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I. — Doctrine de Pierre Damien

Damien dédie son livre à l’archevêque Henri de Ravenne, qui venait d’être nommé, en avril io 5 a. C’était un excellent moyen pour faire présenter le livre aux évêques et, par eux, agir sur Léon IX. Mais le but ne fut pas atteint. En 1060, Damien devait convenir qu’il n’avait pu obtenir « ne tenuem quidem scintillant solution» 1 » de cet évêque. Il fallait que l’opinion ecclésiastique fût bien hostile à la thèse de Damien, pour que l’évêque de Ravenne ne fût pas conquis par l’éloquence entraînante de Pierre Damien. Le Liber gratissimus ne présente aucun plan suivi; il contient bien des redites; cependant c’est une des œuvres les plus remarquables de la théologie, au xi® siècle.

Damien établit certains principes, dont il fait ensuite l’application aux simonîaques. Il montre d’abord que le pouvoir d’ordre est un pouvoir ministériel. Dieu a fait les clercs « non auctores baptismi, sed ministros ». Ainsi en est-il des autres sacrements. Le ministre est un canal qui transmet la grâce. Malgré les mauvais ministres : « Fons ille vivus non restringitur quominus, usque ad finem seculi, per nemus ecclesiae profluat, ut non solus ille sacerdotalis ordo, sed etomnes in Christo renati salutis suae poculum hauriant 2 . »

Ces idées tout à fait exactes auraient dû, semble-t-il, épargner a Damien une théorie erronée. Il en vient à dire que, pour être

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