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Ivonis Panormia, III, 81, dan» P. L., t. CLXI, col

4. Collectio Britannica, Urb. ep. 3 o, 1 . 1 ., fol. 147, dans Loewenfeld, Epist. rom. pontif. ined., p. 61.

5. Panormia, III, c. 81, Daibertum, dans P. L., t. CLXI, col. 1148.

6. Un fragment de ce texte Scripsistis... deposuimus avait déjà été publié, d’aprè» un manuscrit de S. Victor de Paris, P. L., t. GLI, col. 294.

7. Ge fait se déduit d’une lettre de recommandation adressée à Daibert, devenu patriarche de Jérusalem, par Yves de Chartres. Gf. Ivonis Epistolae , Ep. 93, dan» P. L., t. CLXIÏ, col. n3. Dans le même tome de Migne se trouvent, col. 35a et 457, des renseignements sur Daibert.

rapports étroits avec Urbain II. Il est donc, dans le cas présent, un témoin de premier ordre.

Dans ce texte, un point est hors de conteste : Daibert a été réordonné. Il n’y a en effet qu’à lire le texte. Mais on peut invoquer de bons témoins. Yves a entendu la lettre d’Urbain II comme affirmant la nullité de l’ordination faite par Wezelo, et la réordination pure et simple de Daibert, par Urbain II. Cette interprétation a été celle de Gratien, de la Glose de Gmtien et de tous les canonistes du Moyen Age. Ce sont là, comme on va le voir, des témoignages qu’on ne saurait écarter.

On sait l’influence qu’a eue, au moyen âge, le mot de saint Augustin : « nulli sacramento intima facienda est ». Certains auteurs l’ont entendu en ce sens qu’aucun sacrement ne pouvait être réitéré : de ce nombre fut Yves de Chartres. Il n’admettait pas qu’on réitérât l’extrême-onction, car il rattachait celle-ci au sacrement de la pénitence publique 1 . Rien d’étonnant, par suite, que, dans le III® livre de la Panormia , il ait inscrit le titre suivant : De ordinatis non reordinandis. Mais la question était de savoir dans quels cas un clerc est réellement ordinatus. Sur ce sujet, Yves n’a qu’une rubrique : Redeuntes ab haereticis sunt reordinandi ; et il cite aussitôt le canon Dai bertum . Il est bien clair que, pour lui, il n’y a pas d’opposition entre la teneur du titre et celle de la rubrique. De plus, les deux canons suivants expriment l’autorité souveraine qui appartient aux décisions pontificales. Pour Yves, la première ordination de Daibert avait été nulle.

Il ne saurait donc y avoir le moindre doute sur le fait de la réordination de Daibert. On ne connaît pas d’ailleurs de texte dans lequel Urbain II ait, formellement, déclaré nuis la prêtrise et l’épiscopat conférés par des excommuniés. Ainsi donc a propos de Poppo (ordination simoniaque), et de Daibert (ordination par un excommunié) , nous constatons une théologie particulière d’Urbain II sur les conditions de validité du diaconat. Quelle était cette théologie?

La doctrine actuelle ne permet pas d’expliquer ni de justifier ces deux décisions d’Urbain II. Aujourd’hui, des ordinations comme celles de Daibert et de Poppo seraient regardées comme

x. Ivonis Epiatolac, Ep . a 55 , dans P . L,, t. CLXII, col. a6o. Cf. au sujet de cette lettre, lu note de la col. 419.

LES DÉCISIONS D’URBAIN II

valides, et ne seraient, dans aucun cas, réitérées. Il va sans dire, d’autre part, qu’Urbain II avait une théorie pour justifier ces actes. 11 faudra essayer de la retrouver. Et d’abord écartons une fausse explication. Un renseignement fourni par le Liber pon tificalis de Pandolfe, composé vers 1 1 33— 1 1 , ferait croire que de telles réordinations ont été des actes peu délibérés, qu’Urbain II a ensuite désavoués complètement. Mais comme on le verra plus loin, l’histoire racontée par Pandolfe constitue un renversement systématique des données relatives à Daibert : c’est un faux caractérisé; il n’y a pas lieu d’en tenir compte. Aucun texte ne nous laisse deviner que ces réordinations aient été désavouées et condamnées, dans la suite, par Urbain II.

Entre i i3g et i i4a, Gratien composait, à Bologne, son Deere tum ou Concordantia discordantiurn canonum . A propos de la réordination de Daibert par Urbain II, il écrit :

Nunc autem quaeritur de his qui ab haereticis ordinati sunt, si ad unitatem catholicae mat ris ecclesiae ab haeresi redieriut, utrum in eodem ordine iterum valeant ordinari ? Semel enim consecratus, ut ait B. Gregorius, iterum consecrari non débet. Item sacramenta quae ab haereticis in forma ecclesiae ministrantur (sicut Augustinus testatur) reiterari non debentne non homini, sed sacramento videatur iniuria fieri. Sed illud Gregorii de his intelligitur qui consecrationem sacerdotalem vel episcopalem acceperunt, qui aut per manus impositionem cum ad Ecclesiam redeunt, effeetnm suae unctionis accipiunt, aut ab eius amministratione perpetuo cessare iubentur. Similiter illud Augustini deeadem mystica unctioneetde sacramento baptismatis intelligitur. Sunt autem in ecclesia alii ordines, qui sine sacramentali unctione, sola episcopi benedictione , cum quadam vasorum vel indumentorum distribu tione .praestantur ; Ut sunt levitae et caeteri infra eos constituti. Hi, quamvis ab haereticis ordinentur, tamen ad ecclesiam redeuntes, in eodem ordine (si alias digni fuerint) ab Ecclesia ordinentur, nec fiet eis reiteratio muneris, cum nihil ab haereticis eisdoceatur fuisse collatum *.

Ainsi, d’après Gratien, seules ne peuvent pas être réitérées les ordinations qui comportent une onction : c’est-à-dire la prêtrise et l’épiscopat. Le diaconat et les ordres inférieurs peuvent être réitérés, lorsqu’ils ont été conférés en dehors de l’Église. Que vaut cette explication? Son ancienneté respectable la recommande favorablement. Elle a l’avantage d’être vérifiée parla décrétale d’Urbain II à Anselme de Milan, sur la réconciliation des clercs ordonnés par des excommuniés : réitération de tous les rites sauf Ponction.

i. C. I, q. 7 , c. a3 ante.

PENDANT LA RÉFORME DE L’ÉGLISE

Il faut donc conclure qu’Urbain II a admis et pratiqué la réitération du diaconat et des ordres inférieurs, conférés en dehors de TÉglise.

Mais ici revient la question de Y « ordinatio catholica ». Urbain II a-t-il déclaré nulle toute ordination du diaconat faite en dehors de l’Église, ou bien a-t-il admis, comme valide, l’ordination du diaconat, faite en dehors de l’Église, par un évêque précédemment catholique? Il semble bien que ce soit le second membre de l’alternative qui soit le vrai. Daibert a été réordonné parce qu’il avait reçu le diaconat de Wezelo, consacré non par des catholiques, mais par des schismatiques. Et Poppo ? Urbain II admet son ordination, s’il a été ordonné sans simonie par le schismatique Egilbert de Trêves. Par suite, s’il était démontré que Poppo a été ordonné par Egilbert, après la consommation du schisme, il en résulterait qu’Urbain II a appliqué à la validité du diaconat le principe de 1 ’ « ordinatio catholica ». La démonstration de ce fait n’est pas possible, mais il semble bien que ce soit l’hypothèse la plus probable L

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