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CHAPITRE XII

LES DECISIONS d’üRBAIN II.

Les textes dont la discussion va suivre ne constituent pas des curiosités d’érudit. Ce ne sont pas des décisions choisies arbitrairement aujourd’hui, dans la correspondance d’Urbain II. Si les textes qui suivent avaient cette origine, on aurait le droit d’en commencer l’étude avec défiance. Convient-il, pourrait-on dire, d’accorder une telle attention à des textes qui peuvent n’avoir qu’une importance secondaire, dans l’activité législative d’Urbain II? Ce scrupule si légitime n’a ici aucune raison d'être. Les décisions suivantes nous sont présentées par des canonistes du onzième siècle, comme l’expression authentique de la législation de leur temps. Et même, la plupart de ces textes seraient perdus, si les canonistes n’avaient pris soin de les faire entrer dans leurs collections. Ces décisions nous arrivent par deux sources principales : la Collectio Britannica 1 et les œuvres canoniques d’Yves de Chartres.

On désigne sous le nom de Collectio Britannica un recueil inédit de lettres des papes, qui a été constitué et copié au début du douzième siècle. On admet 2 que ce recueil dérive d’une collection de lettres des papes composée sous Urbain II, et aujourd’hui perdue. Cette dernière collection contenait les résultats d’une vaste enquête pratiquée, tant dans des collections an: térieures que dans les archives pontificales, qui étaient alors à peu près intactes. Cette collection était évidemment un recueil

1. Sur cette collection, qualifiée de Britannica parce qu’elle est contenue dans le manuscrit 8873 des additionnai ms. du Britisn Muséum, cf. P. Ewald, Die Papstbriefc der Britischcn Sammlung, dans le Neues Archiv der Gesellschafï fur âltere deuUche Geschichtskunde, V. Bd., p. 275-414 et 5 o 5 - 59 Ô (Hannover, 1880). Dans cet article, il est question des lettres d’Urbain II, p. 35 a- 3 j 5 .

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