Ibid., p. 3a6 et suiv
LES DÉCISIONS D’URBAIN II
maticorum et indignorum ministrorum sacramenta non recipienda sed exsufilanda mandavit, cum excommunicatorum quoque consecrationes sive in oleo, sive in eucharistia, vel ordinationibus eorum quibus manus imponitur, nuliam vim habere nec consecrationes dici debere perhibuit 1 » : formules un peu exagérées, mais sous lesquelles on reconnaît le caractère vague et inquiétant de certaines déclarations de Grégoire VII. Le style emphatique et peu exact des décrétales d’innocent I continuait à servir dans ces controverses. Comme quelques formules de saint Augustin auraient mieux valu !
En 1089, dans le Decretum de Clément III, les critiques se précisent. C’est que, le schisme se prolongeant, l’écart entre la théologie sacramentelle des deux partis devient de plus en plus grand. L’antipape écrit, au sujet des catholiques, partisans d’Urbain II :
Dicunt enim sacramentum cornons et sanguinis D. N. I. C., consecrationes chrismatis, itnmo quaecumque aa épiscopale et sacerdotale ofticium pertinent, ab his qui sectae eorum non communicant celebrata, nulla prorsus esse sacramenta, et nihil aliud suscipientibus nisi damnationem con ferre. Nam panem ilium qui de caelo descendit, in quo tota salus et vita nostra consisté, impio ore blasphémantes, pollui potius quam consecrari astruunt. Aquam quoque baptismatis, per sacerdotum preces et benedictiones et chrismatum admixtiones, nihil sanctificationis suscipientem, his qui regenerandi sunt potius sordiditatis maculas quam spirituales mundicias aiunt p resta re. Sicetiam pessime sentiunt de reiterandis ecclesiasticis ordinibus, de reconsecrandis ecclesiis et pueris reconsignandis. Postremo de omnibus idem testantur quae, per sacerdotale officium, christ ianis conferuntur *.
Aucun trait de cet exposé n’est une invention de l’antipape. Les cardinaux Humbert et Deusdedit, le légat Amat, d’autres dans la curie ont dit ou fait des choses pareilles sans être désavoués comme il aurait fallu, par l’autorité. C’était un bon argument de polémiste de faire valoir ces erreurs théologiques. Mais on ne saurait, sans plus, les attribuer à Grégoire VII et à Urbain IL On a vu déjà ce qui peut être reconstitué des décisions de ces papes.