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Ibid., c. 18, p

LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE

recte en la Trinité, telle que la demandaient Cyprien et son parti, n’était pas requise pour la validité du sacrement 1 . »

On trouvera difficilement tout cela dans le texte du pape Étienne : « Le nom du Christ contribue beaucoup à la foi et à la sanctification du baptême. » Le pape vise-t-il ici la théorie des Africains sur la nécessité de la foi pour la validité du baptême? Rien ne l’indique. Saint Cyprien avait communiqué à Étienne les lettres 70 et 71 2 . Or il n’y est rien dit de la nécessité de la foi pour le baptême. C’est plutôt le pape qui a soulevé cette question 3 . Les Africains ne font que lui répondre. Il est bien probable que la théologie romaine s’inspirait des mots de l’Écriture sur la puissance du nom du Christ 4 . Saint Cyprien suggère cette idée 5 : « Si effectum baptismi maiestati nominis tribuunt. . . cur non eadem maiestas nominis praevalet in manus impositione? » Elle est explicitement formulée par l’auteur du De rebaptismate y qui était contemporain de saint Cyprien et se montre bien renseigné sur la théologie de son temps. Cet anonyme nous donne toute une théorie de la puissance du nom du Christ, et aussi de la formule trinitaire :

Considerare oportet quod invocatio nominis Iesu non debet a nobis futilis videri, propter venerationem et virtutein ipsius nominis, in quo nomine virtutes omncs soient fieri et nonnumquani aliquae etiam ab hominibus ex t rancis 6 7 . Sed enim virorum optime reddamus et permittamus virtutibus caelesti bus vires suas, et dignationi divinae maiestatis concedamus operationes proprias, et intelligentes quantum in ea sit emolumentum, libenter ei adquiescamus \

Toutefois le pape Étienne et l’anonyme comprennent différemment l’action du nom du Christ et de la formule trinitaire. Le pape comprend cette action comme un effet réel et sacramentel. Celui qui est baptisé dans l’hérésie reçoit la grâce du Christ, mais non celle du Saint-Esprit. Ces formules sont singulières; mais elles affirment qu’une réalité est produite par le baptême des hérétiques. L’anonyme ne veut pas accepter cette

1. J. Ernst, Die Ketzertaufangelegcnheit in der allchristlichcn Kirche nacb Cyprian, p. ()i,Mainz, 1901.

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