusdedit seraient des interpolations destinées à renforcer la condamnation des simoniaques. Cette seconde hypothèse est bien moins vraisemblable que la première. Elle a contre elle que les passages propres à Bernold présentent une construction qui se retrouve dans le texte plus court fourni par les manuscrits. Les deux incises attestées par Deusdedit prennent si bien place dans le contexte qu’elles doivent passer pour primitives. — La rédaction brève des manuscrits est contenue dans P. L., t. CLI, col. 637 .

a. Prosperi Lib. Sent, ex Augustino , XV, P. L., t. LI, col. 43o.

3. Les trois passages mis entre crochets sont fournis, le premier par Bernold dans le De damnatione scismaticorum ( Libelli , t. I, p. 41 ); les deux autres, par Deusdedit, Collectio canonum, IV, 53.

teris, rapacibus et celeris criminalibus peccatis irretitis, corpus et sanguineno suum usque ad satisfactionem, quomodo ipse dabit saceraotium usurpanti per simoniacam heresim nbique dampnatam ?] Unde et dicitur : « Hereticum nominem post primam et secundam correptionem devita. »

Quomodo ergo taies episcopos, abbates vel reliquos clericos devitamus, si eorum missas audimus, cum quibus si vel simul oramus, excommunicationem subimus. Quos quidem sacerdotes esse saltem credere omnino errare est, cum Pelrus Simoni dicat : « Pecunia tua tecum sit in perditionem, quia existimasti donum Dei pecuniis possideri. [Non est tibi pars neque sors in sermone isto] » . Ubi cum « existimasti » dicitur, patet quia non pro eo quod fecerit, sed quod faeere se posse crediderit condemnetur, cum tamen minus sit existimare quam credere 4 . [In hoc vero quod subiungitur « non est tibi pars neque sors in sermone isto », patenter ostenditur quia nihil sacrae ordinationis in hac promotione percipitur].

L’hérésie simoniaque ! Le grand mot est dit. Emprunté aux lettres de saint Grégoire, il allait recevoir une signification et une portée auxquelles le grand pape n'a jamais songé.

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