P. Ewald, Die Papstbriefe etc., p
LES DÉCISIONS D’URBAIN II
préliminaire, un magasin de textes. Elle devait servir à rédiger une grande œuvre de droit canonique. L’auteur qui l’a composée écrivait très probablement à Rome. Il a parcouru, feuillet par feuillet, le registre complet des lettres d’Urbain II. Sa préoccupation était de composer un recueil répondant aux besoins de son temps. P. Ewald a déjà noté l’attention spéciale qu’il accordait aux prescriptions relatives aux pseudo-évêques. La Collée tio Britannica , nous ayant conservé de longs extraits de cette œuvre, est donc très précieuse. Elle contient 47 fragments d’Urbain II, dont 3 i sont connus seulement par elle. P. Ewald admettrait qu’elle a été composée vers 1089-1090.
Les collections canoniques d’Yves de Chartres contiennent aussi des textes d’Urbain II. L’évêque de Chartres rédigeait ses compilations 1 2 , probablement entre 1093 et 1095. Il a utilisé des collections apparentées à la Britannica et aussi, sans doute, des informations réunies pendant ses deux voyages en Italie. Enfin, il n’était pas exclusivement canoniste; il faisait, dans ses collections, et surtout dans le Décret , une part à la théologie : « Pour s’en convaincre, il suffit, par exemple, de parcourir les portions du Décret relatives à la foi, au baptême et à l’Eucharistie. Par là, cette compilation se distingue nettement des recueils contemporains, tels que ceux d’Anselme de Lucques, de Deusdedit; elle se rapproche, au contraire, d’autres œuvres non moins importantes, où la législation canonique se mêle aux textes doctrinaux. Pas plus que Hugues de Saint-Victor, Abélard ou même Pierre Lombard, l’auteur du Décret ne connaît de délimitation rigoureuse entre la théologie et le droit canon 3 . »
1 . Elle contient de plus des fragments de Gélase I, Pélage I, Alexandre II, Jean VIII, S. Boniface, Étienne Vf, Léon IV et des Varia. Une bonne proportion de ces textes sont connus seulement par la Britannica.
a. J’admets ici les résultats du travail de M. P. Fournier, dans son livre Les collections canoniques attribuées à Yves de Chartres, p. ia3 : « En résumé, la Panormia doit être considérée, sans aucune hésitation, comme l’œuvre d'Yves de Chartres; il en est de même, à mon avis, du Décret, quoique l’attribution A Yves en soit plus sujette à discussion. Enfin il me paraît très vraisemblable que les deux premières parties (= A) de la Tripartita appartiennent aussi ù Yves ou à son entourage immédiat. » La Tripartita est inédite ; le Décret et la Panormie sont dans P. L„ t. CLXI. Les fragments d’Urbain II sont au nombre de 5 dans la collection A, de i5 dans le Décret , de 14 dons la Panormie. Cf. P. Fournier, op cil., p. 33, n. 3, p. 88 et p. 107 .
3. P. Fournier, Les collections canoniques attribuées à Yves de Chartres, p.
PENDANT LA RÉFORME DE L’ÉGLISE